500 paysan.nes, malades et soutiens mettent à l’arrêt une usine de pesticides



Lundi 17 novembre, à l’aube, 500 personnes ont mis à l’arrêt le site de production de pesticides BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Paysannes et paysans, victimes et parents de victimes des pesticides, riverains d’épandages et de captages d’eau intoxiqués, soignants : tout le monde avait une bonne raison de venir bloquer ce site de la machine à empoisonner BASF.

Cette action était menée à l’appel de la Confédération paysanne, du Collectif de Soutien aux Victimes des Pesticides de l’Ouest (CSVP), de Cancer Colère, des Faucheurs Volontaires, et des Soulèvements de la Terre, avec le soutien des Amis de la Terre Rouen et de la Via Campesina.

Ce site incarne en effet parfaitement les dérives et l’impunité persistantes de l’industrie criminelle des pesticides : fabrication de substances hautement toxiques interdites en Europe, rejets massifs de polluants éternels dans la Seine, augmentation des cas de cancers chez les riverain·es, et lobbying brutal pour imposer un modèle agricole qui empoisonne les sols et les travailleurs et travailleuses de la terre.

Sur le site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, BASF produit plus de 1 500 tonnes de pesticides par an et rejette régulièrement dans la Seine des substances classées parmi les « polluants éternels » (263 kilos en 3 jours en mai 2024 !). Sept associations proches du site accusent le groupe de rejets massifs et répétés de PFAS depuis 25 ans. Ces polluants s’accumulent dans les eaux et sont quasiment impossibles à éliminer.

Alors aujourd’hui, nous avons décidé de riposter !

Lire aussi : Communiqué de presse inter-organisations : mise à l’arrêt du site de production de pesticides BASF par plus de 500 paysannes et paysans, malades et soutiens

Aux alentours de 7h45, 500 personnes ont fait irruption par surprise à l’entrée principale du site, avec 9 tracteurs qui ont déversé des tas de terres et meules de foins pour en bloquer l’accès.

Les manifestant-es ont ensuite réussi à collectivement forcer la grande grille d’entrée surmontée de rouleaux de barbelés pour s’introduire dans l’enceinte. Sur ce site Classé ceveso seuil haut, la réaction policière a été rapide. Malgré les protocoles de sécurité, des gaz lacrymogènes ont été tirés et des coups de matraque ont été donnés très rapidement et violemment, faisant plusieurs blessé-e-s notamment parmi les personnes malades et fragiles venu-e-s exprimer leur colère aux sources de l’empoisonnement qu’elles subissent.

Les salarié-e-s du site sont surtout venu-e-s discuter voire acquiescer à l’action pour plusieurs d’entre elles et eux, qui ont dit souffrir des risques qu’ils sont entrainées à prendre au quotidien, et savoir l’illégalité des substances produites.

Lire aussi : Tract distribué aux salariés de BASF

Une fois à l’intérieur et malgré la police, un groupe de faucheurs et faucheuses volontaires a pu s’immiscer à l’intérieur des locaux de production pour y mener une inspection afin de trouver des preuves de la production et du stockage de pesticides interdit.

L’entreprise continue en effet depuis la France et ce genre de sites de produire impunément des substances interdites en Europe car trop dangereuses, notamment du fipronil... mais avec un cynisme criminel, de les exporter quand même, notamment vers le Brésil où elles provoquent des dégâts humains et écologiques massifs.

Lire aussi : Communiqué de presse international : BASF - du Brésil à la France

La présence à l’intérieur et le blocage à l’extérieur ont mis le site à l’arrêt pour la journée. 2 personnes ont interpellées, et nous demandons leur libération immédiate.

Aux alentours de midi, tout le groupe s’est retrouvé pour donner la parole à différents témoignages bouleversants, notamment d’agriculteurs intoxiqués par les pesticides qui exprimaient leur détermination à stopper enfin tres concrètement les industries qui ont ravagés leurs vies, celles de leurs proches. Elles ont appellées les jeunes générations à se joindre à elle dans cette tâche. Tout le monde s’est rassemblé devant une immense banderole « BASF Exportateur de cancer » accrochée au fronton et une autre les pointant comme « Tueurs de paysans, d’enfants, du vivant ».

Lire aussi : BASF : la police française prête à faire exploser un site seveso à deux pas de Lubrisol

Notre colère ne s’éteindra pas sans changement profond. Nous invitons paysan·nes et habitant·es à poursuivre cette mobilisation, à converger sur les autres sites de production de pesticides et à interpeller les institutions complices de ce modèle destructeur et meurtrier. Une carte nationale des ces sites va être publiée prochainement. C’est ensemble que nous pourrons construire une agriculture vivante et débarrassée des poisons chimiques.

Retrouvez la carte contributive des sites de pesticides ici : https://pesticides.gogocarto.fr/map

Plus d’infos en vidéos :
Posts de Jose Rexach :

Post de Camille Étienne :

Post de Fracas :

Posts des Soulèvements de la Terre :

Article d’Expansive :



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