Foot à cagoules

Alors que les « Bleus » gagnent la coupe du monde dans l’euphorie nationale, beaucoup vivent mal la récupération de la victoire par une République en marche vers une idée du monde à vomir. Alors qu’on sort l’infâme drapeau bleu-blanc-rouge comme emblème de l’intégration d’une équipe qui a dépassé le stade black-blanc-beur, beaucoup préfèrent saccager ce que représente la nation et ce qu’elle sert comme économie. Les plus beaux souvenirs que nous garderons de cette coupe du monde sont ceux des Champs-Élysées (Paris) dévastés, des affrontements de la rue Jeanne d’Arc (Rouen), des incendies de Bellecour, République (Lyon) et des banlieues parisiennes, des lacrymos sur le Vieux-Port (Marseille) à Strasbourg et Vannes, et des baceux attaqués Place de la Rép (Dijon).
Cette coupe du monde aura aussi été l’occasion pour nous de replonger dans l’histoire du foot et dans les combats qui l’ont traversé. Le foot n’est pas que le fric, celui de la télé, des businessmen véreux, des émirs du pétrole. Le foot n’est pas que la gloire des nations qui canalisent la violence dans des joutes qui galvanisent le sentiment patriotique. Le foot vient des campagnes en lutte contre les enclosures, de la rue des banlieues ouvrières plus que des grandes écoles anglaises. Nous préférons au kick de la bourgeoisie britannique la ginga des descendants d’esclaves au Brésil et le jeu collectif des équipes prolétaires. Nous préférons aux stades ultra sécurisés l’élan des supporters armés de fumigènes colorés.
Nous raconterons dans cette chronique les plus belles heures du football du point de vue de sa pratique populaire.

  • [FàC #3] Le Retour de la dictature

    Alors que Bolsonaro, dit « candidat des footballeurs », a été élu Président du Brésil, il se trouve que ça s’organise dans les tribunes et que quelques stars du foot osent prendre position contre lui.

  • [FàC #2] Fantômes chiliens

    Nous restons en Amérique du Sud, avec comme trame historique les dictatures militaires, cette fois-ci au Chili. Et nous découvrons le grotesque avec lequel la junte militaire utilise le sport populaire comme outil de propagande.

  • [FàC #1] Democracia Corinthiana

    Bref récit des aventures du club brésilien qui allie avec élégance le plus gros palmarès mondial et la combativité politique la plus déterminée de l’histoire du foot.