1er Mai, Paris : immondice policier.

Témoignage à chaud, sur le retour de la manifestation du 1er Mai à Paris.

1er mai, Paris, décharge policière.
Ce qui se déroule sous nos yeux aveugles n’est que la confirmation d’un pouvoir ultra-sécuritaire qui s’engouffre tranquillement vers un fascisme décomplexé.

Il faudrait des heures pour déconstruire le discours gouvernemental, de longues heures encore pour détruire l’intense logorrhée médiatique et, d’innombrables heures pour amener un autre propos, plus pédagogique, plus éclairant.

Se servir du motif « présence de quelques gilets jaunes et black blocks » pour attaquer une foule immense pendant près d’une heure avant même le début de la manifestation, engendrant mouvements de foule, blessures et consternation, est pathétique. Se servir aussi de ce même motif pour attaquer à coups de lacrymo, grenades désencerclantes, LBD, et pavés ( !) les camions syndicaux est extraordinaire (dans son sens premier).

L’objectif était clair : faire peur, faire fuir, diviser les présent.e.s.

Si certains camions syndicaux ont alors quitté la manifestation avant même le début de celle-ci (une partie de la CGT, de FO et l’entièreté de la FSU) ; d’autres ont décidé de faire face, de faire front et de rendre un minimum de dignité à l’action syndicale en se rapprochant, il était temps, de cet étonnant mouvement social qu’est celui des gilets jaunes.

Il faudra aussi noter que pour la première fois depuis –trop- longtemps le service d’ordre de la CGT a enfin décidé de s’affronter à multiples reprises avec les CRS.

On pourra noter encore la disqualification à l’œuvre des manifestants, encore et toujours, avec l’épisode de la Pitié en tentant de les faire passer pour des bêtes assoiffées de sang prêtes à pénétrer en réanimation.

Ne soyons pas dupes et expliquons qu’une foule martyrisée par la brutalité policière cherchait à s’extirper des coups, du gaz, de la panique ou plutôt de la stratégie de Terreur en cours dans les rues.

Ce qui s’est passé ce 1er mai n’est pas la réussite d’une nouvelle organisation du maintien de l’ordre mais l’avènement d’une idéologie fascisante ayant comme unique objectif la mise au ban d’une parole contestataire.

Enfin, car l’important est là, savourons ce moment collectif où la solidarité s’est pleinement exprimée entre toutes et tous.

Ce 1er mai est une bascule.

ACAB.



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