[GJ Acte XIV] À genoux ou encore debout ?

Pour l’anniversaire des trois mois du mouvement des gilets jaunes, la manif dijonnaise a été rapide et violemment dispersée avant de se reconstituer et d’occuper la place de la Rép. Retour en images.

Après une matinée de péage gratuit à Arc-sur-Tille, de manif à Pouilly-en-Auxois et de bordel devant la maison de François Patriat à Panthier, les gilets jaunes commencent à de rassembler place de la Rép à 14h. Ce quatorzième acte se démarque par la variété des déguisements.

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On retrouve évidemment les slogans inscrits sur le fameux gilet, à propos d’économie comme obstacle à l’écologie :

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de dignité :

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de vie et de mort :

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À 14h30, la manif part de la Rép vers Darcy en empruntant la rue Devosge. Le cortège descend la rue de la lib jusqu’à la mairie. Les minicipaux et vigiles, qui ont pris cher la semaine dernière, n’ont pas osé mettre le nez dehors.

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Ça redescend vers la place Émile Zola, encore énormément de monde ! Et toujours pas un flic en vue.

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Tout le monde remonte jusqu’à la rue de la lib et se dirige vers la gare qui est bloquée pendant vingt minutes. La sécurité ferroviaire est tenue à distance par quelques jets de ballast, les fumigènes crachent leur fumée colorée.

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Le cortège quitte la gare, retourne rue de la lib et atteind les halles. Une timide attaque est lancée contre les gendarmes qui empêchent l’accès à la préf.

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La manif préfère repartir par la rue des Godrans et le boulevard de la Trémouille. Les flics qui tiennent la ruelle du Suzon se font invectivés, ils répondent à coup de lacrymo.

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Il manque une étincelle pour que ça parte, et les plus déterminés sont déjà dans la rue de la préf. Là se rejoue la scène maintenant bien rodée.

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Après quelques feux d’artifices contre lacrymo et lance à eau, les flics lancent un assaut rapide et violent. Ils sortent des grilles rue de la préf, dégagent le boulevard Trémouille et déboulent depuis le tribunal, le tout dans un gros nuage de gaz.

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Les flics en profitent pour se déchaîner :

À 17h la place est vidée, la manif éparpillée. Les flics continuent de charger dans l’avenue du drapeau.

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L’éclatement trop soudain du cortège provoque un reflux et les petits groupes de gilets jaunes se retrouvent place de la Rép. La BAC prise à partie fuit précipitamment, les gendarmes réinvestissent la place, le face à face reprend jusqu’à 19h.

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Alors que les manifs du samedi semblent se scléroser dans des formes automatiques, même s’il y a des surprises à chaque rendez-vous qui font qu’aucun samedi n’est exactement le même, une certaines lascitude semble s’installer. Nous ne pouvons plus compter sur la spontanéité et l’effet de surprise qui a saisi la ville début décembre et la détermination qui a fait tenir le mouvement jusque là ne suffit plus. Il semble urgent d’imaginer de nouvelles formes, d’élargir les cibles, de sortir du terrain de la place de la Rép que les flics maîtrisent.

Il est tout de même bon d’entendre les pourris qui tiennent les rôles de politiciens s’indigner du fait que l’économie de la ville tourne à bas régime. Le temps fait son affaire. Et c’est Rebsamen qui pleurniche : « Ça suffit, voilà 14 samedi que les casseurs profitent du mouvement pour attaquer la mairie, la préfecture, la gendarmerie. » Qui s’étonne encore que le mouvement dans son entier (et non quelques casseurs) s’en prenne aux institutions qui organisent la dégradation de nos vies et aux chiens qui les gardent. Il persiste :
« Chaque samedi, nous assistons à des scènes de guérilla urbaine avec des manifestants qui jettent tout ce qu’ils trouvent sur les forces de l’ordre. » C’est la moindre des choses.
Mais il surenchérit : « Ce sont des gilets jaunes, des anars et de l’extrême droite, un peu mélangés mais pour attaquer ils sont ensemble. » Pour lui le mouvement des gilets jaunes c’est ça, des anars et de l’extrême droite, quelle finesse dans sa vision du monde.
Il termine en disant : « Je n’ai jamais soutenu les gilets jaunes, je n’ai jamais mis de gilet jaune et je n’en mettrai jamais ! » Le message est clair, on sait à qui on a à faire.
Ce fumier demande un soutien financier et policier à Bruno Le Maire lors de son passage à Bercy le 13 février. [1]
Rebsamen chiffre le préjudice pour la ville de Dijon à 1 million d’euros. Pour quoi demande-t-il qu’on débloque une telle somme ? Pour satisfaire quelques revendications ? Pour rétablir la justice fiscale et sociale ? Non, c’est pour la police municipale, les sociétés de gardiennage, les agences de sécurité. Tout ce qui permet de le maintenir au chaud dans sa forteresse. S’il savais distribuer son argent équitablement il y aurait probablement moins de gens qui s’en prendrait à sa mairie.

Les élus et leurs partisans estiment que les centres villes étouffent. Ah oui, et pourquoi ? Parce que des gens qui galèrent leur demande des comptes ? Et que la seule réponse qu’ils ont c’est des nuages de gaz lacrymogènes ? Qu’on impute le fait que le centre ville soit au bord de l’asphyxie aux gilets jaunes et non au gouvernants et à leur police est une hypocrisie à laquelle trop de monde se laisse prendre. Ras-le bol des gilets-jaunes ? On s’indigne que des gens soient déterminer à obtenir ne serait-ce qu’un geste de la part de l’État ? Pour que le mouvement se calme peut-être faudrait-il lui prêter attention. Et depuis le 17 novembre le message est clair : le préalable à toute discussion est la démission de Macron et de son assemblée.

Nous restons déterminés, trouvons un soupçon de créativité.



Notes

[1Une délégation d’élus a été reçue à la demande de France urbaine pour réclamer à l’État des indemnisations concernant les préjudices liés au mouvement des gilets jaunes.

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