[Appel à rassemblement] Contre la répression, pour la liberté de manifester !

Appel à rassemblement du syndicat Solidaires21, le samedi 13 avril, contre la « loi anti-manifestations », la répression syndicale et les violences policières.

A Dijon appel à rassemblement samedi 13 avril à 13h place François Rude (Bareuzai)

Le Comité national de l’Union syndicale Solidaires réuni le 3 et le 4 avril dénonce et condamne fermement toutes les répressions et violences policières à l’encontre du mouvement social.

Nous syndicalistes, combattons depuis plusieurs années des politiques qui vont à l’encontre des droits des salarié-es du privé comme de la fonction publique, du pouvoir d’achat, des conditions de travail, de la protection sociale et qui laissent sur le bord du chemin nombre de personnes dans la précarité, au nom de la productivité et d’un capitalisme qui compromet l’avenir de la société elle même.

Aujourd’hui, mettant en oeuvre les politiques libérales poussées à leur terme, incapable de répondre aux enjeux de la situation actuelle et à la colère sociale exprimée ces derniers mois, ce gouvernement choisit ostensiblement la réponse répressive à l’encontre de tous ceux et celles qui portent un autre projet de société. Ce qui se traduit par des sanctions administratives, l’autorisation de licenciements à l’encontre de représentants syndicaux sous l’aval de la ministre du travail, des mises en examen, des condamnations judiciaires des militant-es syndicaux et plus largement du mouvement social.

Ce qui se traduit par le détricotage des libertés publiques avec la loi anti-manifestation maquillée en loi anti-casseur, les interventions des forces de police dans les lycées, collèges, à l’encontre des douaniers, des salarié-es et l’usage de la force illégitime et disproportionnée à l’encontre des manifestant-es gilets jaunes, jeunes, et population des quartiers.
Les habitant-es des quartiers populaires subissent une stigmatisation et une répression continue de la part des « forces de l’ordre ». Les combats sociaux dans ces quartiers sont réduits au rang d’émeutes et sont systématiquement criminalisés.

Des dizaines de journalistes ont été agressé-es ou blessé-es par les forces de l’ordre alors qu’ils/elles ne faisaient que leur travail en couvrant les mobilisations et manifestations.
Des militant-es écologistes, des militant-es dénonçant les violences policières et plus d’une centaine de blessé-es graves de ces derniers mois, sont menacés judiciairement, mis en garde en vue. Rien que s’agissant du mouvement des Gilets jaunes, les chiffres sont effrayants : près de 10 000 interpellations ayant débouché sur près de 2 000 condamnations dont 800 à de la prison ferme. Rappelons les 22 éborgné-es, les 5 mains arrachées et Zineb Redouane, personne décédée le 1er décembre suite aux blessures provoquées par une grenade sur son balcon au 4 ème étage à Marseille ! La surenchère sécuritaire a même porté la violence dans des villes où les manifestations se succédaient dans le calme samedi après samedi.

Geneviève Legay d’ATTAC a été gravement blessée alors qu’elle manifestait pacifiquement à Nice, après des déclarations niant l’implication des CRS par le ministre de l’Intérieur, le procureur a dû revenir sur ses propres déclarations qui allaient dans le même sens…

A Dijon le « Bœuf Blanc » paye très cher la solidarité avec le mouvement social et par simple humanisme, on compte déjà deux attaques policières dans ce restaurant transformé chaque samedi après midi en centre de soins, pour faire face aux blessures des flash-Ball et autres tonfas.

La préfecture de la région Bourgogne-Franche-Comté et les autorités locales, depuis le début du mouvement s’acharnent à trouver des boucs-émissaires, notamment des syndicalistes un peu trop virulents à leurs yeux. Frédéric Vuillaume de FO à Besançon, Fabien Bauduin de Solidaires à Dijon se sont ainsi vus mettre en garde à vue, perquisitionnés, saisir leurs téléphones et ordinateurs sans réels motifs si ce n’est de participer au mouvement social en cours.

Pendant ce temps là le directeur générale des services de la mairie, aidé de la société privée SIG et de la police municipale, peuvent gazer, matraquer, attaquer une manifestation et s’en prendre à un journaliste sans qu’aucun responsable politique n’intervienne.

L’Union syndicale Solidaires alerte sur toutes ces dérives qui actent le recul des libertés syndicales, des libertés d’opinion et de manifestation et sera aux côtés de tous celles et ceux qui les subissent et condamne ces dérives autoritaires qui vont à l’encontre d’une véritable démocratie. Le gouvernement prend prétexte des mobilisations sociales pour mettre en place les bases d’un état autoritaire en s’appuyant sur l’intensification des outils répressifs policiers et judiciaires. Dans un contexte de montée des racismes et de l’extrême droite, il est urgent d’avoir des réactions unitaires les plus larges possibles. Pour l’union syndicale Solidaires, ces répressions doivent, au contraire, avoir pour effet de cimenter la solidarité entre ceux et celles qui luttent.

L’Union syndicale Solidaires appelle à se mobiliser en solidarité avec tous les camarades qui subissent ces répressions.

L’Union syndicale Solidaires appelle à se rassembler le samedi 13 avril contre la loi « anti-manifestation », les répressions syndicales et du mouvement social, et contre les violences policières et sera donc présente à Dijon place du Bareuzay à 13 h.


L’appel d’autres associations, syndicats et partis de gauche

La loi restreignant le droit de manifester nous inquiète au plus haut point. Elle constitue une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs.

Le Conseil constitutionnel vient de censurer l’interdiction administrative de manifester que le gouvernement a voulu imposer dans sa loi de circonstance. Cependant, il valide l’inspection visuelle, la fouille des bagages et des véhicules aux abords d’une manifestation dès lors que le procureur de la République l’aura autorisé. Le Conseil constitutionnel a aussi validé la sanction d’avoir son visage en partie dissimulé.

En validant deux dispositions qui permettent de retarder voire d’empêcher l’accès à une manifestation et de sanctionner pénalement toute personne dont la police jugera qu’elle dissimule « une partie de son visage », le Conseil constitutionnel cautionne une restriction sans précédent du droit de manifester et ouvre la voie à un arbitraire dangereux.

Que reste-t-il d’une liberté lorsqu’elle est soumise au bon vouloir d’un magistrat qui n’est pas indépendant du pouvoir exécutif et que son exercice peut valoir d’être condamné et fiché ?

Ce sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion. Cette loi de circonstance porte un lourd risque d’arbitraire des gouvernements d’aujourd’hui comme de demain.

En Côte d’Or, plusieurs faits récents nous inquiètent particulièrement. Une vidéo rendue publique par la presse locale a montré un manifestant isolé être violemment frappé par un policier en présence d’un gradé sans qu’il n’y ait ni nécessité, ni proportionnalité justifiant l’usage de la violence.

Nous avons été saisis d’une opération de contrôles d’identité le (29 mai dernier) à Malain à l’occasion d’une réunion publique puis de relevé des numéros de véhicule des participants à une autre réunion le 19 janvier sans aucune justification, le procureur alerté à ce sujet n’a toujours répondu.

Un citoyen ayant dénoncé la présence dans une manifestation publique d’individus affichant leur antisémitisme (Chant et gestes de la « quenelle ») a reçu sur Facebook des menaces de mort et des insultes à caractère antisémite. La victime a porté plainte le 29 janvier, nous avons également alerté le procureur, mais n’avons pas de retour à ce jour.

Les informations que nous avons eues sur l’intervention des forces de l’ordre au café "Le boeuf blanc" nous questionnent aussi, montrant un usage totalement disproportionné de la force

Ces faits interviennent dans un climat de tensions sociales. Nos organisations sont attachées à l’expression pacifique des opinions, dont le droit de manifester est un pilier. Si nous ne cautionnons aucune violence gratuite d’où qu’elle vienne, il nous semble qu’il y a une responsabilité toute particulière des représentants de l’Etat à être respectueux de l’état de droit.

Aussi, nous appelons dans le cadre d’une journée d’action nationale à un rassemblement pour la défense des libertés Samedi 13 avril à 13h place François Rude (du Bareuzai) à Dijon

Ligue des Droits de l’Homme fédération de Côte d’Or, Union Départementale CGT, FSU 21, Amnesty International Dijon, Libre Pensée cercle Martinet, ATTAC 21, Syndicat des Avocats de France, MRAP, SOS Racisme, SOS Refoulement, OXFAM, Union Juive Française pour la Paix, Mouvement pour une Alternative Non-violente



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