Crime de lèse-majesté : arrestations à Nantes après l’immolation d’une marionnette de Macron

À Nantes, plusieurs personnes ont été entendues par la police suite à l’incendie d’un mannequin à l’effigie du président de la République

Samedi 7 avril, lors d’une manifestation contre les réformes de la SNCF et de l’entrée à l’Université, un mannequin représentant Emmanuel Macron avait été pendu au beau milieu du cours des 50-Otages, à Nantes, puis mis à feu. Quelques jours plus tard, le procureur de la République avait ouvert une enquête pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique.

Jeudi 17 mai, la police judiciaire a entendu deux personnes, l’une sous le régime de la garde à vue, l’autre, mineure, en audition libre.

Mercredi 6 juin, un autre homme a été interpellé et placé en garde à vue. Les policiers le soupçonnent d’avoir frappé la marionnette. Aucune décision n’a pour l’instant été prise au sujet de ces trois personnes, l’enquête est toujours en cours.


P.-S.

« Vers le même temps, comme un préteur demandait à Tibère s’il voulait faire poursuivre les crimes de lèse-majesté, il répondit « qu’il fallait appliquer les lois », et il les appliqua de la manière la plus atroce. Quelqu’un avait enlevé la tête d’une statue d’Auguste pour lui en substituer une autre ; l’affaire fut débattue au Sénat et, comme il y avait doute, on eut recours à la torture. L’inculpé ayant été condamné, ce genre d’accusation fut insensiblement porté si loin qu’on fit un crime capital même d’avoir battu un esclave ou changé de vêtements près d’une statue d’Auguste, d’avoir été aux latrines ou dans un lieu de débauche avec une pièce de monnaie ou une bague portant son effigie, d’avoir critiqué l’une de ses paroles ou de ses actions. Enfin on alla jusqu’à faire périr un citoyen qui s’était laissé investir d’une magistrature dans sa colonie, le même jour où l’on avait autrefois décerné des charges à Auguste. »
- Suétone, Vies des douze Césars, « Tibère », LVIII