La direction de l’Université de Bourgogne sélectionne elle-même les futur·es étudiant·es en toute opacité

Comme beaucoup d’autres départements et UFR des universités françaises, les départements d’Histoire, d’Histoire des arts, de Psychologie, de Sociologie et de Musicologie de l’université de Bourgogne ont décidé le 3 mai 2018 de ne pas opérer le classement des dossiers exigé par le dispositif Parcoursup ; ces décisions ont été prises de façon collégiale et démocratique à la suite de débats ouverts entre les enseignants-chercheurs. Dès la fin du mois de mars 2018, le conseil du département d’Histoire s’était ainsi réuni et avait voté à l’unanimité le refus de classer les dossiers dans ParcoursSup. Le département d’Histoire a fait le choix de ne pas constituer de commission d’examen des dossiers comme un très grand nombre d’autres en France. Suite à cette décision, le président Alain Bonnin a écrit au directeur de l’UFR Sciences Humaines pour l’informer qu’il prenait acte de ces décisions et que la présidence les respecterait [1] .

Or, lors du Conseil d’administration du lundi 28 mai, la présidence a annoncé qu’à la veille du week-end de Pentecôte, elle avait finalement fait le choix de classer les dossiers, sans informer les collègues de la discipline. Les classements ont été réalisés par trois vice-présidents en lien avec la formation : Mr Boutaud, Mr Debeaufort et Mme Serée-Chaussinand, sans que les critères de choix de paramètres dans l’outil d’aide à la décision n’aient été explicités ou même présentés. Par ailleurs, aucun de ces VP n’a de compétence particulière dans les disciplines où ils prétendent sélectionner les candidats. Cette opacité complète, fondée sur une absence de tout dialogue avec les personnels enseignants de notre université témoigne d’une dégradation très regrettable des relations au sein de notre institution et de la tendance mortifère à une gestion managériale et à courte vue de notre université.

Nous sommes donc à la fois surpris.es, et même scandalisé.es par la décision prise par notre présidence de classer les dossiers contre l’avis des collègues des disciplines concernées. Nous demandons la transparence sur les algorithmes locaux d’aide à la décision dans les classements opérés pour toutes les formations.


P.-S.

À lire sur le site du Snesup Bourgogne


Notes

[1Extrait de la réponse d’Alain Bonnin :

« conformément à la ligne de conduite de la gouvernance de notre établissement, il ne nous appartient pas d’émettre un avis sur les choix pédagogiques opérés par les départements précités de votre composante. Notre position a toujours été d’accompagner et de collaborer avec les composantes sans jamais se substituer à elles dans la gestion de leurs affaires internes. Aussi, nous ne nous opposerons pas à la décision de non classement des dossiers en Histoire, Histoire des arts, Psychologie et Sociologie. En revanche, comme il a été plusieurs fois rappelé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le non classement des dossiers implique qu’une proposition soit faite à tous les candidats. Dans cette perspective, cette démarche de votre composante vous engage donc, en tant que doyen, à accepter tous les candidats qui valideraient la proposition qui leur sera faite, y compris si les capacités d’accueil de votre composante venaient à être dépassées et ce, sans moyens supplémentaires venant du ministère ou de l’université. »