Mai 2018

« La journée du premier Mai est considérée dans le monde entier comme la fête du Travail. C’est une fausse définition du 1er Mai »

La Chronique Mistoufle au mur reprend des articles qui sont paru dans un journal mural dijonnais du même nom. Le journal relaie une information et une expression liberataire chaque mois, sur les murs de la ville.


« Oui, MAi »

Le premier mai - historiquement

« La journée du premier Mai est considérée dans le monde entier comme la fête du Travail. C’est une fausse définition du 1er Mai qui a tellement pénétré la vie des travailleurs qu’effectivement dans beaucoup de pays, ils le célèbrent ainsi. En fait, le premier Mai n’est pas un jour de fête pour les travailleurs. Non, les travailleurs ne doivent pas, ce jour là rester dans leurs ateliers ou dans les champs. Ce jour là, les travailleurs de tous pays doivent se réunir dans chaque village, dans chaque ville, pour organiser des réunions de masse […] pour en faire le compte de leurs forces, pour déterminer les possibilités de lutte directe contre l’ordre pourri, lâche esclavagiste, fondé sur la violence et le mensonge. En ce jour historique déjà institué, il est plus facile à tous les travailleurs de se rassembler et plus commode de manifester leur volonté collective, ainsi que de discuter en commun de tout ce qui concerne les questions essentielles du présent et de l’avenir.
Il y a plus de quarante ans les travailleurs américains de Chicago et des environs se rassemblaient le premier Mai. Ils écoutèrent là des discours de nombreux orateurs socialistes, et plus particulièrement ceux des orateurs anarchistes, car ils assimilaient parfaitement les idées libertaires et se mettaient franchement du côté des anarchistes. Les travailleurs américains tentèrent ce jour là, en s’organisant, d’exprimer leur protestation contre l’infâme ordre de l’État et du Capital des possédants. C’est sur cela qu’interviennent les libertaires américains Spies, Parsons et d’autres. C’est alors que ce meeting fut interrompu par des provocations de mercenaires du Capital et s’acheva par le massacre de travailleurs désarmés, suivi de l’arrestation de Spies, Parsons et d’autres camarades. Les travailleurs de Chicago et des environs ne se rassemblaient pas pour fêter la journée du Premier Mai. Ils s’étaient rassemblés pour résoudre en commun les problèmes de leur vie et leurs luttes. »

Symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs, Nestor Makhno, 1928

[Le 1er mai 1886, il y eu une grève générale chez les travailleur.euses de Chicago, impulsée par les anarchistes. Déjà les enjeux étaient de se réapproprier leurs vies, de lutter pour les droits sociaux, la journée de travail de huit heures, et déjà ces manifestations avaient suscité l’indignation et la réaction violente du pouvoir (5 morts et 3 condamnés à perpétuité) et de sa presse.]

Le premier mai – aujourd’hui

Aujourd’hui, les réformes du droit du travail, comme la loi El-Kohmri ou les Ordonnances Macron, les nouvelles formes d’exploitations au travail illustrées par « l’uberisation » des conditions de travail et la promotion de l’auto-entrepreneuriat (auto-exploitation) pour toutes et tous, sont Des attaques aux acquis et aux droits. Cela entre en résonance avec la situation de 1886 et justifie une mobilisation massive. Car le capitalisme continue son écrasement du plus grand nombre. Nous ne devons pas oublier que le 1er mai est porteur d’idéaux anarchistes qui vont plus loin que la simple revendication de nouveaux droits ou leur défense. Il s’agit pour nous de porter une vision résolument anarchiste de la société. Cela passe nécessairement par une réappropriation des outils et moyens de production par celles et ceux qui produisent. Mais aussi par la promotion d’une organisation sociale vivante et décentralisée, résolument fédéraliste et coopérative, évitant la sclérose bureaucratique des économies planifiées et contrôlées.

Organisons-nous de manière sociale et libertaire !