Piraterie

Une énième flottille, la Flottille de la Liberté a quitté voici deux mois l’Europe du Nord pour voguer vers les eaux palestiniennes.
Dans la nuit du vendredi au samedi 4 août, le Freedom, deuxième bateau de la « Flottille de la Liberté » a été arraisonné dans les eaux internationales. Les assaillants qui ont pratiqué un acte de piraterie étaient les forces spéciales israéliennes, sous commandement du gouvernement d’Israël.

Depuis juin 2007, dans une indifférence quasi-totale, un blocus israélien étrangle la bande de Gaza. Israël a en effet unilatéralement décidé de faire de cette bande de terre - de 40 km de long sur 9.5 km de large et habitée par près de un million et demi de personnes - une « entité hostile ». Les Etats-Unis et l’Europe n’avaient guère paru s’émouvoir lorsque l’armée israélienne lança trois guerres sur Gaza en moins de six ans : l’opération Plomb durci 2008, l’opération Pilier de défense en 2012 et l’opération Bordure protectrice en 2014. Ces agressions ont provoqué la mort de milliers de civils, dont plus de 20% sont des enfants, et anéanti une grande partie des infrastructures de l’étroit territoire.

La flottille de la liberté

Pourtant, en 2010, il avait semblé que les lignes commençaient à bouger un peu, et qu’à la faveur de l’arraisonnement sanglant de la flottille humanitaire le 31 mai 2010, le monde redécouvrait le malheur des palestiniens et semblait s’intéresser à nouveau au sort d’une population sans défense enfermée à ciel ouvert. Ce jour-là, l’armée israélienne avait tué neuf militants pacifistes Turcs qui tentaient avec d’autres de porter vivres, assistance médicale et soutien aux populations palestiniennes. D’autres flottilles ont tenté de briser le blocus imposé à Gaza. Elles ont toutes été attaquées et arraisonnées en eaux internationales par la marine israélienne. Les bateaux sont volés, les équipages et participants kidnappés, amenés de force en Israël avant d’en être expulsés.

Une énième flottille, la Flottille de la Liberté a quitté voici deux mois l’Europe du Nord en faisant plusieurs escales dans de nombreux pays, dont quatre en France, pour se regrouper en Méditerranée avant de voguer vers les eaux palestiniennes.
Dans la nuit du vendredi au samedi 4 août, le Freedom, deuxième bateau de la « Flottille de la Liberté » a été arraisonné dans les eaux internationales. Les assaillants qui ont pratiqué un acte de piraterie étaient les forces spéciales israéliennes, sous commandement du gouvernement d’Israël. À l’occasion de cet arraisonnement, Pascal Maurieras, marin CGT qui participait à cette mission humanitaire pacifique, a été violemment interpellé, frappé et jeté dans une prison israélienne.

Lors de l’arraisonnement du premier bateau — Al Awda — c’est Mike Treen, syndicaliste néo-zélandais de Unite, adhérant à NZCTU — New Zealand Council of Trade Unions — et à la CSI —Confédération syndicale internationale — qui a été interpellé et très violemment frappé par les agresseurs, entraînant des blessures importantes. Ces agressions, violences à l’encontre de syndicalistes et enfermements doivent cesser immédiatement. Il semble que Pascal Maurieras sera expulsé aujourd’hui vers la France même si aucune confirmation ne nous a été donnée.

De nombreux sites parlent de la Palestine et suivent cette flotille, par exemple :
https://jfp.freedomflotilla.org/news/freedom-under-attack-as-it-carries-medical-supplies-to-gaza
http://www.juliensalingue.fr/
http://www.ujfp.org/spip.php?rubrique127
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gaza-une-flottille-humanitaire-206521
...
Et de la difficulté d’en parler ou pas :
https://lundi.am/Que-lire-pendant-l-occupation


P.-S.