s’échoit

Je suis nulle part
Pourtant je suis là
Surtout je suis lasse
lâche
éparse

Mon corps, Là
Mais moi je peux pas.

J’ai cru, j’ai pensé
Que c’était pas grand-chose.
Les affaires, le lit, la douche
et le frigo : presque rien.
Tant qu’on a des repères…

En fait je suis toujours là-bas.
Que j’y reste ou que j’aille,
ça ne change pas.
Je ne suis que là-bas.
Même très loin dans ma fuite,
je n’amorce pas même
un semblant de départ.

Voyager
Construire, Développer

Ne m’est accessible
Sans terrier

Une grotte où stocker,
déposer.
Pas même accumuler,
Seulement me poser,
Reposer.
Préserver des ressources,
Une partie de moi,
qui -elle- ne bouge pas.

À ce jour je n’peux pas,
bouger, m’extraire, m’est impossible
Mes repères se résument
à l’intrusion.

En fait, là-bas,
je ne suis pas chez moi.


P.-S.

Chronique à parution variable.
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