[Toulouse] Acte XXII : Brutalité policière

Les Gilets jaunes étaient appelés à converger à Toulouse le 13 avril pour reprendre la place du Capitole. 8000 flics épaulés par les mesures anticasseurs (antimanifestation) les ont reçu avec une brutalité sans nom.

L’Observatoire toulousain des Pratiques Policières publie dès le lendemain un communiqué qui résume la journée :

"L’acte 22 des gilets jaunes a permis de constater de nouvelles atteintes graves à la liberté de manifester et à l’intégrité physique des manifestant-e-s par des pratiques policières condamnables.
Alors que la manifestation s’élançait sur les allées Jean Jaurès, une nasse a été mise en place des quatre côtés empêchant les manifestant-e-s de pouvoir en sortir [1].
Cette nasse était de toute évidence prévue et organisée en amont du départ de la manifestation.
Les gaz lacrymogènes, qui ont été lancés de manière massive, ont créé une ambiance guerrière.
De nombreuses personnes se sont trouvées en situation de détresse respiratoire sans aucune possibilité de sortir des allées Jean Jaurès.
La préfecture a donc fait le choix de la force et de la répression avant le déclenchement d’un quelconque affrontement ou de la commission d’une dégradation de la part des manifestant-e-s.
En outre, et pour la première fois, depuis longtemps sans doute, syndicats et associations n’ont pu avancer sur le parcours déposé en préfecture. Une manifestation que la Préfecture s’est faite un plaisir d’interdire de fait.
Au cours de la suite de la journée, l’OPP a constaté un usage disproportionné de la force et un usage illégal de nombreuses armes, notamment les grenades de désencerclement.
Des policiers de la BAC ont notamment attaqué la manifestation sur le boulevard Carnot en lançant des grenades de désencerclement pour que la foule s’écarte et qu’ils puissent venir s’emparer de la banderole. L’OPP a ainsi pu constater que ces armes prétendument défensives ont encore été utilisées de manière offensive par les forces de l’ordre.
Les CRS en fin d’après-midi ont interdit, à Jean Jaurès, à des voyageurs de sortir du métro et obligé ceux et celles qui étaient à proximité à s’engouffrer dans la bouche du métro. Matraques et gaz pour celles et ceux qui étaient dans les escaliers. Bousculades, chutes à terre pour ceux et celles qui refusaient de descendre. Une séquence surréaliste qui a mis beaucoup de personnes mal à l’aise devant une opération qui consistait tout de même à parquer des manifestant-e-s (ou non) dans une bouche de métro.
L’OPP a vu des policiers lancer des grenades désencerclantes en cloche en sorte qu’elles explosent à hauteur de tête ou au niveau du dos.
Ces exemples ne sont pas exhaustifs. Des membres de l’OPP ont été blessés au cours de la journée par un palet de grenade de désencerclement, un coup de matraque ou du fait des gaz lacrymogènes. Des membres de l’OPP ont en outre été menacés verbalement par des policiers de la BAC.
L’OPP a également constaté un nombre de blessé-e-s considérable. Des streets médics ont également été blessé-e-s, dont l’un évacué sur civière.
Les pratiques policières constatées au cours de cet acte XXII des Gilets Jaunes sont une nouvelle illustration de l’usage massif, disproportionné, agressif et souvent brutal de la force dénoncé dans le rapport qui sera rendu public le mercredi 17 avril 2019 au cours d’une conférence de presse à 10h30 au siège de la LDH et à 20h à la Bourse du travail.
Fait à Toulouse, le 14 avril 2019"

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À lire aussi, le communiqué du Syndicat National des Journalistes condamnant les pratiques de forces de l’ordre :

http://www.snj.fr/article/le-droit-de-manifester-%C3%A9t%C3%A9-pi%C3%A9tin%C3%A9-le-13-avril-%C3%A0-toulouse-111243786



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