Action de blocage à Chalon-sur-Saône

Compte-rendu subjectif d’une action de blocage à Chalon-sur-Saône dans la nuit du 22 au 23 décembre 2019.

L’action de blocage à Chalon-sur-Saône dans la nuit du 22 au 23 décembre 2019 restera probablement un moment marquant du mouvement social contre la casse des retraites, Macron et son monde.

Un signe qui ne trompe pas est le retour précipité de Macron de ses vacances en Côte d’Ivoire. Cette nuit fut également marquée du sceau de l’étrange, avec le soutien de Jean-Marie Bigard apporté aux cheminot·e·s en grève illimitée.

A 2h du matin dans le nuit du 22 au 23 décembre, une grosse demi-centaine d’activistes déferla de toute la région et d’ailleurs, jusqu’au point de rassemblement à Chalon-sur-Saône. Essentiellement des Gilets Jaunes qui l’avaient remisé dans le coffre pour mieux se fondre dans la nuit noire et glaciale de ce début d’hiver. Mais également des syndicalistes SUD-Solidaires et CGT.

Après quelques consignes échangées discrètement sur des coupons-papier remis de la main à la main, nous nous rendîmes sur le lieu du blocage, une grosse entreprise de transport. Deux barricades de palettes et pneus furent installées proprement à la visseuse, à chaque extrémité de la rue où débouchent les sorties camions de l’entreprise. S’en suivit un petit en-cas pour tenir le coup : croissants offerts par les GJ du rond-point Pérouges-Meximieux, café fourni par SUD-Solidaires, et... Comté amené par les GJ de Besançon !

L’objectif était de bloquer suffisamment longtemps les camions, de façon à ce qu’ils arrivent en retard au port et que les containers ne puissent être chargés sur les bateaux en partance.

Nous réussîmes ainsi – entre autres – à empêcher le départ d’un container rempli d’aliments pour chien à destination du Panama, paradis fiscal où il ne fait nul doute que la traçabilité des croquettes se serait perdue avant même de franchir l’isthme éponyme et d’inonder le marché asiatique. C’est un symbole de la mondialisation de la malbouffe animale que nous avons courageusement mis à bas. Tout ça s’est fait sous l’œil de la maréchaussée qui est restée à distance et n’est guère intervenue que pour nous signifier que nous étions passibles. La suite ne nous dira jamais de quoi.

Après avoir mené cette action sans accroc, nous avons poursuivi par un barrage filtrant dans la zone Chalon sud, vers le centre de tri postal : distribution de tracts explicatifs sur la réforme des retraites, où deux agents de la paix nous expliquèrent comment effectuer un barrage filtrant en bon uniforme, sans disposer de matériel coûteux comme les palettes : ces actions sont toujours aussi de riches moments d’échanges de pratiques militantes.

Manu·e, un·e participant·e

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