Jardins de l’Engrenage : démonstration de bon sens pour les pros du béton


Jardins de l’Engrenage

« Nous avons l’impression que tout est mis en place par une extrême minorité pour que l’aberration, l’irrationnel, l’emporte sur le bon sens » déclare le syndicat des entrepreneurs de travaux publics.
De quelle minorité parle-t-on ? Le béton, ce serait ça le « bon sens » ? Les Jardins de l’Engrenage décryptent la situation.

Communiqué des Jardins de l’Engrenage

Démonstration de bon sens pour les pros du béton

A longueur de communiqués ces dernières semaines, les lobbies bétonneurs de Côte-d’Or pleurnichent sur les prétendus préjudices qu’ils auraient subis de la part des jardinier.ères de l’Engrenage au cours des quatre journées de saccage des Jardins qui visaient à attaquer une idée, tout autant qu’un terrain.

“Nous avons l’impression que tout est mis en place par une extrême minorité pour que l’aberration, l’irrationnel, l’emporte sur le bon sens” déclare le syndicat des entrepreneurs de travaux publics.

De quelle minorité parle-t-on ? Le béton, ce serait ça le “bon sens” ? Les Jardins de l’Engrenage décryptent la situation.

En tant que lieu autogéré incarnant un espace libre pour s’émanciper d’un avenir mortifère imposé par le Capital, les Jardins de l’Engrenage ne peuvent qu’être détestés par les dirigeants de la métropole, les promoteurs et les professionnels-bétonneurs des alentours.

Cet espace permet d’expérimenter tout ce dont ils veulent nous déposséder : un usage intelligent et respectueux de la terre, un rapport plus sensible au vivant, la réappropriation de notre force de travail et des terres et un exercice de la démocratie réelle avec la réinvention de formes politiques horizontales.

Dans le contexte de crise que nous vivons depuis plus d’un an, il faut se rendre à l’évidence que les combats contre la précarisation de nos conditions de travail et pour la défense de l’environnement se rejoignent. Ils imposent de rompre d’urgence avec un système économique qui exerce une prédation extrême sur les ressources de l’écosystème.

Replaçons ici quelques données scientifiques…

Le béton est LE matériau qui détruit le plus le climat après les énergies fossiles. En 2016, les secteurs de la construction et du BTP ont émis 7 GtCO2 soit 14 % des 49,83 GtCO2 émises par l’humanité. C’est autant que des secteurs comme les transports ou l’agriculture.

Le sable, entrant pour 80 % dans la composition du béton, a vu sa consommation mondiale doubler entre 2013 et 2019. Son extraction ravage des plages, des deltas, des fonds marins. C’est un désastre écologique.

Quant à la fabrication du ciment qui s’obtient par calcination, elle nécessite de très grosses quantités d’énergie et émet du dioxyde de carbone.

Il semblerait donc qu’aveuglés par les juteux profits générés par leur modèle extractiviste, les syndicats du BTP et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte-d’Or ne voient pas que celui-ci est périmé car destructeur et reposant sur un unique indicateur, le sacro-saint PIB, qui n’intègre jamais les coûts des dégradations environnementales. En agitant le leurre des emplois créés, ils résonnent à l’envers, ne voyant plus quand l’emploi contribue à détruire les conditions même de la vie !

Permettons-nous une analyse du terme “extrême minorité”...

Parler d’ “extrême minorité” pour les Jardins de l’Engrenage, alors qu’il s’agit de tout un quartier et maintenant de toute une partie de la population dijonnaise qui rejoint les idées portées par le projet, c’est servir le discours officiel. C’est rappeler à quiconque s’intéresserait au projet que ce ne serait qu’une infime partie de la population, que la majorité ne serait pas dans ce camp, afin de conserver l’opinion publique de son côté.

Les pros du béton cherchent à discréditer la lutte environnementale en dénonçant des moyens d’action qui s’opposent au système, leur système, qui ne correspondent pas à la passivité souhaitée face aux institutions toutes puissantes.

Ils s’estiment eux seuls légitimes, eux seuls sont dans leur bon droit et qu’il leur est nécessaire d’ “accomplir [leur] mission en sécurité”.

Aux Jardins de l’Engrenage, nous affirmons que les luttes qui structurent notre société s’articulent entre le Capital, le Travail et la Terre. Les travailleurs ont besoin de jardins où venir cultiver, se reposer, élever des animaux, bref se sociabiliser ; des lieux protégés où faire fleurir la solidarité. Le bon sens, c’est alors de développer des habitats, jardins et ateliers mutualisés pour que le salaire ne soit plus le seul moyen de se procurer de dont nous avons tous besoin pour vivre : Pain, Terre et Liberté !

Les Jardins de l’Engrenage


Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Ajouter un document

Articles de la même thématique : Bétonisation

Sous le béton, la rage !

A Besançon le samedi 20 novembre 2021 sur le chantier du quartier Vauban des activistes de Extinction Rébellion ont hissé une banderole au sommet d’une grue à 65 mètre de haut.

Changer le PLUI aux Lentillères, il est temps ! [Rassemblement le 25/11 ]

Après que Rebsamen ait annoncé il y a deux ans l’abandon de la phase 2 de l’écocité Jardins des maraîchers, il n’en est rien dans la traduction juridique du Plan Local d’Urbanisme qui classe toujours cette zone comme Zone à Urbaniser. Une promesse électorale qui ne se traduit pas dans la pratique, on pouvait s’y attendre...c’est le moment de s’y coller !

Articles de la même thématique : Urbanisme

Pour la sauvegarde et l’ouverture des jardins Larrey-Marillier à Dijon

Les jardins Larrey-Marillier sont des espaces verts situés au sud de Dijon. Ils sont très importants dans un quartier où il y a peu de verdure, et ils sont cultivés depuis des années par des riverains. L’opérateur Habellis menace de les raser pour construire des pavillons. La défense de ses jardins est un enjeu écologique et social.

La densité heureuse

Le terme a surgi dans le langage politicien en septembre, suite à un discours de la ministre du logement et à la publication du Rapport Rebsamen. Décryptage et généalogie de la densité heureuse.