Le TDOR 2021 invisibilisé par l’appel de Nous Toutes à manifester contre les VSS


Doubs

À Besançon, comme dans de nombreuses villes de France, le Jour du Souvenir trans a été invisibilisé par le choix de certaines associations féministe de manifester le même jour contre les violences sexistes et sexuelles.

Nous sommes un tout jeune et tout petit (pour l’instant) collectif de personnes trans* vivant en Franche-Comté (ou alentours proches) ayant pour buts de nous apporter soutien et entraide, moments de sociabilisation entre nous et de tenter de faire avancer nos droits...

Le TDOR [1] cette année a été un événement douloureux pour les personnes trans*. En soi il l’est déjà puisque nous commémorons les personnes mortes de notre communauté. Mais également et de surcroît en raison des nombreuses manifestations contre les VSS [2] qui ont eu lieu ce même jour à l’appel de Nous Toutes et nous invisibilisant complètement...

La ville de Besançon n’y a pas échappé. Nous n’avons même pas eu la force ni le courage de nous y rendre. Après de nombreux échanges au sein de notre collectif, nous avons décidé de rédiger un communiqué à ce sujet.

Précision importante au cas où des personnes concernées souhaiteraient prendre contact et éventuellement se joindre à nous : nous ne comptons pour l’instant parmi nous aucune personne intersexe, c’est la raison pour laquelle notre adresse mail ne contient pas "inter". C’est primordial pour nous de ne pas parler pour/à la place des personnes concernées, mais elles sont plus que bienvenues.

Merci de nous lire :)

Contact : transcomte[at)protonmail.com

On ne le dira jamais assez : la transphobie tue !

Cette année, 375 personnes trans et de genre non conforme ont été assassinées dans le monde.
C’est 7% de plus que l’an dernier [3]. Depuis 1998 — 2002 en France —, le Trans Day of Remembrance (TDOR), c’est-à-dire le Jour du Souvenir Trans, est instauré internationalement pour rappeler à la mémoire toutes les personnes mortes de transphobie. Car oui, la transphobie tue et non, cela ne suffira pas à nous effacer de l’histoire.

Qu’est-ce que la transphobie ? C’est la discrimination, les violences, l’oppression à l’encontre des personnes transgenres. C’est ça qui tue et non la transidentité. Ne pas se reconnaître dans le genre qu’on nous a arbitrairement assigné à la naissance ne constitue pas en soi un problème. Ce qui pose problème aux personnes trans* c’est l’invisibilisation, la réduction au silence, les injonctions à rester dans le genre assigné, les blocages administratifs et médicaux, les insultes, les coups... En clair, tout ce qui consiste à nier le genre véritable d’une personne. 375 personnes en sont mortes rien que cette année.

Combien de mort‧e‧s faudra-t-il pour que nous comptions ? Car nous ne comptons pas. Qui parle de nous sinon nous-mêmes ? Mises à la porte dans les milieux féministes, marginales dans les milieux « LGBT », les personnes trans* sont rendues invisibles — même les nôtres nous oublient. Pour preuve, à Besançon, le Jour du Souvenir Trans est écrasé cette année par la marche contre les violences sexistes et sexuelles. Ne pouvait-on pas faire comme à Dijon et célébrer le 25 novembre le 27 afin de manifester pleinement notre colère ? Ne pourrait-on pas imaginer une semaine contre les violences patriarcales qui aille du 20 au 27 novembre ? Visiblement, non. Les « travelos » doivent se contenter d’un petit rassemblement à 15h et sont prié‧e‧s de rejoindre la vraie manifestation, organisée par des associations légitimes à donner leur avis, validées par le pouvoir politique local.

Comment s’étonner que ledit pouvoir politique étouffe les protestations trans* quand on sait à quel point il est difficile, dans cette commune, d’effectuer un changement d’état civil ? Où sont les élu‧e‧s préposé‧e‧s à l’égalité entre les genres ? Doit-on se contenter de trois bandes de couleur sur le sol qui ne représentent qu’une minorité de la communauté LGBTQIAP+ ? Non, on ne s’en contentera pas. Empêcher une personne de changer son état civil c’est valider les discours transphobes qui nous refusent l’affirmation de notre genre, c’est ouvrir la porte aux violences et aux assassinats.

Cette année, une amie à nous s’est suicidée. Elle avait vécu à Besançon quelques temps. La manifestation du 20 novembre va-t-elle prononcer son nom correctement là où sa famille a honteusement commémoré son prénom de naissance pourtant mort depuis longtemps ? Nous en doutons. Eh bien, soit. Comme d’habitude, nous ferons notre propre bruit. Elle s’appelait Amélia, elle était trans, elle était une femme et nous l’aimions, n’en déplaise à tous les transphobes de la ville !

Le Collectif Trans-Inter-Comté est un collectif tout jeune. Il est né de la nécessité de nous organiser entre personnes trans*, intersexes et non-binaires puisque rien n’était fait correctement pour nous. Cette année, nous nous contenterons d’un communiqué. L’an prochain, personne ne parlera à notre place.

Collectif Trans-Inter-Comté, le 20 novembre 2021


Notes

[1Trans Day of Remembrance (TDOR), c’est-à-dire le Jour du Souvenir Trans, est instauré internationalement pour rappeler à la mémoire toutes les personnes mortes de transphobie.

[2Violences sexistes et sexuelles

[3Selon Trans Respect World Wide : TMM Update TDoR 2021 - TvT (transrespect.org)

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