Pour la chambre d’agriculture de BFC, l’économie passe avant la protection de l’environnement !

La chambre d’agriculture de Bourgogne Franche-Comté s’est récemment opposée à l’extension de la zone de protection des rivières et s’est par ailleurs prononcée pour les stockages d’eau en surface. L’association SOS Loue et rivières comtoises revient sur ces prises de position « diamétralement opposés aux enjeux vitaux de la protection de la biodiversité. »

Communique de l’association SOS Loue et rivières comtoises

Augmentation des zones vulnérables nitrates : des enjeux irréconciliables ?

Dans un communiqué de presse daté du 5 mars 2021, disponible en ligne ici, la Chambre d’agriculture de BFC montre encore une fois des intérêts bien différents de ceux des associations de protection de l’environnement. Selon la chambre d’agriculture, “une augmentation de 50 % de la zone vulnérable en Bourgogne-Franche-Comté aurait un impact économique dévastateur sur les exploitations situées sur les secteurs nouvellement classés.”

Le président Christian Decerle va encore plus loin “Les raisons de ce nouveau classement restent floues et les explications apportées ne m’ont absolument pas convaincu. Les conséquences économiques pour la filière élevage de Bourgogne-Franche-Comté seraient catastrophiques pour ce secteur déjà « mis à genoux » au cours des dernières années »”

Des arguments pour augmenter la zone vulnérable nitrates et l’appliquer notamment sur tout le territoire des rivières karstiques, le collectif SOS Loue et rivières comtoises en a apportés à la pelle notamment dans le courrier que nous avons envoyé au préfet coordonnateur de bassin en décembre dernier (en ligne ici). Voici un seul extrait qui résume tout :

“Les dysfonctionnements écologiques des rivières karstiques mis en évidence sont induits principalement par les causes suivantes. 1. Les excès d’azote dans les milieux aquatiques et l’accroissement des teneurs en bicarbonates sont essentiellement la conséquence de l’intensification des pratiques agricoles et plus particulièrement de :

  • l’amélioration de la productivité laitière qui exige un accroissement des intrants, ce qui en retour augmente les quantités d’effluents d’élevage qui doivent être épandus ;
  • l’augmentation en volume des effluents qui doivent de ce fait être épandus en dehors de la saison de végétation (lorsque les capacités de stockage sont devenues inadaptées, ce qui est fréquent) ;
  • l’insuffisante prise en considération de la vulnérabilité des sols et notamment de la faible aptitude à l’épandage des sols superficiels.” (p.46 de l’étude de Chrono-Environnement menée de 2012 à 2020 disponible en ligne ici.])

Le manque de considération de la vulnérabilité des sols est pointé comme un élément fondamental ! La chambre d’agriculture, pour des raisons purement économiques de court terme, ne peut pas feindre d’ignorer les résultats de cette étude et doit accepter la responsabilité des pratiques agricoles dans les problèmes environnementaux majeurs qui touchent les rivières comtoises depuis plus de 10 ans !

Surtout que, dans ce projet de révision des Zones Vulnérables Nitrates, seuls les territoires de Bourgogne sont concernés ! Sur toutes les zones karstiques du Doubs, il n’y a quasiment aucun changement alors qu’ils sont nécessaires ! L’eutrophisation des cours d’eau n’a absolument pas été prise en compte …Contrairement à ce que dit la loi !

Le stockage de l’eau : un non-sens que nous finirons par tous payer cher

Dans ce même communiqué, la chambre d’agriculture aborde également le sujet des retenues d’eau : “les crues récentes en appellent à notre responsabilité collective et doivent nous amener à réfléchir à l’opportunité de stocker une partie des débits de certains cours d’eau en période d’excès afin de pouvoir en faire usage en période de sécheresse.”

Le stockage de l’eau est un sujet très sensible et qui le devient de plus en plus année de sécheresse après année de sécheresse. Dans cet article du Monde “Stocker les eaux de pluie dans des retenues est un non-sens”, Christian Amblard, directeur de recherche au CNRS, explique : “les pertes par évaporation varient de 20 à 60 % des flux entrants. C’est donc une hérésie totale de faire passer en surface les ressources en eaux souterraines, qui assurent une humidification généralisée des sols, pour en perdre une part considérable par évaporation.”

Tant que les enjeux économiques du monde agricole n’auront de cesse d’être diamétralement opposés aux enjeux vitaux de la protection de la biodiversité, notre collectif continuera de porter haut la voix des rivières et l’importance des enjeux qu’elles représentent.



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