Les usager.es de l’UFR Sciences humaines ont appris dans différents conseils la volonté de la gouvernance d’utiliser les locaux de la B2UFR afin de mettre en place le projet "CAIRE", module de formation à l’IA. Il s’agirait ainsi de déplacer la collection Histoire - Histoire de l’art - Archéologie - Géographie en BU Droit-Lettres, dans le magasin et dans les rayons pour certains ouvrage. Concernant l’avenir de la salle de concours, la direction du pôle de documentation ne nous a donné aucune garantie : "rien n’est acté" nous a-t-elle répondu. Sur ce projet, il y a peu de transparence : presque aucune information claire ne filtre sur le devenir de ce précieux service, fonctionnel grâce au travail des documentalistes - qui nous en sommes sûr.es sont attaché.es à ces fonds. "Rien n’est acté", nous dit-on, mais la direction du pôle documentation nous a d’ore et déjà affirmé que "ce sera un déménageur professionnel qui opérera le déménagement". Ne nous traitez pas avec mépris : ayez le courage d’être honnête. La bibliothèque de secteur est un sanctuaire de savoirs et d’histoire pour les étudiant-es ! Avec ce projet, l’intégration oppressive de l’intelligence artificielle se fait par la destruction de l’héritage académique qui nous a été transmis en ces lieux. Battons nous pour sa conservation !
Face au manque de réponses claires de la part de l’équipe de direction du pôle de documentation, nous avons d’ore et déjà demandé une audience auprès de la coordinatrice du projet. Étant coordinatrice, celle-ci pourra nous en dire plus sur le futur déménagement de bibliothèque puisque cela semble déjà réglé dans des détails précis bien que "rien ne soit acté".
"Nos organisations syndicales ont été saisies de la menace de déménagement imminent (25 novembre) des collections de sciences humaines de la bibliothèque des UFR Langues et Communication, Lettres, Sciences humaines (B2UFR) pour laisser place à un centre nommé « Academ’IA ». Ce centre, relevant d’un consortium public/privé, est dédié à l’IA et financé à hauteur de 8 millions d’euros, par des subsides publics via un Projet d’investissement dit « d’Avenir » (PIA) [1]. Nous exprimons nos plus vives réserves sur le principe de ce centre et notre totale opposition à son installation dans les locaux de la B2UFR.
Le 16 octobre, le Conseil de l’UFR SHS a transmis une motion rejetant ce projet. Les étudiantes, les étudiants et les départements d’histoire et d’histoire de l’art viennent de faire de même et insistent sur l’urgence d’empêcher que soit détruite à bas bruit et dans la précipitation une institution indispensable à leur réussite. Les étudiant·es ont lancé une pétition déjà largement signée (plus de 900 signatures) et ont demandé à être reçu·es par Mme Rousseau, Vice-Présidente en charge de ce projet. Nos organisations syndicales soutiennent ces motions et s’associent à cette demande de rencontre urgente. Nous appelons les personnels de l’UBE à signer la pétition pour le maintien de la B2UFR dans son intégralité.
Fonctionnant depuis plusieurs décennies sous le nom de « Bibliothèque de section », transférée dans ses locaux actuels dans les années 1990, cette bibliothèque est le lieu où les étudiants préparent leurs exposés, travaillent leurs cours, révisent leurs examens, y constituent une bonne partie de leurs bibliographies de mémoires de Master, tant en histoire qu’en histoire de l’art et en archéologie. C’est aussi le lieu où les candidat·es du CAPES et de l’agrégation ont accès à des salles de travail et aux ouvrages en accès libre.
Cette bibliothèque de proximité est le produit de trente ans de travail des bibliothécaires, en concertation avec les équipes enseignantes des départements concernés. Il est faux de prétendre que le service rendu serait le même qu’à la BU Droit-Lettres. Tous les documents sont actuellement en accès libre. Il faudrait demain attendre une heure pour consulter un ouvrage du magasin, puisque ce service fonctionne déjà à effectifs réduits.
Nous nous interrogeons :
- Pourquoi réquisitionner cette bibliothèque, très fréquentée, qui contribue à la réussite des études et des concours ? Pourquoi dans ce bâtiment Droit-Lettres, dont chacun connaît le déficit en salles et en locaux ?
- Pourquoi l’Université Bourgogne Europe s’associe-t-elle à ce projet de spoliation ? La principale mission d’une université publique est-elle celle de la réussite de ses étudiant·es aux examens ou aux concours ou celle de la « démocratisation » de l’IA au compte des multinationales ?
- Pourquoi cette installation se déroule-t-elle dans l’opacité la plus complète ?
- Que va-t-il arriver aux collègues qui y travaillent tous les jours ? Nous nous interrogeons sur les effets de ces mesures sur les personnels des bibliothèques, et sur l’organisation de leur travail. Ce sont les sections les plus emprunteuses, quid de la B2UFR si elles partent ? Une fois la B2UFR vidée de la moitié de son fond, combien de mois de sursis pour la moitié restante ? Quid de la bibliothèque de lettres ?
Nous demandons que ce projet d’installation du centre Academ’IA soit définitivement abandonné et que l’ensemble des collections soient maintenues dans les actuels locaux.
L’université Bourgogne Europe veut-elle envoyer le signal que les ouvrages et la lecture sont devenus secondaires ? Qu’ils doivent être remplacés par l’apprentissage de l’IA générative, cette illusion collective qui nous saisit depuis deux ans ? Nos organisations considèrent à l’inverse que le rôle de l’université est d’être un espace de réflexion critique permettant d’interroger le rôle et les fonctions de l’IA, plutôt que de céder aux sirènes de ses promoteurs.
Organisations signataires : FercSup-CGT, FO-ESR, Snasub-FSU, Snesup-FSU, Sud Culture, Solidaires Étudiant·es, Sud Éducaction


Compléments d'info à l'article
Proposer un complément d'info