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[Suisse] Occupation temporaire de la contre-expertise de la forêt du Moulin d’Amour



Ce week-end, les 3 et 4 mars, des cabanes et installations temporaires ont poussé dans la forêt du Moulin d’Amour, au bord de la Venoge, sur la commune de Vufflens-la-Ville. Et pour cause ?

Cette forêt a été identifiée comme recouvrant un gisement de gravier potentiel par le Plan cantonal directeur des carrières 2014. Cet endroit est donc convoité par la redoutable entreprise Orllati SA. Située au bord de la Venoge – part du bassin-versant du Rhône – entre une source alimentant trois villages et une décharge dont les taux d’arsenic sont surveillés, cette forêt est idéale pour Orllati SA, dont le siège est situé à 8 kilomètres. Après avoir constaté dans la presse que des habitant-e-s se questionnaient sur ce projet, Grondements des Terres, un nouveau mouvement pour la défense des terres, s’est organisé pour y occuper les lieux et pour proposer une expertise démocratique et citoyenne, en invitant spécialistes des milieux forestiers, aquatiques et de la biodiversité à donner leur avis, les habitant·es de la région, et finalement proposer un espace où discuter plus largement de l’extractivisme, de l’industrie du béton, incarnée ici par le seigneur local Orllati. Orllati maîtrise bientôt tous les maillons de la chaîne de la construction et capte à chaque étape des marges financières qui font sa fortune d’aujourd’hui, sur le dos de nos ressources naturelles limitées.

D’une résistance locale à une critique globale

L’industrie du béton est la plus polluante en terme d’émissions de CO₂ en Suisse. Le sable – qui en est la composante majeure – constitue la deuxième ressource la plus convoitée sur terre après l’eau. La société capitaliste actuelle s’est rendue dépendante d’un matériau rentable, extrêmement polluant et fait pour ne durer que quelques dizaines d’années : c’est l’obsolescence programmée, contraire à toute optique de résilience et de durabilité. Aujourd’hui, l’industrie du béton profite aux quelques industries privées qui dirigent la chaîne de la construction. Après avoir ciblé Holcim, qui a vu ses profits bondir en 2022, parlons enfin d’Orllati. Cette entreprise milliardaire est active dans la démolition (d’un matériau fait pour être démoli), la construction, la vente de vide pour stocker les déchets de chantiers (ce qui leur rapporte 30.- le m³), la spéculation immobilière, et bientôt la géothermie profonde ! Nous voulons lutter contre l’empire Orllati, qui s’accapare des terres partout dans le canton, en fixant les prix et en menant en bateau les paysan·nes et habitant·es.

Des procédures douteuses

Aujourd’hui nous installons ces temps de discussion, de conférences et d’assemblées populaires autour du Moulin d’Amour, de la Venoge et pour parler d’Orllati, car depuis la présentation d’Orllati à Vufflens en mars 2022, aucune nouvelle n’est parvenue aux habitant·es. Les procédures se déroulent dans le flou le plus maîtrisé. De plus, nous avons eu l’information que le bureau d’étude d’impact mandaté pour étudier le projet, n’est autre que le fameux bureau Impact Concept, bureau co-dirigé par la députée PLR Carole Schelker, par ailleurs lobbyiste des gravières au parlement vaudois et porte-parole d’Orllati dans une présentation au conseil communal de Vufflens de 2013. A cause de ces conflits d’intérêts, et parce qu’il nous semble urgent de ne pas limiter l’expertise à ses côtés les plus techniques mais de surtout donner la voix aux habitant·es et d’entamer collectivement une réflexion sur l’usage de nos terres et de nos ressources, nous avons initié cette occupation temporaire !



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