La 5G débarque à Dijon : histoire d’un pylône



Quand la mairie de Dijon vole au secours de Bouygues en offrant l’asile à un pylône de téléphonie expulsé de Longvic !

On ne peut pas dire que l’édifice soit discret : le 1er avril 2021, un pylône de 24 mètres a été installé par le sous-traitant Cellnex pour le compte de Bouygues Télécom sur le terrain du foyer social flambant neuf rue Abrioux, en face des champs de courges et de patates du quartier des Lentillères. Quelques jours plus tard, les raccordements étaient faits, l’antenne-relais bien en place sur le pylône. Des jardinier·es, de l’autre côté du mur, ont observé perplexes l’opération s’effectuer en deux temps trois mouvements. Les riverain·es ont découvert ce nouvel élément de leur paysage en rentrant du travail : personne ne les avait prévenu. La chose n’avait pas non plus été notifiée aux résident·es du foyer : « Ah bon, c’est Bouygues ? Et ça a un rapport avec la fibre ? », me demande l’un d’entre eux de sa fenêtre, situé à quelques mètres du pylône.

Un pylône réfugié au pays des fous de « progrès »

Expulsé de Longvic, la commune voisine, voilà le pylône réfugié au pays des fous de « progrès » : car, comme nous le comprendrons au fil de notre petite enquête, Dijon n’a elle pas hésité une seconde pour accueillir l’installation. Il n’était en effet pas censé se retrouver là : Bouygues avait tenté quelques mois plus tôt la manière bourrine à Longvic, avec une installation sans aucune autorisation municipale sur un terrain privé. Le 21 janvier, l’antenne relais était érigée boulevard de Chicago, en catimini. Sauf que les voisin·es ne se sont pas laissé·es faire : pétition et délégation en mairie ont eu raison de l’édifice [1]. Absence de concertation, paysage modifié, crainte pour la santé : les arguments ne manquent pas (et pourraient bien resservir...). Surtout, le chantier est totalement illégal : « Aucune déclaration préalable » déposée auprès de la métropole, pourtant obligatoire pour les antennes-relais, reconnaît le maire PS José Almeida, qui prononce sous la pression populaire un arrêté interruptif de travaux [2]. Le 3 février, le démantèlement était officiellement demandé et l’antenne démontée. Une victoire efficace, contre « la politique du fait accompli », dira une élue.

Branle-bas de combat chez Bouygues et Cellnex, le sous-traitant : dans la course féroce à la couverture réseau en train de se jouer sur le territoire, il ne faudrait pas se faire distancier par Orange, SFR ou Free et vite trouver une place à ce pylône illégal. Hop, le 10 février, un dossier de déclaration préalable apparaît sur le bureau de la métropole dijonnaise, avec tout ce qu’il faut : plans, descriptifs de l’installation, photographies. « Dans le cadre de l’évolution du réseau de son partenaire, Cellnex souhaite lui permettre d’installer un relais de radiotéléphonie au 26 rue du commandant Abrioux 21 000 DIJON, afin de répondre aux attentes de ses abonnés, et étendre son offre Haut Débit mobile », peut-on lire dans le dossier récupéré au service des sols de Dijon Métropole (moyennant 20 euros de photocopies et deux semaines d’attente – la transparence et l’accessibilité ne sont pas les maîtres mots de cette affaire).

On peut y lire que le 11 mars, soit seulement un mois après le dépôt, les services de l’urbanisme de Dijon-Métropole tamponnent la demande et prononcent une « décision de non-opposition ». Ils n’auraient pas pu faire plus vite ! La voie est libre : depuis le décret du 10 décembre 2018 , qui semble écrit pour et par les opérateurs, les antennes relais bénéficient d’un régime d’exception : plus besoin de permis de construire ! Le critère de la hauteur de l’installation (auparavant 12 mètres) a été supprimé et « un permis de construire n’est exigé que pour les antennes relais dont la surface de plancher et l’emprise au sol dépassent 20 m², soit une infime proportion de projets », écrit l’avocate Chloé Schmidt-Sarels [3]. Et, depuis l’article 62 de la loi Elan de 2018, la Macronie a supprimé le délai de deux mois qui permettait l’information et la concertation autour des implantations d’antennes [4]. Il semblerait cependant qu’il faille tout de même fournir cette DIM (demande d’information en mairie) un mois avant la demande d’autorisation, document que la mairie de Dijon n’a pas réussi à nous fournir pour le moment, malgré nos relances.

Une installation provisoire ?

Mais pourquoi s’inquiéter ? Il n’est question que d’ « un pylône provisoire pour une durée de 6 mois », est-il écrit dans le dossier. Cellnex, joint par téléphone, précise qu’il s’agit d’empêcher en urgence « une rupture réseau » et donc de remplacer l’ « antenne située sur le toit de l’ex-bâtiment du foyer, qui va être démolie dans les prochaines semaines ». « Vu que mettre une antenne sur la terrasse du nouveau bâtiment demande des autorisations auprès du bailleur qui prennent du temps, on a posé un pylône, ça va plus vite ! », continue Philippe Lesne, notre interlocuteur chez Cellnex. Le pylône d’abord installé en toute hâte à 300 mètres de là, sur la commune de Longvic, était-il logiquement destiné à combler cette « rupture réseau » ? Mystère. La responsable du foyer de travailleurs étrangers (propriété du bailleur social Habellis) n’a pas souhaité s’exprimer sur la question, invoquant « un devoir de réserve » et nous renvoyant vers le service com’ de la mairie. Un habitant du foyer, dont la fenêtre est à quelques mètres du pylône confirme : « J’avais des problèmes de réseau fin janvier, on m’a dit que l’antenne avait été désinstallée. Juste avant notre déménagement du vieux bâtiment au nouveau, durant les premiers jours de février. »

« D’ici octobre/novembre, ce sera démantelé », nous rassure Philippe Lesne. En attendant, ses collègues ont quand même pris soin de faire des « photomontages d’insertion dans le site » pour le dossier, avec un angle permettant de cacher l’antenne dans les arbres. Mais en se décalant de quelques mètres, la voilà comme le nez sur la figure ! « Ça s’appelle "projeter des effets paysagers légers" », nous dit la fille d’un architecte.

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Vue choisie pour le dossier (l’antenne est cachée par l’arbuste)
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Point de vue décalé de 4 mètres

« Un jour, on ouvre nos fenêtres sur un pylône de 25 mètres ! »

« On est sidérés, s’exclame dans les colonnes du Bien Public un habitant de Longvic rue Jean Jaurès, de l’autre côté de la voie ferrée. On nous demande rien, on est mis devant le fait accompli et en une journée, on ouvre nos fenêtres sur un pylône de 25 mètres ! Et on nous dit que ce n’est pas nocif ! Je ne suis pas d’accord. » [5]

En fait, selon la carte de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) [6], consultable librement sur Internet, qui recense les différentes antennes-relais et leur débit, celle de la rue Abrioux, encore indiquée sur le toit du vieux bâtiment, a subit une « modification » le 16 octobre 2020. La date de préparation de conversion à la 5G ? Car la carte de l’ANFR indique que le pylône Bouygues est désormais émetteur 5G (sans que ni les travailleurs étrangers, ni les riverain·es, ni les habitant·es et jardinier·es des Lentillères n’aient été consultés ou simplement informé·es) [7]. « Je ne détecte pas de 5G ici, seulement de la 4G », nous annonce pourtant le technicien venu faire des mesures chez une riveraine. À qui cette fausse information est-elle donc destinée ? Les concurrents ? L’État, qui impose une couverture réseau dont les opérateurs savent déjà qu’ils auront du mal à assurer ?

Comme le déclare à mots couverts le dossier d’autorisation, en évoquant l’ « évolution du réseau » et beaucoup plus clairement Philippe Lesne, de Cellnex, « oui, les antennes vont toutes passer en 5G, et c’est la course en ce moment ». « En moins de 6 mois, ce sont plus de 32000 [8] antennes 5G qui ont été activées en France », écrivait fin avril l’association Priartem, qui agit « pour la protection de la santé et de l’environnement face aux risques liés à l’exposition aux ondes électromagnétiques ».

Et Dijon fait partie des villes qui ont donné leur feu vert aux opérateurs le plus rapidement, dès la fin de l’année 2020. Pourquoi tant d’empressement ? L’inquiétude est grande chez les industriels du secteur, qui évoquent une « saturation prochaine » du réseau 4G « d’ici 2022 ». On ne parle pas ici de coupure téléphonique ou de l’impossibilité d’envoyer un e-mail depuis son smartphone. De ce côté-là, rien à craindre, il y a désormais suffisamment d’ondes déployées sans interruption pour nous offrir ce service. La 5G va combler des besoins individuels pas encore réels, mais que certains sont heureux de prévoir : permettre par exemple le visionnage d’ultra HD ou de réalité virtuelle qui pourraient devenir difficiles à visionner vers 22h, à l’heure où la demande est la plus grande. Indispensable, vraiment ? D’autant que les personnes qui se trouvent chez elles peuvent déjà privilégier le Wifi au mobile et s’adonner à n’importe quelle connexion gourmande – la fibre est là pour ça.

Des ondes électromagnétiques traversent-elles ma maison ?
 
Rumi possède une maison située à 84 mètres de l’antenne-relais Abrioux. Début juin, elle a fait venir un expert chez elle pour qu’il mesure l’exposition aux ondes électromagnétiques, chose que tout le monde peut demander, gratuitement, aussi bien pour son domicile que pour des lieux accessibles au public comme des parcs. La demande est à faire à l’ANFR, qui dépêche un laboratoire accrédité et indépendant de tout opérateur. Le financement des mesures repose sur un fond public alimenté par une taxe payée par les opérateurs de téléphonie mobile. Le technicien est venu un mois après qu’elle a fait la demande.
 
Le technicien, du laboratoire Exem, a rappelé que l’Anses ne pouvait pas démontrer de risques sanitaires, car il est impossible de prouver une causalité scientifique directe entre un trop plein d’ondes et un état de santé dégradé. Les corrélations ne sont pas jugées suffisantes, bien que des personnes soient désormais reconnues électrosensibles ou que l’on sache que des lignes à haute tension provoquent des fausses couches chez des animaux d’élevage, ou que des règles interdisent l’implantation d’antennes à proximité d’écoles ou de lieux de soins. Le principe de précaution ne peut s’appliquer qu’après une étude scientifique sérieuse, disent les textes de loi. N ’est-ce pas un peu le serpent qui se mord la queue ?
 
« La 5G, que je ne détecte pas ici, émet en réalité des ondes permanentes très faibles, et ses antennes lancent un laser directionnel à la demande. Alors que la 4G est une technologie qui déploie des ondes en continue », a précisé le technicien. En fait, la 4G peut suffire à nous faire flipper : elle va continuer à être émise même avec l’arrivée de la 5G et son « effet parapluie » touche davantage celles et ceux qui vivent entre 50 et 150 mètres de l’antenne, souvent encore moins au courant de l’existence de l’édifice (celleux qui sont à moins de 50 m ne seraient ainsi pratiquement pas touchés par les ondes). De plus, les antennes 5G ne remplaceront pas les autres, elles s’ajoutent pour couvrir des réseaux qui sont réceptionnés par des technologies différentes.
 
Chez Rumi, la moyenne est d’environ 0,7 V/m au rez-de-chaussée, et les chambres au premier sont plus touchées : 2,01 V/m dans l’une d’elle (le point chaud). Les valeurs varient localement avec la hauteur de la mesure, et la présence ou non de barrières physiques (maisons voisines, murs). Pour la pièce du point chaud, la réception est beaucoup plus importante, car placée en face de l’antenne Bouygues et dans un des cônes d’émission (azimuts) d’une autre antenne Orange située aussi dans le quartier (il y a 3 azimuts par antenne, pour les antennes 2, 3, 4, 4G+). Appeler un technicien permet ainsi de découvrir d’autres antennes insoupçonnées… sympa la surprise ! Le point chaud est au dessus de la moyenne qui se situe à 0,78 . Sur 20 mesures par semaine environ, le technicien identifie une seule mesure de ce calibre. C’est lorsque le chiffre 6 V/M est atteint, que l’ANFR envoie un rapport à l’opérateur qui est tenu d’agir pour diminuer l’intensité du signal reçu sur l’endroit. La valeur seuil pour le retrait d’une antenne est de 28 V/m.

Un monde aux antipodes d’une société technologiquement sobre et respectueuse du vivant

La 5G, c’est ainsi l’utilisation de nouvelles bandes de fréquences pour faire passer des débits de données plus rapides et plus ciblés [9]. Pour convaincre la population, on nous parle du bonheur de télécharger à la vitesse de l’éclair un film en haute définition. Le coût social, environnemental et sanitaire de la nouvelle infrastructure 5G vaut-il ce genre de priorité ? En réalité, il est difficile de comprendre l’utilité réelle (et sociale) de cette 5G, tant les besoins semblent fabriqués par des industriels dans leur course au progrès technologique : objets connectés, voitures autonomes et « smart cities » sont constamment évoqués comme justification. Ce qui ne répond certainement pas aux besoins de base de la population mais bien à ceux qui rêvent d’un monde aux antipodes d’une société technologiquement sobre et respectueuse du vivant, qui tenterait de freiner les logiques extractivistes et le désastre climatique en cours. C’est d’ailleurs ce que dénoncent une belle poignée de scientifiques dans leur appel au boycott publié le 1er mai dernier dans le quotidien Libération [10]. Le rapport « LEAN ICT - pour une sobriété numérique » est très clair : la tendance actuelle de surconsommation numérique dans le monde n’est pas soutenable au regard de l’approvisionnement en énergie et en matériaux qu’elle requiert.

Qu’importe : d’autres défendent un monde dévoreur d’énergie et de matières premières : François Rebsamen et Pierre Pribetich sont de ceux-là. À l’automne dernier, alors qu’une dizaine de grandes villes (dont Lille, Marseille, Grenoble) ont exigé un moratoire sur la 5G en attendant les résultats du rapport de l’Anses, alors que certaines municipalités se sont lancées dans des procédures de concertation avec leur population, Dijon n’a même pas jugé bon de de feindre une quelconque conscience écologique : « Le progrès n’est pas un accessoire inutile et dangereux » [11], a prévenu Rebsamen au dernier conseil municipal de l’année 2020, en balayant la demande des élus EELV de moratoire sur la 5G. On peut bien candidater au label « capitale verte européenne » et faire exploser les demandes énergétiques et l’extraction de minerai rare à l’autre bout du globe, où est le problème ? C’est ainsi que Pierre Pribetich se réjouissait de l’ouverture prochaine de ces méga autoroutes de la communication, lors du démarrage officiel de la 5G de l’opérateur Orange, le 4 mai dernier. « C’est de l’attractivité économique. (…) C’est une manière de montrer que la ville de Dijon est naturellement en accompagnement d’une technologie qui est prometteuse », déclarait-il. À ses côtés, des start-up locales promouvaient leurs inventions inutiles. Pardon, « prometteuses ». On apprenait ainsi que la 5G allait permettre à l’entreprise Yumain de révolutionner la nutrition du 3e âge : « Yumain travaille sur la nutrition des personnes âgées notamment en comparant des images de plateaux repas avant et après leur consommation. » « On parle de plusieurs milliers d’images à transmettre dans un temps très réduit », souligne le professeur Michel Paindavoine. La start-up Foxar nous vend de la pédagogie ultra-rapide sur tablette tandis que Florent Perraud, ancien joueur professionnel de football, s’enthousiasme de la possibilité prochaine de recevoir sa bouteille de coca directement à sa place de stade, grâce à telle géniale nouvelle application [12].

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Oui à l’antenne, non à la maison commune ?
 
D’un côté du quartier libre des Lentillères, l’érection fulgurante de ce monstre de métal, de terres rares et de fils, imposé aux riverain·es. De l’autre côté, une charpente en bois de chêne massif, fruit de l’élaboration collective des habitant·es, érigée au mois de mai dernier. Cette image offre un contraste saisissant ! D’un côté, une antenne installée sans préavis pour la population alentours, sans débat public, avec l’aval express de Dijon Métropole, pour un usage au service de quelques oligopoles industriels dont il est évidemment inutile d’interroger l’utilité sociale. De l’autre, une grande bâtisse à usage collectif, agricole et social, dont l’existence est menacée par Dijon Métropole, qui n’est pas prêt à la même mansuétude.
 
Encore une fois, cette image cristallise le symbole d’une lutte d’un monde contre un autre, où d’un côté s’impose un monde de relations interposées, dominées par les technologies, les applications, les réseaux et l’occupation virtuelle. Et de l’autre, de vrai·es gens·tes agissent pour organiser leurs vies, leurs relations, éprouver en acte leurs désirs de partage, d’apprentissage, de communauté. Des personnes qui mettent en acte des modes de vie et d’organisation autonome, démocratique, réflexive et critique face à un rouleau compresseur technocratique qui se fait du beurre en bousillant la planète et en volant les imaginaires humains…

Tous ces bâtisseurs du monde de demain se réjouissent : l’Anses a annoncé au printemps qu’il n’y a « pas de risques nouveaux pour la santé au vu des données disponibles » [13]. Son rapport indique pourtant que les études n’ont pas été menées sur les nouvelles fréquences utilisées par la 5G, et qu’il n’est guère possible d’extrapoler les résultats obtenus avec les technologies précédentes. L’incertitude demeure, donc, en matière de risque sanitaire, mais le déploiement continue. Pour Sophie Pelletier, présidente de l’association PRIARTEM, « le rapport ne lève aucun des doutes en matière d’exposition du grand public aux champs électromagnétiques. Pire, il confirme que l’arrivée de la 5G s’accompagnera d’une augmentation de 30% des niveaux de champ auxquels seront exposés riverains d’antennes et utilisateurs d’objets connectés, totalement contraire à la sobriété électromagnétique ». Et elle prévient : « Le Haut Conseil pour le Climat a commis un rapport particulièrement critique quant aux effets de la 5G sur les émissions de gaz à effet de serre du secteur du numérique. » [14]

Alors, que faire ?

Quelles marges d’action possibles pour enrayer la machine, à Dijon ou ailleurs ? Y a-t-il une méthode plus efficace qu’une autre ? Quelles luttes conjointes pourrait-on mener ? Voici pêle-mêle quelques idées :

1) Occuper les bureaux de l’urbanisme à Dijon Métropole pour exiger de voir la Déclaration d’information en mairie (DIM), comme l’opérateur Bouygues est obligé par la loi de l’avoir fourni, un mois avant.
2) Exiger la suppression de l’article 62 de la loi Elan de 2018, afin de rétablir l’obligation du Dossier d’Information en Mairie (DIM), qui devait être légalement fourni par l’opérateur au titre de la loi Abeille, deux mois avant le dépôt de la déclaration préalable.
3) Exiger une consultation des riverain·es et habitant·es à chaque fois qu’une antenne-relais est installée, partout en France. Exiger donc le démantèlement du pylône, puisque cela n’a pas été fait ici.
4) Couper quelques fils, une nuit sans un bruit
5) Faire calculer les ondes, à de nombreux endroits, par l’ANFR, afin d’alerter sur les points chauds.
6) Boycotter les objets connectés et tout ce qui fait consommer de la 4G et de la 5G
7) Rejoindre les campagnes massives d’opposition aux antennes, en se mettant en lien avec l’association Priartem ou les Robin des toits, qui donnent aussi tout un tas d’outils pour se défendre face aux ondes des opérateurs.

Et… se retrouver pour en parler, c’est peut-être un début !

[Chronologie] De la manif au sabotage, la résistance s’organise
 
25 janvier 2020 : première manifestation internationale contre la 5G.
2 avril : incendie d’une antenne téléphonique à Belfast, aux cris de « Fuck 5G » et « Viva la Revoluciòn ».
15 avril : destruction avec des cocktails molotov d’une antenne relais Orange 4 G à Foncine-le-Haut (Jura). Environ 1500 personnes sont privées de portable durant une semaine. Les deux hommes ont aussi tenté de mettre le feu à un McDonald’s à Champagnole. Le 20 juillet, ils écopent de 3 et 4 ans de prison ferme.
28 avril 2020 et le 4 mai : manifestation à la Haye (Pays-Bas).
3 mai : incendie d’une antenne-relais à Douai (Nord).
Dans la nuit du 6 au 7 mai : incendies sur l’antenne relais d’Aubigny-lès-Pothées (Ardennes).
14 mai  : une antenne-relais de l’opérateur SFR a été volontairement brûlée, chemin de Garric à Toulouse.
11 juin  : une antenne relais de téléphonie située entre Quint-Fonsegrives et Flourens à l’Est de Toulouse est incendiée.
16 juin : deux personnes interpellées, alors qu’elles pénétraient sur le site de l’antenne-relais 5G de Contes en pleine construction. Le dispositif de 21 mètres avait déjà été plusieurs fois la cible d’attaques (ventilateurs dégradés, câbles sectionnés), symboles de la contestation que mènent depuis près d’un an les habitants de la commune, le maire et le collectif NARF (Non à l’Antenne-Relais Free) contre son installation, à coups de discussions publiques et de recours en justice.
Nuit du 18 au 19 juin : une antenne-relais de l’opérateur Orange est incendiée à Pechbusque près de Toulouse.
19 septembre : manifestation contre la 5G à Lyon.
25 novembre : des centaines d’habitant·es interromptent le démarrage de l’implantation d’une antenne relais sur le site du Château d’eau, à Saint-Nicolas-de-Redon.
13 février 2021 : manifestation à Montpellier.
 
Entre mars 2020 et janvier 2021, plus de 121 antennes relais ont été dégradées en France. Plusieurs centaines d’’autres l’on été en Angleterre, Irlande, Pays-Bas, Belgique, Chypre, Nouvelle-Zélande, ...


Notes

[2Son directeur de cabinet m’informe qu’il ne souhaite plus s’exprimer sur l’affaire, occupé par « d’autres dossiers »

[4Ce dispositif pour plus d’information et de concertation avait été instauré par la loi Abeille en 2015, mais les opérateurs cherchaient à s’en débarrasser, « prétendant qu’ils alourdissaient leur mission de couverture du territoire. C’est assez savoureux lorsqu’on connaît la réalité des pratiques des opérateurs… qui cherchent essentiellement à obtenir les meilleurs emplacements dans les zones très peuplées, pour une rentabilité maximum », Laurence Abeille, ex députée écologiste du Val de Marne de 2012 à 2017. Reporterre, 15/06/2018

[5« Antenne 5G : le problème a été déplacé de 300 mètres », Le Bien Public, mercredi 28 avril 2021.

[7Le top départ chez Bouygues pour la 5G était indiqué au 1er décembre 2020. https://www.numerama.com/politique/312368-deploiement-de-la-5g-quel-est-le-calendrier-defini-par-leurope.html

[13« 5G : pas de risques nouveaux pour la santé au vu des données disponibles », ANSES, 20 avril 2021.

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