[Calais] Après une semaine de siège l’immeuble occupé est expulsé par le RAID



Depuis le 4 février, un immeuble inhabité était occupé lors d’ une journée de mobilisation internationale à l’initiative des familles et des proches des personnes décédées aux frontières.

Cette réquisition, pour dénoncer les politiques migratoires meurtrières du Royaume-Uni, de la France et de l’UE, s’est terminée le 11/02 matin.
D’autres occupations menées en parallèle tiennent toujours.

Le 11/02 - Tribune de la part des occupant.e.s de la rue d’Ajaccio

« Depuis l’expulsion de la jungle de Calais la police expulse et saccage les campements toutes les 48h, empêche les associations de distribuer eau et nourriture, contrôle et enferme les personnes exilées à la moindre occasion, maintenant une pression continue et mettant ainsi entre 1000 et 1500 personnes dans une précarité extrême.

Les bâtiments ouverts cette dernière semaine l’ont été dans la perspective d’ouvrir des lieux de soins, de soutien et de vie collective pour les personnes à la rue et dans le besoin.
La répression immédiate de ces initiatives par l’expulsion de la tour démontre que l’état refuse toute organisation populaire pour palier aux problématiques qu’il crée.

Cette présence démesurée alimente les tensions dans le quartier, les policiers n’hésitant pas à gazer des familles et les groupes venus soutenir l’occupation enfumant les appartements et exprimant ainsi la réponse de l’état : des moyens extrêmement coûteux et violents pour faire taire des initiatives de solidarité populaire.

Ce matin un hélicoptère du RAID a été déployé pour expulser les occupants de la tour, lançant des grenades assourdissantes dans le bâtiment alors que des gens étaient présents à l’intérieur !
Malgré cela une seule personne a été interpellée et le reste a pu sortir au nez et à la barbe des flics !
Soutien et force aux camarades interpellés tout au long de cette occupation !
Les seuls étrangers sont les flics dans les quartiers !

Les bâtiments vides, souvent publics, sont partout, bien que des dizaines de milliers de personnes ne peuvent avoir accès à un toit dans le pays et ce en plein milieu de l’hiver et alors que le plan grand froid n’a pas été activé cette année à Calais.

Nous affichons notre soutien au voisin.es forcé.es à quitter leur lieu de vie pour des logements beaucoup plus éloignés du centre ville et qui risquent une expulsion.
Les loyers sont chers, les logements sont vides, avec ou sans nous, squats partout !

Nous marquons notre immense gratitude aux habitant.es pour leurs sourires et leurs énergies ainsi qu’à la cantine solidaire qui vient chaque jour devant les bâtiments.
Et merci la chorale, on va s’aimer !

La solidarité n’a pas de frontière, à bas les états et les frontières, liberté pour toustes ! »

Calais – logement pour toustes

08/02 - Nous ne nous laisserons pas faire !

« Depuis le vendredi 4 février, nous occupons un bâtiment rue d’Ajaccio à Calais, inhabité depuis 1 an. Cette occupation est intervenue dans le cadre de la commémoraction, une journée de mobilisation internationale à l’initiative des familles et des proches des personnes décédées aux frontières pour dénoncer les politiques migratoires meurtrières du Royaume-Uni, de la France et de l’UE.

A Calais, environ 1500 personnes (sur)vivent dans la rue dans des conditions de vie inacceptables. Les personnes exilées occupent des terrains vagues et n’ont pas accès aux services de première nécessité : logement, assainissement, eau, nourriture et soins médicaux. L’État impose des conditions d’extrême précarité et d’invisibilisation par des expulsions illégales toutes les 48 heures, des vols d’effets personnels par la police, des démantèlements illégaux sans possibilité de se défendre devant un juge, des violences policières récurrentes. Les gouvernements français et britanniques, Natacha Bouchart et tous leurs amis, ont délibérément transformé une question politique en crise humanitaire, maintenant les personnes qui veulent passer la frontière dans une situation de survie.

Mais les exilé.e.s ne sont pas les seul.e.s à connaître la précarité et l’absence d’accès au logement dans le Calaisis. L’ensemble de la cité auquel le bâtiment appartient est destiné à être expulsé puis détruit. Tandis que certain.e.s dont celles.ceux du bâtiment que nous avons occupé en ont déjà été expulsés, d’autres s’opposent.

Depuis plusieurs jours nous occupons une tour de 10 étages à Calais. En parallèle nous occupons d’autres bâtiments dans la ville. Par cette occupation, nous voulons exprimer notre soutien politique et matériel aux personnes exilées bloquées a la frontière franco-britannique.

En ce moment nous sommes assiégé.es par la police qui a déployé un énorme dispositif répressif : ils tentent de couper l’électricité à l’aide de techniciens d’Enedis, ils interdisent le ravitaillement en eau et nourriture et sont en train de rentrer dans le bâtiment.

Nous appelons à nos camarades à Calais et ailleurs aux habitant.e.s solidaires du quartier Fort Nieulay à venir massivement soutenir l’occupation et à multiplier les occupations de bâtiments vides !
Liberté de circulation pour toustes ! »

Les habitant.e.s des bâtiments occupés en ce moment à Calais

07/02 - Un toit c’est un droit, même à Calais

« Nous sommes un groupe de personnes de différents pays qui se battent pour le droit de chacun et chacune à un logement digne et sûr. Nous occupons actuellement, depuis plus de 48 heures, certains des nombreux bâtiments de la ville de Calais qui restent vides et gaspillés pendant que les gens dorment dans les rues.

Nous occupons ces espaces dans l’espoir de briser le cercle vicieux de la violence et de la déshumanisation de l’État et de la police qui se poursuit à Calais et dans le monde entier pour faire respecter les frontières nationales. Nous voulons créer les espaces ouverts, protégé de la violence de l’Etat et des discriminations, où le statut administratif d’une personne n’a pas d’impact sur sa capacité à satisfaire ses besoins fondamentaux, à faire l’expérience de la solidarité et à vivre dignement.

A Calais, environ 1500 personnes (sur)vivent dans la rue dans des conditions de vie inacceptables. Les personnes exilées occupent des terrains vagues et n’ont pas accès aux services de première nécessité : logement, assainissement, eau, nourriture et soin médiaux. L’Etat impose des conditions d’extrême précarité et d’invisibilisation par des expulsions illégales toutes les 48 heures, des vols d’effets personnels par la police, des démantelements illégaux sans possibilité de se défendre devant un juge, des violences policières récurrentes. Les gouvernements français et britanniques, Natacha Bouchard et tous leurs amis, ont délibérément transformé une questions politique en crise humanitaire, maintenant les personnes qui veulent passer la frontière dans une situation de survie.

De plus, le travail des associations est systématiquement entravé par l’État : contrôles d’identité et fouilles régulières des véhicules, intimidations, pierres bloquant l’accès aux points de distribution de nourriture. Le travail des personnes solidaires à la frontière est soumis à une telle pression que la lutte pour le logement est mise de côté.

Nous rappelons que le logement est un droit fondamental et qu’il ne peut y avoir d’expulsion des espaces que nous habitons sans décision de justice exécutoire et qu’une expulsion ne fait pas partie des actes d’enquête prévus dans le cadre de la flagrance. Nous exigeons l’arrêt de toutes les expulsions à Calais, notamment les expulsions dans le cadre de la flagrance et le démantèlement des lieux de vie par des soi-disant “mises à l’abri” forcés. Nous exigeons la régularisation de tous les squats de la vile. Nous exigeons la fin du harcèlement des personnes bloquées à la frontière, ainsi que les personnes qui les soutiennent, par la police. Enfin, nous exigeons la réquisition immédiate de tous les bâtiments vides à Calais et que des solutions concertées et durables soient proposées à tous les habitants et habitantes, quel que soit leur statut administratif ou leur vulnérabilité.

Nous demandons à une personne solidaire des personnes à la rue et des personnes bloquées à la frontière, à toute personne qui croit au droit au logement à venir nous aider à défendre les bâtiments que nous occupons ! »

Les habitant.e.s



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