Solidaires Jeunesse et Sports demande l’abandon du SNU

La section Jeunesse et Sports de Solidaires fait son retour d’expérience après deux mois de « séjours de cohésion » qui initient la mise en place du SNU.

Cela fait maintenant plus de deux mois que les séjours de cohésion sont terminés et que l’Administration reste silencieuse sur les différents retours d’expériences (les fameux RETEX) émis par les services. Ce long silence questionne grandement lorsque nous connaissons les multiples « couacs » vécus dans les séjours. On croirait que l’Administration se transforme en « Grande Muette », comme une dérive de la militarisation des esprits, engendrée par le Service National Universel (SNU).

Pour lutter contre ce silence, SOLIDAIRES JS a fait le choix de mener son propre retour d’expérience à l’aide d’échanges nombreux avec les partenaires associatifs, les salarié.e.s des séjours, les responsables de services et les collègues en charge de ce dispositif. Face à l’omerta et à la pression mise sur les collègues pour que rien ne soit divulgué sur le SNU, les éléments que nous énoncerons ne seront pas géographiquement identifiables. Surtout, ce retour apparaît comme primordial alors que ladite mission nationale de la SNU (MNSNU) devrait officialiser sous peu la mise en route de deux séjours de cohésion par département en 2022 dont un devant se tenir avant les élections présidentielles...

« Des inscriptions sous forme de gruyère, Jeunesse Comté-vous »

Pour rappel, cette campagne SNU de 2021 avait comme objectif initial d’attirer 30 000 jeunes mais très rapidement et en un tour de passe-passe, l’objectif est tombé à 20 000 en quelques semaines, sans être jamais atteint. Dans les faits, des centaines de jeunes inscrit.e.s ne sont pas venu.e.s, d’autres encore ont décidé de quitter les séjours en cours de route et certain.e.s ont été exclu.e.s (pour des motifs divers). On estime à 15 000 les jeunes réellement accueilli.e.s dans les séjours, un véritable échec de cette lubie gouvernementale. Rappelons que la jauge devrait être fixée à 800 000 si cette folie devenait un jour obligatoire comme évoqué lors de la dernière campagne présidentielle.

« Une communication verrouillée au service du taisez-vous »

Depuis le début, le Gouvernement fait de la communication l’alpha et l’omega de sa politique, le SNU n’y a logiquement pas échappé. Cela conduit donc à ce que très peu de personnes, même au sein des services JS (SDJES ou DRAJES), ont été informées de ce qu’il se passait réellement dans les séjours SNU, favorisant les dérives sur lesquelles nous reviendrons.

Pour assurer le verrouillage, certaines académies ont fourni des directives de communication aux agent.e.s (ou salarié.e.s du SNU) avec des réponses préparées, d’autres ont refusé à la presse l’accès des centres.

Enfin, une plateforme interne a été créée pour recenser les « problèmes » au sein des séjours pour que l’État soit immédiatement informé et puisse en répondre. Cette joyeuse plateforme nommée « Sphinx » a eu près de 1 000 signalements lors des séjours 2021. Dans les informations à remplir sur « Sphinx », il fallait répondre à cette question : « Présence ou risque de sortie dans la presse ou les réseaux sociaux : possible/probable/effective ».

« Sur le papier, les séjours SNU sont des ACM, sur le papier seulement »

Pour rappel, les séjours SNU sont considérés comme des Accueils Collectifs de Mineurs (ACM) et répondent ainsi à une certaine réglementation.

Dès le mois de juin, nous alertions (tout comme le SEJS-UNSA dans un communiqué du 18/06/2021) sur les risques sanitaires de maintenir ces séjours dans une telle désorganisation, avec des conditions dégradées pour accueillir les jeunes et surtout avec des équipes encadrantes très inexpérimentées et souvent non qualifiées. Cette désorganisation est en grande partie de la responsabilité de la MNSNU qui a passé son temps à inventer de nouvelles consignes - souvent contradictoires - jusqu’au début des séjours. Nous savons d’ailleurs que certains Rectorats se sont opposés à la multiplication de ces consignes.

Le bilan est simple, très simple. Plusieurs centres ont été fermés pour cause de « cluster », imposant aux familles de venir récupérer des enfants malades et de se mettre en danger elles-mêmes. Dans plusieurs centres les auto-tests sont arrivés après le début des séjours : cherchez l’erreur !

Les recrutements à la hâte d’équipes encadrantes ont eu des conséquences non-négligeables et parfois dramatiques pour les jeunes. En effet, il a été relevé des propos racistes dans plusieurs centres et des comportements déplacés. Ces dérives ont entrainé des licenciements et en ont poussé d’autres à démissionner pour ne pas cautionner ces actes. Par ailleurs, nous pouvons aussi affirmer que dans plusieurs centres des personnes ont été recrutées alors qu’elles ont l’interdiction d’exercer auprès des mineurs entraînant de facto leur licenciement. Alors que l’Etat impose désormais aux clubs sportifs de vérifier l’honorabilité de ses bénévoles, force est de constater qu’il s’affranchit de cette obligation en tant qu’organisateur d’ACM. Nous estimons que les services ne sont pas responsables de ces dérives, car soumis aux injonctions absurdes et incessantes de la volonté politique, qui n’est pas capable de mettre les moyens humains pour assurer une mise en œuvre convenable d’un dispositif que nous dénonçons dans tous les cas. L’avenir du SNU est son abandon, rien de plus.



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