Un rapport pointe les abus policiers en terme d’outrage et rébellion

Chez les gendarmes c’est environ 500 dossiers qui sont traités chaque année dans le cadre de cette protection fonctionnelle alors que du coté de la police c’est pas moins de 20 000 dossiers qui sont traités chaque année.

Un rapport de 2013 l’Inspection générale de l’administration affirme que les fonctionnaires de la Police Nationale font un usage abusif de poursuites pour "menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages". L’institution pointe notamment deux faits : entre 2006 et 2012 on passe de 8,7 millions d’euros pour la prise en charge des frais de justice des policiers à 13,2 millions sans que des changements procéduraux ne puissent l’expliquer, de plus la comparaison avec la gendarmerie révèle là aussi des écarts inexpliqués. Chez les gendarmes c’est environ 500 dossiers qui sont traités chaque année dans le cadre de cette protection fonctionnelle alors que du coté de la police c’est pas moins de 20 000 dossiers qui sont traités chaque année.

D’après le rapport la manne financière apportée par les outrages ( autour de 600 euros par affaire) aura fait tourner la tête de nombreux policiers pour qui c’est un moyen peu risqué et qui permet de rajouter du beurre dans les épinards. Un policier cité dans le rapport a ainsi déposé 28 dossiers en une seule année et ils sont quand même plus de 200 à avoir posé plus de 5 plaintes pour la seule année 2012. L’inspection de préciser : « Certains policiers, certes peu nombreux, se sont même faits une spécialité de ce type d’intervention au point que les juges les aient repérés et aient substantiellement réduit les dommages et intérêts accordés » et de rajouter « Faut-il assurer la Protection Fonctionnelle d’un policier qui va contrôler l’identité d’un SDF, apparemment alcoolisé, qui stationne sur la voie publique sans autre comportement répréhensible, et qui réagit en prononçant des injures ? »

Face à l’ampleur des abus constatés, l’IGA propose une solution radicale : ne plus payer les frais d’avocat dans les affaires d’outrages, injures et rébellion sans violence physique.

C’est d’ailleurs sûrement cette fâcheuse tendance à abuser de l’outrage qui explique l’arrestation d’un postier mal garé par la police municipale de Lyon :

Interpellation raciste et violente d’un facteur place des Terreaux

La police nationale n’a pas le monopole de l’agressivité, de la violence, des contrôles au faciès ou des gardes-à-vue gratuites... Les municipaux savent aussi très bien mobiliser tout le répertoire d’action du harcèlement policier. C’est ce qu’ont montré ceux de Lyon lundi en fin d’après-midi, devant un public nombreux.

A lire sur Rebellyon.info


Articles de la même thématique : Justice

Les violences policières ne sont qu’une partie des problèmes suscités par l’existence de la police

À l’heure où des manifestations massives animent les États-Unis contre les violences policières racistes, résonne le slogan « abolish the police ». En France, les revendications autour de la police visent en général davantage l’arrêt de certaines pratiques policières (clé d’étranglement, plaquage ventral, contrôles au faciès, etc.) que l’abolition de l’institution policière elle-même. Acta.zone a sollicité Gwenola Ricordeau pour nous éclairer sur cette revendication et ses implications concrètes.

Pour que cesse le confinement de notre lutte et de nos amitiés

Ce texte, publié sur le blog Nous sommes tou-te-s des malfaiteur-euse-s, est porté par des personnes mises en examen dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur des militants de Bure. Il a été rédigé par le biais de complexes allers-retours du fait de leurs contrôles judiciaires qui les obligent à « s’abstenir de rentrer en relation » entre elles. Par cette tribune, publiée également sur Reporterre et Mediapart et faisant suite à une enquête en trois volets elles souhaitent se réapproprier tant bien que mal une expression collective face à cette répression atomisante.

Les avocats reconduisent la grève, rassemblement le 12 mars

Réunis ce jeudi 5 mars en assemblée, les avocats du barreau de Dijon ont décidé de reconduire la grève contre la réforme des retraites. Ils appellent par ailleurs à un rassemblement devant le Palais de Justice jeudi 12 mars.