8 mars 2024 à Dijon - Face aux attaques du gouvernement, des droites et extrêmes droites : Toustes en grève féministe !



Le 8 mars 2017, dans le monde entier, des femmes et minorités de genre ont décidé de faire grève en même temps : elles ont repolitisé la journée du 8 mars, qui est redevenue un jour de révolte et de lutte contre le patriarcat et le capitalisme.

Le 8 mars, ce n’est ni la fête des mères, ni la fête des femmes, ni la journée de la femme : pour l’Assemblée de la Grève féministe de Dijon c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre. L’Assemblée générale de la grève féministe prépare depuis septembre 2023 la journée du 8 mars 2024, pour voir se reconstruire localement la seconde grève féministe de Dijon.

Les inégalités se creusent davantage, les prix explosent, il devient difficile de se loger, se chauffer, se nourrir convenablement. L’idéologie libérale vise à casser et à privatiser les services publics (hôpital, école, EHPAD, logement) et ce sont les femmes qui compensent cette carence au détriment de leur carrière et de leur santé.

Les violences sexistes et sexuelles ne diminuent pas : les prédateurs sexuels peuvent être considérés comme fierté nationale, et les masculinistes expriment sans complexe leurs appels à la haine. Les idées de l’extrême droite, qui n’a jamais été du côté des femmes ni des minorités de genre, gagnent du terrain, et sont même reprises au plus haut sommet de l’État. Les politiques natalistes comme le réarmement démographique impliquent toujours le contrôle de nos corps, que leur motivation soit nationaliste, raciste ou d’ordre économique.

Nous dénonçons tous les crimes de guerre, les viols de guerre quels que soient les bourreaux. Nous sommes aussi solidaires des Palestinien·nes, qui subissent une violence coloniale génocidaire. Aucun·e de nous n’est libre tant que nous ne sommes pas toustes libres !

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L’Assemblée de la Grève Féministe de Dijon porte le projet d’une société réellement égalitaire, où le genre ne détermine pas les rôles, n’assigne pas à des positions. Nous partons des besoins des plus vulnérables pour construire nos revendications, dans un souci de justice sociale. Les femmes, les minorités de genre, les personnes racisées, les précaires et les personnes en situation de handicap subissent de plein fouet la pauvreté, les violences et les discriminations, et ce d’autant plus au travers d’appartenances croisées, intersectionnelles.

Notre objectif : une société débarrassée de toute forme de domination, d’oppression, de discrimination et d’exploitation.

La grève féministe permet de faire le lien entre la violence économique capitaliste et la violence patriarcale à l’encontre des femmes et minorités de genre. La grève du 8 mars n’est pas une grève au sens classique du terme, mais une grève féministe qui rend visible le travail des femmes et des minorités de genre.

Quand les femmes s’arrêtent de travailler, c’est le monde qui s’arrête !

Nous appelons, le jour de la grève féministe à :

  • faire la grève du travail salarié, et faire la grève du travail des étudiant·es, des stagiaires, des apprenti·es, des chômeur·euses, des mères au foyer, des retraité·es
  • faire la grève des courses et de la consommation
  • faire la grève du travail domestique, du ménage, de la cuisine, du linge, des devoirs,
  • faire la grève du travail émotionnel -ce travail de soin qui consiste à offrir des signes d’affection ou d’attention en sacrifiant ses propres besoins- et de la charge mentale.

Nous voulons l’égalité dans nos métiers, nos statuts, nos salaires et nos pensions :

  • la revalorisation des métiers féminisés (éducation, soin, nettoyage…) et l’égalité salariale
  • la revalorisation des petites retraites, notamment celles des mères au foyer et des aidantes, et l’abrogation de la réforme Macron. La retraite à 60 ans pour toustes !
  • une véritable reconnaissance et valorisation du travail des femmes « conjointes-collaboratrices » (agriculture, artisanat, etc.)
  • l’annulation des lois qui pénalisent les chômeurs·euses et les bénéficiaires du RSA
  • la mise en place du congé menstruel, et toutes les protections périodiques accessibles et gratuites
  • la réduction du temps de travail pour toustes

Nous voulons l’égalité dans la vie familiale, avec du temps pour vivre :
un vrai partage des tâches ménagères et d’éducation, de la charge mentale et la reconnaissance du travail invisible, domestique et émotionnel
la mise en place d’un véritable plan de soutien aux familles monoparentales
une augmentation de l’indemnité et l’allongement du congé de parentalité pour les deux parents
de vrais services publics qui répondent à nos besoins, de la petite enfance jusqu’à la perte d’autonomie
l’accès à la PMA aux personnes trans, quel que soit leur état civil
un droit effectif à l’avortement et à la contraception pour toustes ; l’IVG doit être inscrite dans la Constitution comme un droit. Des enfants si je veux, quand je veux !

Nous voulons faire de l’éducation un réel moteur pour l’égalité :

  • une éducation à l’égalité, aux différentes identités de genre, contre le sexisme, le racisme, le validisme, avec l’ambition d’abolir les haines et les discriminations
  • l’application de la loi sur l’éducation à la vie affective et sexuelle, avec de la prévention dès le plus jeune âge
  • fin de l’enseignement de l’histoire des dominants, réinterroger la place des femmes et des minorités de genre, le colonialisme et l’impérialisme français, pour une histoire populaire
  • refus de l’instrumentalisation de la laïcité à des fins sexistes et islamophobes, en particulier à l’école

Nous voulons lutter contre les violences sexistes, sexuelles, LGBTQIAPhobes* :
*LGBTQIAPhobes : Discriminations contre les Lesbiennes Gays Bisexuel·les Transgenres Queers Intersexes Asexuel·les Pansexuel·les

  • un véritable plan d’action contre le sexisme au travail et à l’université, contre la culture de l’inceste et son déni, contre les violences sexuelles subies par les personnes âgées en EHPAD et les personnes en situation de handicap en institution ; la fin de toutes les violences médicales, gynécologiques, obstétricales ;
  • un vrai accompagnement des victimes avec des places en hébergement et du soutien psychologique gratuit, une réflexion nationale sur la justice restaurative ; la fin de l’impunité des agresseurs et de leurs complices
  • un plan d’urgence pour loger et soutenir toustes les jeunes LGBTQIAP+ rejeté·es par leur famille ; un véritable accès au changement d’état civil qui respecte le principe d’autodétermination ; la dé-psychiatrisation et la dépathologisation effective des transidentités
  • la fin des violences à l’encontre des personnes en situation de prostitution, qu’elles se déterminent comme "travailleur·euses du sexe" ou "survivant·es" : insultes, vols, braquages avec armes, viols, agressions physiques, violences conjugales, harcèlement et cyberharcèlement, contrainte à la prostitution, violences dans le pays d’origine et pendant le parcours migratoire, violences policières, répression administrative.

Nous voulons vivre dans une société où les conditions de vie sont dignes et où les droits humains sont respectés pour toustes :

  • Liberté de circulation pour toustes les migrant·es, régularisation des sans-papier, accueil inconditionnel des réfugié·es politiques et des victimes de violences de genre, et abrogation de la loi Immigration
  • La fin de toutes les violences policières et de l’impunité des hommes au pouvoir
  • La fin de la politique urbaine et industrielle destructrice. Stop le béton, et du vivant pour notre avenir !

Ras l’bol du patriarcat ! Nous voulons l’égalité en droits, et l’égalité de fait !

Le 8 mars 2024, nous vous invitons à rejoindre la mobilisation de l’Assemblée de la Grève Féministe :

12h à 14h : Zone d’occupation féministe, avec un forum d’associations, collectifs et syndicats, des discussions thématiques, des activités pour les enfants, stand repas, sur la place Darcy

14h à 16h30 : Manifestation en centre-ville, départ de la place Darcy à la place Wilson

17h-19h : Goûter / apéro de l’adelphité, à la bourse du travail en chansons avec l’Alchoorale (17 rue du Transvaal)

20h30 : Soirée aux Tanneries (37 rue des ateliers)

Le 8 mars 2024 à Dijon, on grève, on débraye, on sèche les cours, on se retrouve et on manifeste. Le patriarcat nous veut isolé·es, bloqué·es dans une routine infernale de travail-courses-école-dodo. Pourtant, si nous marchons toustes ensemble, si nous nous mettons en grève, nous pouvons paralyser le pays tout entier. Le 8 mars, toustes ensemble, on envahit les rues contre le patriarcat, contre les violences de genre, pour l’augmentation des salaires, contre les réformes et les lois du gouvernement sur l’immigration, le chômage et le logement, en solidarité internationale avec les femmes et minorités de genre du monde entier.

Sortons de chez nous, retrouvons-nous, tissons les liens de solidarité qui seront la base de nos victoires féministes !

Signataires : Assemblée de la grève féministe de Dijon, Collectif 25 Novembre, LDH 21, Attac 21, CGT 21, FSU 21, Solidaires 21, Acablantes, Robes orange et noire, Les Orageuses, Le coin des LGBT Dijon, XR Dijon, UCL Dijon, DAL Dijon, La Bancale, Quartier libre des Lentillères, Solidaires étudiant.es Dijon, UNEF Bourgogne, FEBIA Bourgogne, AUBE

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