Analyse de Akira : le mouvement politique qui dérange tous les autres



Un groupe d’individu·es s’est déclaré candidat aux élections présidentielles dans une démarche très originale et révolutionnaire. Rapidement, les médias dominants et les influenceurs des réseaux GAFAM se sont moqués et acharnés sur cette simple déclaration.

Introduction

J’ai découvert l’existence de Akira sur un journal télévisé du géant allemand Bertelsmann [1] (chaîne M6 ; 19:45), le mouvement était présenté rapidement dans la rubrique « web », ainsi que ridiculisé et discrédité. Le tout appuyé par les commentaires moqueurs des « réseaux sociaux ».

Et là tout de suite, une question simple et pragmatique se pose à moi :

Si Akira est un mouvement politique qui se présente aux élections présidentielles, pourquoi ne pas se moquer de leur idées politiques justement ?

D’ailleurs, les idées politiques de ce mouvement ne sont pas évoquées par le journal télévisé et encore une fois, les médias dominants préfèrent laisser leur audience dans l’ignorance et la confusion.

En résumé, la première fois que j’apprends l’existence de Akira, ce mouvement est décrédibilisé par les médias capitalistes, raillé par les « internautes » qui vivent sur les réseaux des GAFAM et ignoré par tous les autres partis politiques.

La forme est moquée, le fond est totalement occulté.

Tous ces signes grossiers me laissent penser que Akira dérange la bourgeoisie.

Alors pourquoi ?

Nous devons nous pencher sur le fond politique que propose Akira dans sa courte déclaration.
Encore une fois c’est à nous de faire nos propres recherches. Ces médias capitalistes ne servent vraiment à rien pour nos classes populaires, ils sont encore et toujours des ennemis de classe ouvertement déclarés.

Médias partout, info nulle part !

1. Akira, ça dit quoi ?

Lutte des classes, Écologie sociale et anticapitaliste, Féminisme, Internationalisme, Antifascisme, Anti-totalitarisme et Révolutionnaire.

Toutes ces valeurs inventées par la classe ouvrière ont été évoquées, ce parti a donc la prétention de les représenter, c’est clair et limpide. En attendant, aucun autre parti politique électoraliste ne défend toutes ces valeurs réunies.

C’est d’ailleurs la première fois que je vois toutes ces notions combinées en dehors des milieux libertaires (anarchistes).

Mais les libertaires n’aiment pas les élections et appellent au boycott de cette mascarade depuis presque 200 ans. Les anarchistes veulent atomiser le pouvoir et non le prendre, afin de créer un système politique horizontal, autogéré, égalitaire et solidaire.

Akira est selon moi très proche de la pensée libertaire, cette stratégie de communication est donc assez originale, voir contradictoire de premier abord.

Pourtant la déclaration laisse penser que la démarche n’est pas d’obtenir le pouvoir, mais bel et bien de perturber ces élections présidentielles de 2022.

Selon le média indépendant Reporterre [2] :

Akira, qui présente son nom comme étant « synonyme de rage et d’espoir » propose de « répondre à l’urgence du désastre » par une candidature révolutionnaire qui permettrait à celles et ceux qui veulent s’organiser, d’« écrire ensemble le monde de demain ».

Aucun parti politique n’a d’intérêt à ce qu’un tel mouvement se développe.

Akira est l’adversaire ouvertement déclaré de la bourgeoisie, donc des partis de droite, d’extrême droite, de la gauche social-traître et de Macron.

La « candidate » de Akira déclare : « Comme vous je vois le monde brûler. Je vois cette pandémie engendrée par l’exploitation de la planète emporter les plus faibles et les plus pauvres […] je vois les puissants se réfugier dans leurs bunkers dorés, alors que les océans sont en feu. »

Je n’ai jamais entendu une candidate à l’élection présidentielle parler ouvertement de la catastrophe climatique tout en ayant une démarche de lutte des classes.

Akira met Europe Écologie Les Verts devant son hypocrisie sur le capitalisme.

Akira est trop libre, émancipé·e et révolutionnaire pour être dirigé·e par les trotskystes ou tout autre marxiste-autoritaire.

Akira est un cauchemar pour tous les partis politiques, ce mouvement sera donc constamment attaqué et va cristalliser toute la haine de la bourgeoisie contre nos classes populaires.

2. Masqué·e donc moqué·e

Cette démarche de se masquer dans un but politique est très efficace pour collectiviser des idées, ou éviter de créer un culte du chef et de la hiérarchie comme le font tous les autres partis.

D’ailleurs les politiciens bourgeois disent toujours : « Il ne faut pas regarder la personne qui représente un parti, il faut regarder les projets et les idées. »

Ah bon ? Alors pourquoi faire autant de culte de la personnalité dans leurs meetings et leurs affiches. Et c’est sans parler des médias dominants… je n’ai jamais autant entendu le nom « Zemmour » de toute ma vie que ces dernières semaines. Pourtant j’ai beaucoup écouté Youssoupha [3].

Akira prend la bourgeoisie au mot en se masquant, donc en se penchant sur le fond politique et non sur le charisme du chef ; mais aussi en changeant de représentante entre le début et la fin de la déclaration.

Reporterre : « Contrairement au mode de scrutin des élections présidentielles en France, Akira n’est pas une seule personne ; et à la fin du discours, profitant d’une pluie de confettis dorés dans les airs, la candidate s’éclipse, et c’est une autre Akira qui fera une sortie théâtrale du jardin. »

Cette démarche fait penser à nos camarades zapatistes qui sont toutes et tous le « sous-commandant Marcos » [4].

Malgré cette candidature saine qui a le mérite de mettre en avant les idées révolutionnaires, je vois que les détracteurs se sont retrouvés rapidement en nombre sur internet pour s’attaquer uniquement à la forme (les masques, les vestes Matrix, le nom, le manga et leur supposée origine bobo).

C’est une vielle méthode de la bourgeoisie qui est utilisée ici. Ne pas donner de crédibilité à un mouvement politique qui se masque, ou plutôt à un mouvement politique sans chef.

Un chef est facilement corruptible par la bourgeoisie, contrairement à une masse unie qui réfléchie et agit collectivement.

3. La supposée origine bobo

Selon la fachosphère et les confusionnistes d’internet, Akira serait un groupe de bobos.
En faisant mes recherches sur les réseaux merdiques des GAFAM, j’ai pu voir des tas de suppositions complotistes sur l’origine de ce groupe d’individu·es.

I.elles seraient donc des bobos, étudiant·es en marketing et communication, des énarques, des étudiant·es en arts, des act·rices de théâtre, des membres du groupe fasciste les brigandes, des écolo-bobos qui possèdent des grosses fermes à la campagne, des membres du "lobby LGBTQIA+", des membres du "lobby féministe", des agents « discrets » de la candidate écologiste Sandrine Rousseau, un complot de LREM, des libertin·es qui veulent proposer de l’éducation sexuelle en maternelle, des satanistes...

Je n’ai pas relevé toutes les conneries de ces cyber-warriors fascistes et bourgeois bien sur. Comment peuvent-ils déduire autant de « théories » en ne sachant même pas qui est derrière les masques de Akira ?

En vérité, nous ne savons pas si ielles sont des bobos. Leur présentation a des allures de Fashion Week certes. Mais en regardant de plus près, ces militant·es ne m’inspirent pas forcement la grande richesse, en tout cas je sais m’habiller mieux que ça, comme la majorité de la classe ouvrière.

Je pense plutôt que Akira joue à merveille avec les codes du capitalisme et de la bourgeoisie avec : de la stratégie de communication, des looks qui ne laissent personne indifférent, des paillettes, des couleurs non utilisées par les politiciens bourgeois (noir, or et violet).

I.elles déclarent sur Reporterre :

« On voulait cibler un lieu un peu classe, un peu prestigieux, pour annoncer la candidature Akira à l’élection présidentielle de 2022. »

Ce musée n’a pas été choisi au hasard, c’est ici qu’est exposée la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, peinture de Jean-Jacques-François Le Barbier (dit l’Aîné) (1738 - 1826).

Selon ces militant·es, le lieu est propice à appuyer leur message « universel », et il est vrai que leur discours a été clairement internationaliste.

L’INTERNATIONALISME [5], voila une valeur très importante inventée par la classe ouvrière et très présente dans cette courte déclaration de Akira. Une valeur qui a totalement « échappé » aux détracteurs issus des médias dominants et des réseaux GAFAM.

Admettons que le groupe d’individu·es se réclamant de Akira soit effectivement composé de bobos. Les valeurs qu’ielles prônent sont toutes issues de la classe ouvrière la plus combative. De plus ielles disent clairement que n’importe qui peut être Akira en rejoignant le mouvement et ses valeurs.

Ainsi, un·e habitant·e des quartiers pauvres peut devenir un·e Akira anti-colonialiste.
Un·e prolétaire se réclamant de Akira sera donc un·e Akira ouvrier·e.
Un·e maraîcher·e deviendra un·e Akira farouchement écologiste et crédible.
Ou encore un·e graffeu·se peut devenir un·e membre acti·ve du service communication.

En bref tout le monde peut être Akira, et le mouvement deviendra ce que nos classes populaires en feront.

Le défaut politique de cette « candidature » pour le moment, est justement de ne pas avoir assez de militant·es, vu qu’il vient tout juste de naître.
Mais notre rage collective ne date pas d’aujourd’hui !

Ainsi c’est à nos classes populaires d’apporter les mots et les méthodes qui manquent à Akira :

Décolonialisme, collectivisation des moyens de productions et des terres agricoles, autogestion, anti-autoritarisme, syndicalisme révolutionnaire, organisation politique horizontale, émancipation sociale, éducation populaire, solidarité de la classe laborieuse,…

C’est d’ailleurs par solidarité de classe, que je défends intellectuellement Akira aujourd’hui.

Conclusion

Malgré une forme assez bizarre qui laisse la place à la moquerie et au dénigrement, Akira semble être réellement révolutionnaire dans le fond.

L’idée est bonne selon moi, le mouvement part de rien et peut devenir une réelle contestation massive de nos classes populaires, notamment chez les plus jeunes.

À voir, à suivre…

Le système électoral et politique est à bout de souffle, certains dominants s’y accrochent jusqu’à exercer la violence meurtrière.
Il est vraiment temps que nos classes populaires arrêtent de se revendiquer « apolitiques », soyons toutes et tous des politicien·nes farouchement anti-autoritaires et anti-capitalistes.
Détruisons le pouvoir politique centralisé, hiérarchisé, opaque, violent et injuste.

Créons notre propre système politique par une organisation horizontale et populaire, basée sur la solidarité, l’égalité sociale, la collectivisation des terres agricoles et des moyens de production, la force et la détermination collective ainsi que sur les libertés individuelles poussées au maximum.

Les ultra-riches se sont toujours imposés par la violence physique jusqu’à atteindre des horreurs que nous ne devons pas oublier, ni pardonner.

Aujourd’hui, nos classes populaires doivent relever la tête, dépoussiérer leur héritage révolutionnaire et par conséquent faire face aux politiciens du système.



Notes

[3Youssoupha a été attaqué par Zemmour en justice pour les paroles d’une de ses chansons. Voir aussi https://www.factuel.info/blog/affaire-youssoupha-pourquoi-tant-de-haine

[5Internationalisme : Issu des révolutions du XIXe siècle, l’internationalisme est un mouvement politique qui souhaite la fin des confrontations entre les nations impérialistes ainsi qu’entre les classes sociales. Il recherche la solidarité internationale entre les prolétaires. Il s’oppose aux guerres entre les peuple, au racisme et au nationalisme .

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