Enseignants numériques et élèves virtuels ?

Jean-Michel Blanquer vient récemment d’annoncer pour septembre un développement de l’enseignement à distance. S’il profite des circonstance dramatiques pour imposer sa « vision » de l’éducation, les limites de ces méthodes d’enseignement à distance sont aujourd’hui criantes, après 2 mois d’expérimentation à grande échelle.

Dès le 10 mai, Jean-Michel Blanquer annonce pour septembre un développement de l’enseignement à distance « C’est l’occasion de moderniser le système éducatif » confie-t-il au journaliste du JDD. Cette phrase résonne étrangement aux oreilles des enseignants qui sortent épuisés de deux mois de classes virtuelles, de cours dématérialisés, de correspondances par mail avec leurs élèves. Quelle modernité ? Celle qui suppose que chaque famille est équipée de matériels informatiques performants et coûteux ? Celle qui s’apprête, sous prétexte d’innovation pédagogique, à bannir les corps de l’espace public, le lien maître/élève ? Le ministre est-il digne de confiance quand il profite de circonstances dramatiques pour imposer sa « vision » de l’éducation, celle qui lui tenait déjà à cœur quand il n’était encore que recteur d’académie à Créteil ? Quelle occasion unique de réduire les dépenses de l’état en matière d’enseignement ! Vous voulez moins d’élèves dans vos classes ? Pas de problème ! Quinze auront la possibilité d’assister à des cours avec un professeur pendant que les quinze autres déchiffreront des PDF et tenteront de se frayer un chemin dans le dédale informatique. Plus d’heures ? Simple. A la maison, deux heures payées une heure et en plus, on peut travailler en mangeant du chocolat !

L’interaction ? Des pixels !

La voix ? Pour quoi faire ?

Les livres ? Obsolètes !

De toutes ces questions qui engagent l’avenir de plus de 12 millions de personnes, les enseignants du lycée Le Castel à Dijon réunis en Assemblée Générale mardi 12 mai ont discuté et ils sont tombés d’accord sur plusieurs points :

  • Non à un « scénario mixte » qui transformerait peu à peu l’école en plateforme numérique.
  • Oui à une école ouverte, vivante, à des classes à effectifs réduits, à des enseignements diversifiés, oui à une rentrée sans les réformes Blanquer en voies professionnelles, technologiques et générales, oui à des enseignants passionnés par leur discipline qui aiment partager leur savoir avec leurs élèves dans une salle de classe !
  • Oui à une politique constructive qui ne considère pas qu’allouer des moyens à l’éducation menace l’économie d’un pays, son PIB.
  • Non à l’instrumentalisation de la crise sanitaire pour cautionner le pire, le contrôle généralisé, le secret médical menacé.
  • Oui à une médecine du travail protectrice et respectueuse !

Les enseignants du Castel et d’ailleurs disent « oui », oui à une école à taille humaine, intelligente et attentive à tous et donc, ils refusent la réforme des lycées et la refondation numérique de leur métier au nom de la « modernité ».

Le moment est mal choisi, Monsieur Blanquer pour être sourd et dire « non » à tout. Ecoutez les élèves et leurs familles, les enseignants et ne faites pas comme votre consœur ministre de la santé qui en 2019 n’a rien compris à la colère des soignants.

Communiqué d’enseignants du lycée Le Castel, réunis en assemblée générale le 12 mai, soutenu par les sections syndicales CGT Educ’action, FO, FSU, Sud Education.



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