Souvenez-vous. A la suite d’une précédente manifestation, une minorité ultraviolente avait scandaleusement dégradé un local de LaREM à Chalon [1]. Probablement des white blocs voulant discréditer le mouvement social contre la retraite à points.
Nous ne laisserons pas faire les casseurs en col blanc : l’AG interlutte de Chalon a décidé d’apporter un soutien matériel aux familles des vitrines durement touchées par cette attaque et d’empêcher toute intrusion dans ce local en murant sa porte d’entrée.
Une chaîne de solidarité s’est ainsi mise en place cette semaine, afin de fournir les matériaux et les compétences nécessaires à la construction du mur : des manuels scolaires obsolètes ont ainsi afflué de tous les établissements scolaires du chalonnais, afin de constituer des parpaings de fortune. Le vendredi matin une réunion de chantier avec des spécialistes en bâtiment a permis de déterminer quel mortier serait le plus adapté pour jointoyer les moellons, compte-tenu des contraintes techniques importantes en ce 24 janvier : un froid glacial et un temps de pose réduit puisqu’il fallait rejoindre rapidement la manifestation. Après d’interminables palabres entre experts, le choix s’est porté sur une résine polyester.
Il a fallu moins de 10 minutes aux maçon-ne-s pour bâtir un mur devant la porte d’entrée de la permanence LaREM, qui résistera longtemps aux attaques et aux intempéries.
On nous reprochera très certainement cet édifice, et nous voyons déjà de quels arguments les esprits chagrins useront : le non-respect des normes du bâti, de la réglementation sur l’isolation, de la sécurité du chantier, etc.
Faisons amende honorable et disons le tout de suite : oui, ce chantier n’a pas respecté toutes les règles. C’est bien connu les délais dans le bâtiment sont ce qu’ils sont aussi n’avions nous pas eu le temps de déposer un permis de construire en bonne et due forme. Mais nous avons considéré que l’urgence de la situation justifiait de passer outre les tracasseries administratives. Par ailleurs, concernant la sécurité, nous pouvons rassurer les autorités : tout a été fait pour garantir l’intégrité physique des piétons passant à proximité, le chantier ayant été signalisé par les panneaux adaptés, ce que les photographies de l’article en lien attesteront.
Une fois le mur construit nous avons rejoint la manifestation. Les travaux ayant occasionné de nombreux gravats, les manuels scolaires restant ont été jetés à la déchetterie puisque le parcours passait devant la sous-préfecture.
Le chantier s’est poursuivi toute l’après-midi : un second mur a été monté sur les marches du tribunal, cette fois constitué de manifestant-e-s brandissant des panneaux « NON » à Macron et son monde. Une entreprise d’urbanisme située près d’un méandre de la Saône vers le port nord de Chalon a apporté son précieux concours en retapissant la ville tout au long du parcours, avec de magnifiques tissus, sur lesquels on pouvait lire entre autres : « Désobéir », « Destitution »...
Tout cela en musique, en dansant, et ponctué de la flashmob « A cause de Macron », magnifiquement interprétée par les Rosies. A noter que l’ensemble des travaux a été supervisé depuis le doblo-sound-system de Solidaires par notre ami François, toujours convalescent suite à l’agression policière du 9 janvier, mais déjà de retour et déterminé. La manifestation s’est terminée sur les voies de la gare SNCF, où Thierry, notre Showparleur, a tenté de recruter les voyageur-ses pour les prochains chantiers.
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