#68 Résurgences fascistes



Où il est question de fascisation médiatique et d’inversion des valeurs.

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Chronique Dijoncter - #68 Résurgences fascistes
Mardi 8 novembre 2022
Chronique pour Radio Campus Dijon

Texte de la chronique :

Il faut bien se rendre à l’évidence, l’idée d’un retour du fascisme en France n’est plus si improbable qu’elle ne l’était il y a quelques décennies lorsque le souvenir traumatique des camps de la mort était encore bien présent. Quelques gauchistes visionnaires nous prévenaient pourtant : attention, la bête n’est pas morte ! Le capitalisme, tant qu’il ne se sentait pas vacillant feignait de faire son travail de barrage, se donnant des allures progressistes.

Mais voilà qu’une crise frappe encore une fois, prévisible comme toutes les crises. Et puis le terrorisme. La peur des gens, l’extrême droite qui se frotte les mains. Bolloré, notre Berlusconi français fait main basse sur un nombre conséquent de médias, ne cessant de rendre le racisme de plus en plus acceptable et la gauche de plus en plus minorisée dans l’espace médiatique. Pourtant, la grogne demeure. Des mouvements sociaux, pour les retraites, les salaires, la dignité, décevants parfois, mais toujours là. Et puis les gilets jaunes qui avaient découverts ensemble le conflit social, le mépris de la classe politique, des médias et la violence des flics, qu’iels se sont mangés en pleine poire. Des coups de flashball dans la tronche qu’on leur a mis pour leur faire passer l’envie de s’émanciper. Iels s’en souviendront jusque dans leur chair.

Il n’empêche qu’iels ont la trouille les bourgeois.es. Un·e bourgeois·e qui a peur ça se reconnaît à la matraque tâchée du sang de sa police. Police raciste, classiste, qui frappe les pauvres et les racisé·es, tue pour un mauvais regard, une gueule trop bronzée, un coup d’accélérateur un peu suspect lors d’un contrôle surprise, arme au poing. Et puis les fascistes qui paradent librement dans les rues. Derniers recours des bourgeois·es apeuré·es. Nous vivons dans un monde médiatique dont les valeurs semblent inversées. « Les antifas sont les vrais fascistes, les féministes sont les vraies sexistes, les antiracistes sont les vrais racistes ». Jean-Michel Boomer à la télé nous le répète à l’envie et avec les félicitations du jury autoproclamé des éditorialistes de salons. Nous le savons, leur manière de nuire est de retourner nos valeurs contre nous. Le facho, ça n’a honte de rien, ça récupère tout. Au lieu de féministes iels sont femmellistes, masculinistes, super hétéros, tous grimés en opprimés, singeant la révolte dans une dernière insulte à nos luttes. Il y en a même pour justifier le fascisme par le désastre écologique qui arrive.

Aujourd’hui, face à la menace, il existe néanmoins un vivier de militant.es déterminé.es, des associations, des partis, des groupes informels qui peuvent faire le choix de s’allier pour leur faire manger leurs dents. Pour continuer de faire trembler la bourgeoisie et sa clique de nazillons assoiffés de violence, regroupons-nous, plus déterminé·es que jamais ! Les barbares, ce sont eux.

Texte de l’Union Communiste Libertaire Dijon, initialement publié comme édito des Tanneries pour le mois de novembre 2022.



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