Assigner et punir : la longue peine de Kamel Daoudi

Après 10 ans d’assignation à résidence et 12 000 pointages à la gendarmerie, Kamel Daoudi ira-t-il en prison pour un retard de 31 minutes ?

Jeudi 4 octobre, une audience surréaliste se tiendra au tribunal correctionnel de Saintes en Charente-Maritime. Kamel Daoudi, assigné à résidence depuis le 25 avril 2008 devra y répondre de la commission de deux infractions : un retard de 50 minutes lors d’un « pointage » à la gendarmerie et une violation de son obligation d’assignation à domicile de 31 minutes. Il encourt 1 an d’emprisonnement pour la première, trois ans pour la seconde. Nous avons eu accès à cette procédure qui mêle le meilleur de Kafka, Michel Foucault et OSS 117. Nous sommes pourtant loin du théâtre de boulevard ou de la comédie satirique puisqu’il s’agit ici, pour les autorités, de réduire à néant la vie d’un homme et de sa famille. Décryptage.

Ce qui reste d’Auschwitz, Giorgio Agamben

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