Les publicités toxiques et climaticides dans les rues doivent cesser



Communiqué de presse des Amis de la Terre contre la publicité dans les rues dijonnaises.

Dijon et métropole : Le contrat de mobilier urbain avec le publicitaire Clear Channel est terminé, les publicités toxiques et climaticides dans les rues doivent enfin cesser !

Vieux de quinze ans, le contrat liant la métropole dijonnaise au publicitaire se termine le 22 octobre 2022. Depuis plus de dix ans, les Amis de la Terre Côte-d’Or demandent, arguments à l’appui, par courrier et voie de presse à François Rebsamen, maire de Dijon, président de Dijon métropole et aux maires de l’agglomération de nettoyer nos villes des publicités pour des multinationales privées. Et il y a bientôt deux ans, l’association a écrit une lettre ouverte destinée à François Rebsamen et à tous les maires de la métropole avec un objectif simple : ne pas renouveler ce contrat finissant le 22 octobre 2022. Nous n’avons jamais reçu la moindre réponse à cette demande. Un déni flagrant de démocratie !

A tous les maux de la publicité [1] dans l’espace public, s’ajoutent les recommandations du GIEC [2]. Nous rappelons que depuis quatre mandats, la métropole accepte dans les rues tous les contenus publicitaires toxiques, mensongers et contraires à la politique que la Ville et la métropole développent depuis 2001 : le mieux manger (publicités pour la malbouffe et des alcools partout, y compris devant les écoles, collèges, lycées et université. Et devant la Cité de la gastronomie !). Promotion des transports doux et en commun (publicités permanentes pour des voitures, voir des voyages en avion), engagement pour le Climat (publicités pour des banques Climaticides et qui financent la bombe atomique). Accueil des touristes (publicités pour se rendre dans d’autres contrées, françaises ou étrangères), bien être animal (publicités pour des zoos concentrationnaires ou parcs d’attraction), sexisme, ...

Vendre les rues dijonnaises aux multinationales pour seulement 0,15 % du budget métropolitain ?

Ce contrat publicitaire est certes un apport financier (600 000 € par an) mais il ne représente que 0,15 % du budget de la métropole (382 920 000 € en 2022). La sobriété énergétique s’impose également : les 650 panneaux d’affichages publicitaires sont éclairés toutes les nuits, alimentés directement en électricité sur l’éclairage public ! Ce sont donc les citoyens de la métropole qui payent ce gaspillage. Et comment qualifier l’attitude de demander aux gens d’éteindre la lumière en sortant d’une pièce tout en permettant ce pur gaspillage nocturne ?

Si le président et les élus de la métropole ne sont pas capables, en ne renouvelant pas ce contrat, de faire un pas simple et peu coûteux, mais avec une grande portée et efficacité vers les nécessaires sobriété et lutte Climatique, alors les dijonnais vont devoir s’inquiéter réellement de leur capacité à préserver l’avenir.

22 octobre : Dijon Métropole fait preuve d’inaction climatique !

A partir de ce 22 octobre, à Dijon et dans les communes de l’agglomération, chaque publicité qui envahit nos rues sur le mobilier urbain (abribus et panneaux sucettes), chaque publicité pour des voitures, vêtements, smartphones, alcool et malbouffe ..., chacune de ces incantations à la surconsommation est une preuve de l’inaction climatique de nos élus, du dédain envers la population et notamment les jeunes.

Le Tram est déjà exemplaire !

Pourtant, la métropole gère déjà de façon exemplaire les arrêts du Tram, qui ne comportent aucune publicité, mais uniquement des informations culturelles et institutionnelles ! Nous avons proposé une solution alternative pour les arrêts de bus : mettre en valeur les initiatives citoyennes, associatives locales, voir commerces locaux, qui constituent une richesse sur le territoire [3].

Chaque jour, François Rebsamen offre donc à la vue des citoyens et des touristes plus d’un millier d’affiches incitant à la surconsommation, au mépris de la lutte Climatique.

Mais à quoi pensent François Rebsamen et tous les élus de la métropole ? Ont-ils entendu parler du dérèglement climatique ? Ont-ils lu le dernier rapport du GIEC intitulé « Atténuation du changement climatique » [4] ? Il réaffirme la nécessité d’agir RADICALEMENT au plus vite afin d’inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre, pour demeurer sous la barre des + 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Il présente les solutions qui s’offrent - s’imposent ! - à l’Humanité pour atteindre cet objectif.

Parmi elles, figure pour la première fois la régulation de la publicité : diverses manières de réduire les émissions sectorielles inhérentes à la consommation en impulsant un changement de comportement à grande échelle. La publicité y est aussi bien évoquée à travers son aspect socioculturel et politique. 40 à 70% de la réduction des émissions d’ici 2050 peut être atteint grâce à l’atténuation de la demande. Parmi les dynamiques susceptibles de modifier les comportements, l’acte de consommation est décrit comme une pratique sociale sur laquelle la publicité détient un pouvoir important.

Et maintenant ligne rouge contre la pub dans nos rues

A compter du 22 octobre 2022, chaque jour où la publicité persiste sur les abribus et panneaux sucette est un jour de perdu pour le Climat. C’est purement et simplement inadmissible dans le contexte actuel de dérèglement climatique. Alors que les générations nouvelles sont soi-disant la préoccupation du Président de Dijon Métropole, alors que 45% de jeunes sont touchés par l’éco-anxiété [5], nous sommes indignés par le mutisme, l’immobilisme et le laisser-faire de nos élus en place.

L’Etat français est hélas souvent condamné : pour inaction climatique, pour dépassement des normes de pollution de l’air, de l’eau ... Les dijonnais devront-t-ils recourir également aux tribunaux pour que les bons discours du maire et président de Dijon Métropole soient suivis d’effets à l’échelle des besoins imposés par la lutte Climatique ?

Merci aux dijonnais de venir renforcer les associations luttant contre la pub, Les Amis de la Terre, Extinction Rebellion (XR), ... et merci à nos élus d’enfin comprendre le lien entre surconsommation et destruction du Vivant, pour passer à l’action concrète : nettoyer nos villes des publicités toxiques.



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