Double meurtre de Valence : les responsables de l’exclusion doivent payer

Ce jeudi 28 janvier à Valence, dans la Drôme, un homme a tué par balle une conseillère Pôle Emploi et la DRH de l’entreprise où il travaillait auparavant. Les responsables de l’exclusion à l’origine de cet acte désespéré doivent payer. Communiqué de Précaires Solidaires 21.

Aujourd’hui nous souhaitons, adresser bien sûr nos plus sincères condoléances aux proches des personnes décédées, et notre soutien, pour ce qui va suivre, à la personne poussée à bout et à ses proches.

Il ne faut pas se leurrer ce drame est un acte qui aurait pu être évité, mais tout comme les suicides d’étudiants, tout est mis en place aujourd’hui à coup de réformes libérales pour que cela devienne inévitable.

Nous ne pouvons, ni ne voulons parler à la place des précaires. Si nous avons choisi ce nom c’est que nous sommes précaires, nous voulons nous organiser autour de cette question avec ceux qui le désirent. Nous pouvons néanmoins témoigner de plusieurs situations qui malheureusement expliquent ce qu’il s’est passé dans la Drôme.

Nous avons cet exemple d’une femme, Camille, totalement désemparée quand elle a appris son licenciement. Force Ouvrière, chez qui Camille était syndiquée, n’a pas saisi la détresse de cette personne, et lui a conseillé de revenir les voir quand le licenciement serait effectif.
Harcelée à son travail, elle ne dormait plus à l’idée d’y retourner pour un entretien préalable à licenciement, à l’idée de se retrouver au chômage. Sa vie de famille en pâtissait forcément, son compagnon avait envie de débarquer à son entreprise pour frapper sur le petit chef.
Sa plainte pour harcèlement avait été classé par la gendarmerie sans même que son chef qui l’avait collé contre le mur soit entendu. Tout était fait dans l’entreprise pour la pousser à la démission, on avait ordonné à ses collègues de ne plus lui parler.
Des solutions existent mais ni les représentant du personnel de son entreprise, ni les services de la DIRECCTE [1] (a l’époque sous les ordres de Madame Belbey) pourtant mis au courant, ne lui ont apporté un soutien.
Camille a trouvé avec l’aide de ses proches les ressources pour se sortir de cette situation, nous nous lui avons juste donné les quelques outils.

Cet exemple ne se termine pas trop mal, mais ce n’est pas la majorité, dans la plupart des cas pour l’employé c’est soit la démission, soit le licenciement brutal où on nous donne l’impression que tout est contre nous, que nous sommes bons à rien, inutiles.

Le chômage avant la futur réforme c’est 75 % de ton salaire, sur maximum 24mois, quand tu étais au smic. Fait le calcul et essaye de vivre avec 900 euros. Si tu démissionnes c’est le RSA à ce moment la tu comptes 500€ pour faire ton mois.
De temps en temps, tu entends des tocards de Zemmour, d’Estrosi, de Le Pen, de Macron, de Roux de Bézieux ou de Rebs’ disserter sur le soit disant assistanat, sur le fait que les chômeurs gagnent plus en restant chez eux.
Soit tu te demandes comment tu as fait pour en arriver là.
Soit tu veux les renvoyer à leur malversation, leur enrichissement sur le dos de la classe ouvrière, les thunes qu’ils ont pris sur le services publics ou de l’état pour ensuite dégueuler leur thèse ultra-libérale et là des claques se perdent.

Viennent ensuite tes rendez-vous Pôle Emploi. Un conseiller qui a 500 autres personnes comme toi t’inscrit de force à des formations de merde qui n’ont comme objectifs que de réduire les chiffres de demandeurs d’emploi et d’enrichir d’obscures entreprises de formation.
Alors tu vas à leur « atelier préparation à un entretien d’embauche » où on t’explique qu’il faut être une bonne carpette.
Si tu es réfractaire le conseiller Pôle Emploi te rappelle qu’il faut des preuves de recherche d’emploi, le contrôleur Pôle Emploi va te les demander. Si elles ne lui semblent pas suffisantes la suspension de ta maigre allocation interviendra.
C’est comme ça, le nombre de contrôleurs a été doublé. L’objectif du gouvernement c’est faire la chasse aux chômeurs.
Les critères de recherches effectives d’emploi sont très flou, Pôle Emploi peut, comme la CAF, vérifier ton compte en banque histoire de te mettre encore plus la pression. La pression elle est vraiment forte avant chaque rendez-vous Pôle Emploi, comme dans l’histoire de Camille avant son entretien préalable. Bien sur tu peux contester la décision et souvent si tu contestes devant un tribunal administratif tu as gain de cause, mais ça il faut le savoir et ton conseiller ne te le dis pas.

On ne parle même pas ici des factures, des loyers, qui font que les fins de mois deviennent compliquées à partir du 10. Nous ne parlons que de la machine de l’emploi qui te fait ressentir que ta dignité est bafouée.
Si tu la penses bafouée c’est que jusqu’à présent tu as voué ta vie à des valeurs pourries, la productivité, la morale du travail, les mensonges de la méritocratie. Que faire quand on t’a poussé là ?

Les responsables de ce qui s’est passé ce jeudi 28 janvier ne seront jamais jugés pour avoir détruit la vie de cette personne et l’avoir poussé à en détruire deux autres.
Il serait pourtant grand temps qu’ils payent, nous en désignions quelques un :

  • l’état.
  • le patronat.
  • la direction de Pôle Emploi.
  • les syndicats collabos.
  • les petits chefs.
  • les flics zélés de Pôle Emploi ou de la CAF.
  • les politicards-polémistes qui ciblent exclusivement les plus précaires.
  • ...

Si aujourd’hui un DRH, un conseiller Pôle Emploi ont été abattu, le plus souvent les personnes poussées au suicide chez France-Télécom, chez Renault, chez Continental où dans des plus petites boites ne font pas la une des journaux. Nous avons aussi une pensée pour eux et leur proche.

Précaires Solidaires, membre de la seule et unique coordination Solidaires 21

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Notes

[1Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi

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