Audience avec Ginette au rectorat de Dijon



Dijoncter relaie en ce moment les nombreux appels à mobilisation des établissements scolaires dijonnais. Pour cette raison, en exclusivité et avant Mediapart, il sera donc le premier média en ligne à dévoiler la vérité sur les audiences au rectorat.

Participer à une audience au rectorat pour réclamer des moyens rappelle des souvenirs.
Celui de ma mère et des copines de sa génération qui avait toutes dans leurs bibliothèques Organisation ménagère et Budget familial de Ginette Mathiot à une époque où le mot patriarcat roupillait au fin fond des dictionnaires sans crainte d’être réveillé brutalement.
Dans un rectorat, les chef-f-e-s de services aux acronymes obscurs reçoivent des délégations d’enseignant-e-s qui viennent, le plus souvent, non pour fêter Noël ou Pâques (quoiqu’une chasse aux œufs pourrait avoir des effets bénéfiques) mais pour réclamer des moyens. Le/la chef-fe de service explique alors aux quémandeurs/euses , à l’instar de Ginette Mathiot dans Organisation ménagère et budget familial, que si on n’a pas assez d’argent pour acheter cinq fruits et légumes par jour, on se rabat sur les coquillettes en promo chez Lidl. Bien sûr, il faut transposer. Les cinq fruits et légumes sont l’équivalent, par exemple, des options (à quoi bon faire du chinois ou de l’arabe, franchement ?) et les coquillettes, elles, correspondent aux heures réglementaires fixées par les programmes. Donc, si on suit les conseils avisés de Ginette Mathiot et du/de la chef-fe de service, on n’a plus aucun problème ! On renonce aux colifichets pédagogiques et on se concentre sur les fon-da-men-taux. Ginette le dit, compter jusqu’à dix est plus utile que de faire du théâtre avec des saltimbanques.
Il faut bien l’avouer, toutes ces délégations qui font la queue au rectorat sébile à la main, il commence à en avoir sa claque le chef de service. Il leur parle avec tact, leur explique, des trémolos dans la voix, les contingences liées à son métier, cherche à les émouvoir avec ses “enveloppes contraintes” (comme Ginette Mathiot qui conseille de cuisiner les restes pour ne pas exploser le budget de la semaine) articule pour se faire comprendre mais secrètement, il souhaite les voir pulvériser par les extraterrestres de Mars attacks.
Au fronton des rectorats, en lettres dorées, on suggère ce proverbe sexiste, venu du fond des âges “La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a”. Cela changerait des citations latines ou des phrases de philosophes morts depuis longtemps et aurait le mérite de résumer en une phrase la position de tou-te-s les chef-f-e-s de service de tous les rectorats de France auxquel-le-s les enseignant-e-s s expliquent qu’à force de donner des sous à la “défense nationale”, à l’Ecole libre (vive Bétharram !), de signer des conventions avec l’armée et les entreprises privées, on en n’a plus pour l’Éducation publique.

Ginette Mathiot, Sainte-Patronne des chefs de service, oubliez-nous !



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