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Livrosaurus Rex : Festival du livre et des cultures libres des Tanneries



Le 5e festival du livre et des cultures libres se tiendra du 26 au 28 mai prochain à l’espace autogéré des Tanneries. Une thématique cette année : la crise. Édito, programme complet, et infos pratiques.

Cinquante ans aprés la première crise pétrolière, on assiste depuis quelques années à une multitude d’états d’urgence divers et avariés qui se transforme en norme permanentes. on ne sait plus ou donner de la tete.

CRISE(S) !

Livrosaurus Rex et ses compagnons du Jurassique voient depuis un bail la météorite fendre le ciel au dessus de leur tête, et sont bien décidéxs à réagir avant qu’elle ne touche le sol : crise climatique majeure, fin de l’abondance, collapsologie, pénurie en tout genre nappés d’une répression violente de la part de l’État : n’attendons pas pour nous organiser ! De la crise sanitaire à la crise politique actuelle, de la désertion du travail au désir d’autonomie, de l’histoire de luttes passées à la construction de futurs imaginaires : ne soyons pas résignéxs face à la crise ! Car la crise qui aggrave tout, la crise qui transforme tout, crise permanente état soudain on ne sait plus : crisons donc, nous aussi.

Crisons ensemble et explorons ses facettes.

Programme :

Tout le week-end

Tout le week-end, en discontinu : séances de lectures de livres jeunesse chouettes au Caracolito, l’espace enfants des Tanneries (avec des albums qui parlent pas de princesses qui tombent amoureuses de princes au premier regard vous voyez, des livres originaux, qui parlent d’amitié et de construire des choses à plusieurs, des livres anti-sexistes, inclusifs, etc)

Sérigraphie textile : amenez vos t-shirts pour y faire imprimer le dinosaure du festival !

Marché au livre, affiches, dvd, rencontres avec les auteurs et éditeur.ices.

Des membres du collectif Sérigraphie autonome viendront imprimer en direct et partager leurs expérience. Sérigraphie autonome est un collectif ouvert de personnes proches de la sérigraphie. Sérigraphie autonome c’est fabriquer soi-même nos produits. Se passer de pétrole ou autres matières extraites à l’autre bout du monde dans des conditions dégueulasses. Tenter d’exercer la sérigraphie avec des matières simples, assez abondantes et peu nuisibles au vivant. Ne pas viser une pureté dans nos démarches mais croiser nos critères éthiques, écologiques mais aussi financiers. Explorer des pratiques de sérigraphie visant à s’affranchir du monopole industriel et se faire plaisir à bidouiller ensemble. Le tout en essayant de ne pas sacrifier la qualité ni de se ruiner pour faire, par exemple, de la propagande de rue ou de l’art pas rentable.

Vendredi 26 mai

17H30 ouverture des portes, buvette et bonne ambiance

18H//DISCUSSION // EXPERIENCES DU MARRONNAGE Geste individuel de désertion, geste collectif de sécession. Partout où il y eut esclavage, il y eut marronnage. Des bayous de Louisiane aux montagnes escarpées de l’île de la Réunion, de la mangrove caraïbe à la jungle amazonienne, des cimes inaccessibles aux forêts profondes fleurirent les communes de Marrons.Qu’est-ce que le marronnage ? C’est à la fois un geste individuel de désertion pour s’arracher à la condition servile, à la vie enchaînée de la plantation coloniale ; et un geste collectif de sécession qui fonde des lieux où la communauté est en mesure de tenir à distance des dispositifs impériaux de répression et d’avilissement, de subvenir à ses besoins par l’entraide et l’établissement d’un rapport symbiotique au vivant. De l’océan indien à l’atlantique noir, de l’île de la Réunion aux Amériques, on retrouve partout les mêmes formes de résistances déclinées en une infinités d’incarnations singulières : les mêmes manières d’habiter l’opacité ; les mêmes formes d’agricultures fugitives ; les mêmes formes de spiritualités et de transes exaltées du vaudoo au servis kabaré ; les mêmes formes de musique du gwoka au roulèr, du blues au maloya ; les mêmes formes de danse du moring à la capoeïra ; le même recours aux plantes médicinales et aux tisanes ; les mêmes pratiques d’un art de la guérilla qui allie les pièges aux fortifications, la fuite à la razzia, le souffle des sagaies au son des conques… Et sur toutes les lèvres, des langues créoles. A partir d’un travail d’enquête en cours à l’île de la Réunion, il s’agira d’évoquer cet héritage de résistance et d’y puiser une inspiration pour les temps présents.

21h30//CONCERT-SPECTACLE// RÉCITAL DE LA MISTOUFLE par AbSTRAL et Blok . Le récital de la mistoufle est un spectacle en musique, un assemblage d’articles du Père Peinard – hebdomadaire libertaire français édité entre 1889 et 1902. La gouaille argotique déploie ici son franc-parler détonnant, la langue se montre truculente et parfois cocasse, surprenante pour un langage de presse. Plus d’un siècle s’est écoulé depuis la rédaction de ces articles, il est pourtant troublant de constater que les propos du Père Peinard restent d’actualité, d’autant plus en ces temps incertains et chahutés…Le Père Peinard est fondé en février 1889 par le militant ouvrier anarchiste Émile Pouget (1860-1931). Pouget prône la grève générale, attaque et dénonce le capitalisme, l’Etat, l’armée et la religion en s’inscrivant dans la tradition argotique, gouailleuse et outrancière d’Hébert et de son Père Duchesne pendant la Révolution française. Le Père Peinard, rédigé la plupart du temps par le seul Émile Pouget, marquera son temps. Il est caractérisé par des articles courts et incisifs, par un discours clair, direct et imagé, inspiré du langage populaire de l’époque, loin de tout académisme. Pouget s’explique dès le premier numéro du journal  : «  Turellement, en ma qualité de gniaff, je ne suis pas tenu à écrire comme les niguedouilles de l’Académie  : vous savez, ces quarante cochons immortels, qui sont en conserve dans un grand bocal, de l’autre côté de la Seine.  » Il utilise ainsi le parler des travailleurs-euses, des ateliers, des gens de la rue  ; le journal étant lu principalement par les sans-travail, les ouvrier-e-s, les paysan-e-s, les trimardeurs-euses ou les soldats. L’art du Père Peinard réside dans sa capacité à utiliser un langage populaire pour rendre imagées et expressives les inégalités sociales et les atrocités qui en découlent. La lecture de ces articles présente un côté jouissif indéniable où se mélangent humour, ironie et irrespect. Une verve singulière et franche, une incroyable liberté d’écrire tout et n’importe quoi, sans aucune crainte de la répression qui sévit. Au fil des numéros, le journal se fait l’écho de nombreuses luttes, devenant de fait un détonateur social. 406 numéros verront ainsi le jour, entre 1889 et 1902. Une incitation à la révolte, au «  chambardement général  », comme Emile Pouget le dit lui-même. Une formule sincère, virulente et lapidaire qui trouve les mots justes pour dénoncer avec ardeur les injustices de l’Histoire.

JUSQU’A MINUIT : BAR ET MUSIQUE DE BONNE AMBIANCE

Samedi 27 mai

10H//TABLE RONDE// LES PIEDS DANS LE PAPIER Quand l’édition critique fait face à une crise de matière première . Depuis 2021 et la pandémie de COVID, les prix du papier ont explosé, rappelant à toutes celles et ceux qui font des livres, brochures et revues que cette activité est prise dans les circuits de production mondialisés.
Libraires, éditeur·ices et faiseuses de brochures seront là pour discuter de ce que cette « crise » fait à leur activité.

14H//DISCUSSION// VERS L’EXTINCTION DU CAPITALISME ? Éclairage sur les origines et la nature de la crise de la modernité capitaliste-patriarcale avec les éditons crise et critique. La critique de la valeur-dissociation propose une analyse du capitalisme et de sa crise, à contre-courant des discours étatistes de la gauche « radicale », qui ne peut aboutir qu’à l’abolition du travail, de l’argent, de l’Etat et du patriarcat.

16H//DISCUSSION// LA VILLE VUE D’EN BAS- Collectif Rosa Bonheur La désindustrialisation à l’œuvre depuis les années 1970 a confiné des pans entiers des classes populaires aux marges du salariat. Tenues à l’écart des principaux circuits marchands, ces populations ont dû réorganiser leur travail et leur vie quotidienne de manière à satisfaire les besoins essentiels à leur subsistance, selon une dynamique qui confère une centralité nouvelle à l’espace urbain : pour elles, l’accès à la plupart des ressources matérielles et symboliques nécessaires au maintien d’une existence digne est intimement lié à leur ancrage territorial.
Or, les pratiques attachées à cette centralité populaire sont aujourd’hui contestées. Prises dans la course à la métropolisation, certaines villes voudraient en définitive remplacer ces populations,
dont elles considèrent qu’elles « ne font rien », par d’autres issues des classes moyennes et supérieures, n’hésitant pas à agiter le spectre du communautarisme et celui du ghetto. Il s’agit, au contraire, de saisir ce qu’impliquent les processus contemporains de fragmentation de l’espace social pour des personnes qui ne sont ni plus ni moins que des travailleuses et des travailleurs.

16h//PRÉSENTATION D’UNE BROCHURE// “Les animaux détestent le nucléaire (et vice-versa)”. L’industrie nucléaire aimerait beaucoup se faire passer pour écolo, elle voudrait aussi nous faire croire qu’elle n’est pas nocive pour les animaux non humainEs (voir même bénéfique !). Cette brochure propose un inventaire non-exhaustif des interactions entre animaux non humainEs et nucléaire. Spoiler : Les animaux prennent cher. Que ce soit en cas de catastrophes imprévues ou bien en temps « normal », l’industrie atomique leur fait subir la radioactivité mais aussi toutes sortes de pollutions chimiques, le réchauffement des eaux et le broyages des organismes aquatiques, ainsi que l’expérimentation animale et même l’implantation de giga-industries qui les exploitent. Mais parfois aussi, iels mettent à mal la sécurité des sites nucléaires… La lutte antispéciste sera antinucléaire ! Et vice versa.

18H//DISCUSSION// « TABOR » FICTION DU MONDE EN RUINE -avec l’auteure Phœbe Hadjimarko Clarke. Mona et Pauli ont survécu à d’étranges et immenses inondations. Elles vivent et s’aiment à Tabor, un nouveau monde bricolé et agreste. Mais de mystérieux visiteurs, sorciers ou fonctionnaires, viennent en troubler l’équilibre, jusqu’à l’ensauvagement définitif. Comment faire face ?
Anticipation queer pessimiste, dystopie magique ou rêverie révolutionnaire gothique, ce récit explore la possibilité de l’amour et de l’action dans un monde en ruines.

SOIRÉE : MANGER, BOIRE ET DANSER. DJ SET ET FESTIVITÉS

Dimanche 28 mai

10H-18H//ATELIER. INITIATION A LA RISOGRAPHIE- faire des marques pages et des cartes postale. Pour les adultes ou des plus jeunes accompagnés ! Par groupe de 8 personnes, on fait un fond de couleur, un premier plan d’une autre, et BOOM on imprime en plusieurs exemplaires de petites serie qu’on mettra en vente a peine sortie de la riso devant l’atelier a prix libre !

11H//DISCUSSION ET LECTURE // LA CENDRE DE TES MORTS –autour du premier livre d’Albertine Delanpe (2023, Éditions de la dernière lettre). Dans une langue ciselée empruntant à l’argot de comptoir comme à la tradition du journalisme d’immersion, la narratrice nous entraine dans un crématorium, dont elle a vécu le quotidien bouleversé par l’épidémie de Covid. En présence de membres de la revue Jef Klak, dont le dernier numéro « Feu Follet » questionne notre rapport à la mort et à la pandémie.

14H// DISCUSSION // DES VIES ORAGEUSES // Par le collectif Tcholeiy// A l’origine du collectif militant Tcholeiy, oiseaux en pular, il y a la rage et le sentiment d’impuissance de deux femmes médecins. Le groupe s’est progressivement élargi à une dizaine de personnes, exilées, travailleuses sociales ou soignantes. Est né un livre, « des vies orageuses », par Mathilde Gal et le collectif tcholeiy ,pour raconter celles et ceux qui arrivent : le périple, l’espoir, l’attente, la maladie aussi. Raconter celles et ceux qui accompagnent : l’engagement, les doutes, l’épuisement aussi. Et puis pour tous de brusques orages, des moments de joie, d’apprentissage, et les rencontres.
Idrissa vient d’arriver en France, Sarah fait ses premiers pas en tant que médecin. Au fil des pages de ce roman, leurs chemins vont se croiser, leurs mondes s’entrechoquer et des frontières exploser.

14H//PROJECTION// ‘ Ici, Maintenant – Itinéraires de solidarité » – Film documentaire- Italie, printemps 2020. Spontanément, des « Brigades de Solidarité » se mettent en branle pour lutter contre la mise à l’écart des plus précaires en pleine crise sanitaire mondiale. Très vite, l’idée – et les actions concrètes qui en découlent – s’étendent dans le reste de l’Europe. Caméra à l’épaule, le réalisateur et ses compagnons stéphanois embarquent à bord d’une camionnette pour un voyage à la rencontre de toutes celles et tous ceux qui tentent de créer un autre monde que celui qu’on cherche à leur imposer. En Suisse, en Belgique et aux 4 coins de France, voici l’itinéraire de ces solidarités. 58′, France, 2022

16h30//DISCUSSION // « LE LIVRE DE LA JUNGLE INSURGÉE » En Inde, le choix de la lutte armée. Discussion autour de l’ouvrage Le Livre de la jungle insurgée (2022, Éditions de la dernière lettre) en présence de l’autrice, l’anthropologue indo-britannique Alpa Shah. Le mouvement révolutionnaire naxalite, basé dans les forêts du centre et de l’est de l’Inde, est en guerre depuis cinquante ans contre l’État indien. Ces hommes et ces femmes, que les médias présentent comme un groupe terroriste sanguinaire, sont des membres des basses castes et des communautés tribales, allié·es à des rebelles héritiers du marxisme-léninisme pour opposer aux grands projets d’infrastructure une vision du monde égalitaire et communautaire. En 2010, l’anthropologue Alpa Shah enfile un treillis et s’embarque pour une randonnée de sept nuits avec une escouade, parcourant deux cent cinquante kilomètres à travers les forêts denses et accidentées de l’est de l’Inde. Elle nous raconte cette épopée à travers un récit limpide et juste et sera aux Tanneries pour nous en dire un peu plus…

16H//Kids-show //Goûter-Concert dominical, bancal & jovial Dans l’après-midi qui succède leur concert « pour adultes » (ah ah !) de la veille, a.P.A.t.T. se prêter au joyeux –et périlleux– exercice qui consiste à jouer pour tou.te.s enfants, les petit.e.s & les grand.e.s ! Le concert du collectif mixte de Liverpool est évidemment adapté aux oreilles de toutes sensibilités : set raccourci, volume sonore moindre et espace aménagé. Joyeux « pudding » en mode FREAKidSHOW, oh oh oh !

20H30//SOIRÉE// LA VEILLÉE DU SALON
Faire la veillée, c’est être ensemble quand le jour tombe dans la nuit, et c’est partager simplement un petit quelquechose à faire pendant qu’on se raconte nos souvenirs. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais c’est le lien le plus puissant qui soit pour toutes les communautés, même celle du livrosaurus rex ! On oublie parfois que nos histoires aussi racontent des choses qui portent à réfléchir, par le rire ou la philosophie de nos anecdotes de vie : celles qu’on nous a racontées quand on était petit-e-s, celles du voisin-e qui a assisté à chaque départ et arrivée dans l’immeuble, celles du comptoir, de notre village ou notre quartier.
Venez avec vos histoires nous raconter dans votre langue, avec vos chants, vos instruments, vos mots, ce qui compte pour vous et qui aide à mieux vivre dans le trouble. On a invité aussi des raconteur.euse.s qui nous parleront de chez elles.eux !

Plus d’info sur le site du festival : https://festivaldulivre.tanneries.org/



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