Mort de Jessyca Sarmiento : la liste des travailleuses du sexe assassinées s’allonge...

Jessyca Sarmiento, une travailleuse du sexe trans et migrante, a été assassinée sur son lieu de travail, le bois de Boulogne, dans la nuit du 20 au 21 février. C’est au moins la 8e travailleuse du sexe tuée dans l’exercice de son travail depuis septembre.

Nous relayons ici le communiqué co-signé par Acceptess T, Le Bus des Femmes, STRASS, et Trans United Europe.

Et nous vous renvoyons vers l’article de Bourrasque-info.org : TDS assassinées et poussées au suicide : on compte nos mortes

Mort de Jessyca Sarmiento
 
Nous sommes une nouvelle fois dans la tristesse de la découverte de la mort d’unedes nôtres. Dans la nuit du 20 au 21 février, Jessyca Sarmiento a été tuée sur son lieude travail, renversée par une voiture roulant à toute vitesse dans une allée du Bois deBoulogne. Les premiers éléments de l’enquête communiqués par la presse indiquentque la voiture qui l’a percutée ne se serait pas même arrêtée. Nous sommes particulièrement consternées par la possibilité que cet acte était volontaire. Une enquête a été ouverte et devra faire la lumière sur les circonstances de ce nouveau drame. Mais il appelle aussi une réponse de la classe politique.
 
Aujourd’hui, comme il y a deux ans après l’assassinat de Vanessa Campos, nous sommes à nouveau sous le choc de la mort d’une de nos sœurs, camarades, et collègues. Notre douleur et notre souffrance sont indescriptibles. Et notre colère aussi. Nous savons que nous allons devoir lutter contre l’entreprise de banalisation médiatique déjà à l’oeuvre, dans Le Parisien, dont la première publication annonçait comme à l’accoutumée la mort “d’un prostitué travesti”, dans un “haut lieu de la prostitution masculine”. Jessyca était une femme trans, travailleuse du sexe, migrante, et elle a été tuée sur son lieu de travail. Nous sommes atterrées deremarquer que le premier réflexe de la presse est encore, de stigmatiser.
En France, en 2020, il est encore permis de penser qu’agresser des personnes trans, agresser des travailleur·es du sexe sont des actes qui peuvent laisser à leurs auteurs un certain sentiment d’impunité, voire même de fierté, car ils laissent à leurs spectateurs un sentiment d’indifférence, voire d’approbation. Nous ils nous plongent dans l’horreur, dans la tristesse, et dans le constat amer sans cesse renouvelé que nos vies valent tellement moins que celles des autres.
 
Jessyca était une femme trans péruvienne, venue en France l’an dernier et aspirait, comme nous toutes, à une vie meilleure dans ce pays. Elle avait été une première fois suivie par une association abolitionniste de la prostitution, qui avait échoué à assurer sa prise en charge. Elle s’est par la suite tournée vers Acceptess-T. Elle a bénéficié dans notre association d’un accompagnement social, juridique, sanitaire et administratif, mais elle y a aussi trouvé un lieu de refuge et d’entraide, un soutien affectif et humain. Le mois dernier, elle avait commencé à participer à nos cours de français, elle y était studieuse, appliquée, et généreuse, apportant à chaque séance le repas pour ses camarades. C’était “l’élément moteur du groupe” selon son professeur. Elle se préparait pour la fête mensuelle de l’association, prévue ce 28 février. Elle était venue en France pour y travailler et y vivre. Elle y a travaillé et y a vécu un an. Et nous ne pouvons pas supporter l’idée qu’elle y soit morte pour ces raisons.
 
Nous sommes déjà en contact avec sa famille au Pérou, et nous faisons le nécessaire pour qu’elle puisse venir rapidement à Paris. Nous organisons une veillée ce soir, à 23h, au Bois de Boulogne. Nous appelons nos proches, nos camarades, nos collègues et tous·tes celles qui le peuvent et qui pensent que nos vies méritent tellement mieux, à nous rejoindre à ce rassemblement.
 
Signataires : Acceptess T, Le Bus des Femmes, STRASS, Trans United Europe


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