Plui jamais sans les Lentillères

Le 7 février, une centaine de personne marchait de Dijon Métropole au Tribunal Administratif pour déposer l’attaque en justice des Lentillères contre le Plan Local d’Urbanisme intercommunal, et demander la création d’une Zone d’Écologie Communale !

Le 25 novembre 2019, au terme de presque 10 années de lutte du Quartier Libre des Lentillères et de leurs soutiens, le Maire de Dijon annonçait l’abandon de la phase 2 du projet d’éco-quartier « jardin des maraichers » et interdisait l’urbanisation de ces précieuses terres maraîchères occupées.
Pourtant, le 19 décembre dernier, la métropole votait le nouveau PLUI-HD (Plan local d’urbanisme) dans lequel les 9 hectares du Quartier Libre des Lentillères reste pour l’instant classé comme Zone A Urbaniser (ZAU).

Aujourd’hui, nous déposons un recours contre le PLUI, car rien ne garantit qu’un nouveau projet de bétonisation ne soit, un jour, relancé.

Dijon-Métropole se vante de participer à la préservation des terres agricoles et d’espaces « hybrides » (ni ville, ni campagne). Mais comment pourrait-on croire en ces déclarations d’intentions et confier l’avenir de ces terres à une municipalité qui les a menacées pendant 10 années et menace toujours d’en urbaniser d’autres en périphérie de la ville ?

Selon nous, c’est aussi une façon de nous attaquer aux politiques urbaines qui s’imposent aux populations sans que celles-ci n’aient quoi que ce soit à dire.

C’est la raison pour laquelle l’assemblée ouverte du Quartier Libre des Lentillères décide des usages et de la vie quotidienne qui s’inventent sur cet espace. Les personnes décisionnaires sont donc celles qui font vivre le territoire et en prennent soin.

Les Etats et les gouvernants démontrent jour après jour leur incapacité à répondre de manière appropriée aux défis sociaux, à la crise climatique et environnementale qui ont cours, cela n’est pas près de changer selon toute vraisemblance. Il est temps qu’ils reconnaissent l’échecs de leurs politiques et commencent à laisser de la place pour que les personnes puissent se réapproprier un pouvoir collectif afin de décider de leur propre avenir.

Un quartier comme celui des Lentillères ne peut pas rentrer dans les formes existantes de zonage tel que définit par le nouveau PLUI.
Car c’est un territoire hybride ou cohabite l’urbain, l’agricole et le naturel qui se caractérise par une diversité d’usages et des formes de prise de décision collectives.

Si zonage il doit y avoir, nous voulons que le Quartier Libre des Lentillères soit classé comme Zone d’Écologies Communales.
Face à l’incapacité des pouvoirs administratifs et politiques à prendre en compte les exigences écologiques actuelles, nous avons inventé ce zonage qui serait caractérisé par le fait que l’habitat, le travail de la terre et la protection de l’environnement ne doivent plus être séparés les uns des autres.
Il faut en finir avec les zones urbaines où l’on étouffe, les zones agricoles désertes et dévastées, les zones naturelles sous cloche, réservées au divertissement.
Nous voulons penser une écologie concrète, liée au quotidien de l’habitat et de l’agriculture.
Cette écologie ne peut être que Communale. C’est-à-dire, pensée collectivement par toutes les personnes qui aiment et cotoient un territoire.

Nous espérons ainsi créer un précédent qui ferait rentrer en résonnance d’autres lieux qui ne se conforment pas aux normes juridiques existantes. Ces derniers temps nous avons assister avec joie à la victoire d’autres territoires en lutte face à des projets d’amenagements comme celui de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes ou celui de centre commercial Europacity dans le Triangle de Gonnesse.
Tel est aussi le cas à présent pour Dijon avec l’abandon de la phase 2 de l’éco-quartier ainsi que le projet d’extension de circuit automobile de Prenois-Dijon.
À l’heure de l’impératif d’une transition écologique pour la sauvegarde de cette planète, il est important de reconnaitre la valeur de ces luttes sous toutes leurs formes, et faire en sorte de renforcer et d’accompagner toutes les intiatives qui construisent d’autres manières d’habiter et d’être en relation avec ce monde.

En Belgique, à Louvain la Neuve, le quartier de la Baraque, semblable sur bien des points au Quartier libre des Lentillères, s’est vu accorder un zonage spécial, celui des Aires des Quartiers Alternatifs qui lui reconnait toute ses singularités. Il faut qu’à Dijon, sur ce modèle, une Zone d’Ecologies Communale voit bientôt le jour !

Texte lu le 7 février devant Dijon Métropole


Premier jet de proposition juridique émise par l’assemblée des Lentillères pour l’intégration d’un nouveau zonage au PLUI-HD de Dijon Métropole.

Zone d’Écologie Communale
ZEC
 
L’esprit de la règle
 
Les zones d’Écologie Communale (EC) regroupent des zones présentant un intérêt environnemental manifeste dans lesquels sont développées des écologies multiples.
Ces écologies y sont caractérisées par des relations sensibles, culturelles, historiques et sociales que les personnes usagères de ces zones entretiennent avec l’environnement présent, autant que par une volonté de préservation de la biodiversité.
Au regard de leur importance environnementale, tout changement de classement est interdit.
Ces zones sont dites communales parce qu’elles permettent de pratiquer une forme de propriété qui n’est pas conçue comme une appropriation ou une privatisation mais comme un usage.
De plus, les usages y sont interdépendants et ne s’envisagent que comme tels, une pluralité de formes d’occupation des sols peut y exister car elles s’articulent et se nourrissent mutuellement.
Il pourra donc y avoir de l’habitat, des formes agricoles innovantes, des espaces communs, des réserves de biodiversité, etc.
On nomme « usagèr.e.s » les personnes qui habitent, cultivent, participent à la vie et prennent soin de ce qui compose ces zones d’écologies communales. Ces personnes sont rassemblées en une Assemblée des usagèr.e.s.
Au-delà des présentes règles, l’usage du lieu est décidé par l’Assemblée des usagèr.e.s.
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