Rassemblement contre les annexions en Palestine

Un collectif d’associaitions (qui va s’étoffer dans les jours qui viennent), appelle à se rassembler Place F. Rude (Bareuzai) , Vendredi 26 juin à 17h30 pour protester et informer sur le projet d’annexion des colonies implantées en Cisjordanie, et de la Vallée du Jourdain par Israël.

Palestine : Agir pour empêcher une nouvelle annexion

Appel à un rassemblement, marche pacifiste et demande d’audience en Préfecture

À partir du 1er juillet, le gouvernement israélien a décidé de procéder à l’annexion d’une nouvelle partie de la Cisjordanie, la vallée du Jourdain. Une décision unilatérale illégale au regard du droit international, face à laquelle la France et l’Union Européenne doivent agir. Nous, ONG de défense des droits de l’Homme et de solidarité internationale, partis politiques et syndicats de la région dijonnaise, exigeons de la part de nos représentants un courage politique et des mesures politiques fortes à la hauteur de la gravité de cette menace.

Depuis plusieurs années, Benyamin Netanyahou utilise comme argument de campagne l’annexion formelle et unilatérale d’une grande partie de la Cisjordanie occupée. Cette perspective semble à présent imminente, le 1er juillet c’est demain.

Cette violation flagrante du droit international enterre le droit à l’auto-détermination du peuple palestinien, sous le regard plus que passif de la société internationale. En plus d’aggraver la situation des droits humains de centaines de milliers de personnes, l’annexion israélienne représente un dangereux précédent pour les relations internationales.

La France, l’UE, et d’autres pays membres ont timidement émis des réserves, comme à l’accoutumée, auprès des autorités israéliennes, sans résultat. Soutenu par le « Plan Trump », le Premier ministre israélien, secondé par son nouvel allié Benny Gantz, est déterminé à assumer jusqu’au bout son projet du « Grand Israël ». En 2018 déjà, la « loi sur l’Etat-nation juif » a institutionnalisé le statut discriminatoire des Palestiniens et considéré « le développement de colonies juives comme une valeur nationale », avec la volonté d’agir « pour encourager et promouvoir leur création et leur renforcement », préparant ainsi l’annexion.

Si l’annexion de facto est en cours depuis de nombreuses années : accaparement continu de terres palestiniennes, transferts forcés, renforcement du maillage des colonies et incorporation progressive du droit israélien dans les territoires occupés. L’annexion de la Vallée du Jourdain va considérablement accentuer ces violations des droits humains du Peuple palestinien. En outre, la colonisation à l’oeuvre sur le terrain accélère le processus incrémental d’accaparement des terres conduisant pas à pas à la disparition de la Palestine. L’exemple de Jérusalem-Est est évocateur : en l’espace de 20 ans, la population de colons israéliens a doublé.

Cette annexion programmée, en contradiction avec le droit international, englobera environ 150 villages palestiniens rassemblant 140 000 habitants, les rendant encore plus vulnérables aux transferts forcés, à l’expropriation, l’accaparement des terres agricoles, les soumettant à un nouveau régime, celui d’étrangers illégaux passibles d’expulsion. L’accès aux zones annexées sera encore plus restreint par de nouveaux checkpoints et nouvelles routes de contournement, limitant davantage la liberté de circulation des Palestiniens. Les ONG sur le terrain s’inquiètent également du renforcement des affrontements et violences que l’annexion définitive pourrait provoquer entre l’armée israélienne, les colons et les Palestiniens.

Alors que la France et l’UE, s’appuyant sur les résolutions des Nations-Unies, notamment la dernière en date (2334 de décembre 2016) prônent deux États palestinien et israélien vivant côte à côte et dans des frontières sûres et reconnues, l’annexion programmée et celle déjà à l’œuvre constituent un obstacle funeste à cette solution. Des obligations légales internationales claires existent pour faire cesser ce fait illégal, impliquant leur responsabilité de préserver cette solution. Il en va aussi de leur crédibilité sur le plan international. L’annexion est la ligne rouge fixée par les Européens et ils ne peuvent s’en départir.

La France, fidèle à son attachement aux droits de l’Homme et leader au sein de l’UE, doit activer ses leviers pour prendre des sanctions, prévues par le droit international, afin de faire cesser cette politique. Si dans d’autres configuration de telles sanctions ont été prises (contre la Russie après l’annexion de la Crimée), pourquoi dans ce cas d’espèce, une action collective de ce type n’est pas envisageable 

À défaut de consensus européen la France doit avoir le courage politique à la hauteur de ses valeurs humanistes, tant proclamées ailleurs, mais qui restent dans ce contexte, vides d’effectivité.
Le moment est venu de faire en sorte que le droit international s’applique à Israël, que les droits du peuple palestinien, comme tout autre peuple, soient reconnus et effectifs.
Il est temps, également, de se mettre en conformité avec l’obligation de ne pas contribuer au développement des colonies israéliennes, et donc d’exclure du marché français les produits issus des colonies.
Les enjeux sont trop importants pour adopter une approche prudente et attentiste. Nos responsables politiques ont l’obligation d’agir, et ils doivent le faire maintenant.
Le collectif signataire invite à un rassemblement, place F. Rude à partir 17h 30, VENDREDI 26 JUIN 2020 pour informer le grand public.

Les premiers signataires :
Mouvement de la Paix, Man, AFPS, UJFP, MRAP, ENSEMBLE !21, Amitiés Palestine Al Rowwad 21, NP21



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