[Suisse] La puissance d’une grève féministe

Le 14 juin, une immense grève féministe a fait tremblé la Suisse, rassemblant des millions de personnes. Retour en image et en vidéos sur cette journée incroyable.

Manifestations monstrueuses à Lausanne, Berne ou Genève, banderoles géantes déployées aux quatre coins du pays, cours d’auto-défense sur les places publiques, revendications variées et solidaires... La grève féministe du 14 juin en Suisse nous emmène bien au-delà tout ce dont on peut rêver à Dijon ! Appelée sur la base d’un manifeste, elle a regroupé des millions de femmes et de personnes trans’ et non-binaires à travers toute la Suisse.

Vous pouvez reparcourir cette journée de lutte à travers le suivi des mobilisations réalisé conjointement par Renverse.co et Barrikade - les sites Mutu de suisse romane et allemanique.

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Trois vidéos viennent également d’être réalisées par Expresso TV pour revenir sur cette journée de lutte : des images de la manifestations de Genève, un témoignage du collectif « les foulards violets » et un retour sur la mobilisation des nettoyeuses en lutte.


Et pour revenir sur l’organisation de cette grève, la Plate-Forme d’Enquête Militante a réalisé un entretien avec deux participantes, dont voici un extrait :

- PEM : Comment s’est organisé et structuré le mouvement pour la grève ? Quelles sont les formes d’organisation que vous vous êtes données et est-ce qu’elles sont présentes sur l’ensemble du territoire suisse (les différents cantons, dans les villes ou en campagne, etc.) ?

M : En fait, le mouvement est né en Suisse romande et Suisse italienne et la Suisse allemande a rejoint le mouvement un peu plus tard. Actuellement, quasiment tous les cantons suisses et les grandes villes ont un collectif organisant la grève. Honnêtement, quand ça a commencé, ça aurait pu être ce genre d’initiatives super sympas lancées par dix meufs motivées qui aboutit à 5000 femmes dans la rue un an plus tard. Mais là, ça a pris bien plus d’ampleur ! Je pense que la manière dont le mouvement s’est construit, notamment la démocratie interne, la décentralisation, et surtout la totale liberté laissée aux collectifs - avec juste le Manifeste comme garde-fou - font que c’est un mouvement à la fois très large et radical.

A : Oui, j’ai le souvenir d’une militante syndicale qui disait que ça avait impulsé la formation de collectifs sur plein de lieux de travail, ce qui en Suisse, est dingue ! En tous cas, je pensais pas que ça serait un truc aussi énorme, et que ça lancerait autant de personnes à s’organiser sur leur lieu de travail, de formation, etc. Au-delà même du 14 juin, ça ouvre des perspectives d’organisation beaucoup plus larges.

M : La décentralisation du mouvement est très particulière mais aussi très adaptée à notre contexte fédéral. C’est vraiment une organisation décentralisée, qui part des collectifs locaux. C’est très difficile pour moi de parler de ce qui passe dans les cantons suisses alémaniques. Ce que je vois sur les réseaux sociaux (car le mouvement y est assez actif), c’est qu’en fait, finalement, dans des endroits où j’aurais pas pensé, il y a des choses qui se construisent.

A : Le caractère de radicalité du mouvement est aussi lié au fait qu’il se construit au niveau national, au-delà des barrières linguistiques, mais d’une manière décentralisée comme tu l’as dit. C’est quand même très rare en Suisse. Mais l’organisation ne se fait pas uniquement selon des bases purement géographiques (ville, canton, etc.), mais aussi en fonction des lieux d’activité, sur les lieux de travail et de formation, etc.

M : Je pense que c’est grâce aux organisatrices qui ont vraiment tout mis en place pour permettre la plus grande démocratie possible, ce qui est hallucinant et qui a représenté un travail phénoménal. S’assurer toujours qu’il existe des espaces de dialogues où les questions de contenu mais aussi de forme peuvent être entendues et discutées, ce qui a notamment permis de créer ce Manifeste avec une adhésion très large, a, d’après moi permis cette construction très large d’un mouvement.



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