Bure : des nouvelles du projet d’enfouissement de déchets nucléaires

Loin des préoccupations environnementales et avant même l’autorisation de lancer le projet Cigéo qu’elle espère pour 2020, l’Andra s’apprête à réaliser simultanément plusieurs travaux de grande envergure. Constructions des routes et des accès au site, d’un transformateur électrique, circuit de l’eau…

Loin des préoccupations environnementales et avant même l’autorisation de lancer le projet Cigéo [1] qu’elle espère pour 2020, l’Andra [2] s’apprête à réaliser simultanément plusieurs travaux de grande envergure. Constructions des routes et des accès au site, d’un transformateur électrique, circuit de l’eau…
Tout doit être prêt avant de pouvoir s’attaquer à la construction de Cigéo en tant que tel, ce qui laisse peu de temps à l’Andra pour réaliser tous ces chantiers. Un an ou deux pendant lesquels l’Agence va étendre et ancrer un peu plus sa main-mise sur le territoire, en modifiant durablement son environnement et la vie de ses habitant.es.

« Chacun sait qu’un territoire se défend avec ses habitants, et qu’un territoire vidé de sa population est facile à conquérir. » [3]

CIGEO, c’est quoi ?

Un peu partout on commence à le savoir, mais ça ne fait sans doute aucun mal de le rappeller !

CIGEO est un projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires français à Bure, un petit village situé en Meuse et composé de 84 habitant.es. Ce centre de stockage serait situé 500 mètres sous terre, et devrait accueillir à terme environ 10 000 m3 de déchets HAVL (Haute Activité à Vie Longue) et 73 500 m3 de déchets MA-VL (Moyenne Activité à Vie Longue) dans 265 kilomètres de galeries souterraines.

« C’est l’un des plus grands projets européens, qui avance dans un silence presque total. (...) Sous la surface du monde, 99% de la radioactivité produite en France serait concentrée dans 265 kilomètres de galeries taillées à même l’argile. Les experts ont tout prévu : un chantier qui durera près de cent trente ans, un coût estimé à 35 milliards d’euros et le risque zéro certifié. Mais les déchets resteront dangereux pour des centaines de milliers, voire des millions d’années.

Ces rebuts sont la face cachée d’une énergie que l’on nous vantait, dans les années 1960, comme propre et abondante. Depuis le lancement de l’atome, aucune solution n’a été trouvée pour les déchets. On avait imaginé au début les envoyer brûler dans le Soleil, les entreposer sur la Lune ou les poster en satellite autour de la Terre, avant de les plonger plus prosaïquement dans les abysses des mers, polluant à jamais les océans.

"Les problèmes d’ingénieurs ne sont jamais insolubles", déclarait en 1961 le physicien Boris Prégel, président du Conseil de l’Académie des sciences de New York. Cinquante ans plus tard le désaveu est total. Avec le nucléaire, nous avons construit un appartement sans toilettes. Les déchets débordent des piscines de refroidissement, fuient de leurs cuves dérisoires, s’entassent dans des bunkers. En les enfouissant à 500m sous terre, loin des yeux et loin du cœur, Cigéo n’est rien d’autre qu’un tour de passe-passe, un coup de bonimenteur.

Comment pourrons-nous garantir la pérennité d’une construction humaine au-delà de quelques centaines d’années ? Comment prévenir la contamination des nappes phréatiques, des incendies, les microséismes, les rejets de gaz ? Comment avertir les civilisations futures qui n’auront sans doute pas les mêmes modes de communications que nous ?  » [4]

Et quel impact le projet CIGEO aurait t-il sur notre territoire ? Quels sont les projets connexes dont il a besoin pour fonctionner ?

Vous êtes nombreux et nombreuses à vous demander ce que cette poubelle pourrait impliquer dans notre région en terme d’infrastructures (transports, énergie), mais aussi quel impact elle aurait sur l’eau. En cette période où l’ANDRA prépare sa demande d’autorisation de création (DAC) (censée être déposée en 2020), il nous parait important de donner quelques éléments de réponses quant à ces questions.

En effet, les premiers travaux (lignes ferroviaires et RTE) pourraient très vite commencer, il est donc urgent d’en saisir les enjeux afin de mieux comprendre pourquoi et comment lutter contre.

Dans cette mini conférence, animée par trois membres de l’équipe de recherches juridiques sur les dossiers liées à CIGEO, vous trouverez certainement de nombreuses réponses aux questions que vous vous posez.

Article à lire sur Manif-est.info



Notes

[1Centre industriel de stockage géologique, en deux mots une poubelle nucléaire

[2Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs

[3Les habitants qui résistent, 2009, Notre-Dame-des-Landes

[4Bure, La bataille du nucléaire, Gaspard D’Allens, Andrea Fuori, éditions Seuil, 2017, page 9.

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Ajouter un document

Articles de la même thématique : Nucléaire

Semaine antinucléaire à Bure - pré-programme et organisation

Pré-programme et informations pratiques pour la semaine antinucléaire qui aura lieu à Bure du 5 au 11 octobre.

Journées d’actions antinucléaires en Côte d’Or

Les 6, 7, 8 et 9 août, à l’occasion de la commémoration du bombardement atomique de Nagasaki, 4 journées d’actions contre l’industrie nucléaire ont eu lieu à Dijon et Valduc. Voici un compte-rendu.

Action à Valduc contre l’armement nucléaire

Vendredi 7 août, une centaine de manifestant·es étaient à Valduc pour affirmer leur oppositions aux armes nucléaires et inviter les salarié·es à débattre de pistes de reconversion, dans le cadre des journées de commémoration des bombardement de Nagasaki et Hiroshima.

Articles de la même thématique : Bure Stop

La semaine antinucléaire à Bure aura finalement lieu du 5 au 11 octobre

Annonce et informations sur la semaine « pratiques et histoires des luttes antinucléaires » à Bure, qui avait du être reportée à cause du confinement.

La Gazette des confiné·es #15 - Occupations et Zad, économie vs écologie et locataires étranglés

Sous Macron, l’économie est reine et les promesses écologiques du vent. Ou du greenwashing pour les multinationales. Bien réelle, la répression s’abat sur les classes populaires et les luttes. Violences policières, Zad détruites, squats menacés... Dans les immeubles de New-York, Bologne et peut-être bientôt de Rennes ou Paris, les menaces d’expulsions locatives poussent à la solidarité. Se transformera-t-elle en mouvement politique ?

La Gazette des confiné·es #12 - Autonomie alimentaire, contrôle de l’info et carte tricolore

Sauver les apparences quand les faits vous échappent, c’est ce à quoi s’emploient Philippe, Borne et Véran. Sommés par le château de remettre tout en marche, ils occupent sans compter presque tous nos écrans. « Masques et tests manquent ? C’est bien embarrassant. Vite ! publions une carte des départements. Génératrice de stress, c’est l’intention qui compte. Croyez-nous sur parole, elle sera prête à temps. Comme nous aimons la presse, se trouvent à notre adresse les meilleurs « fact-checking » sur le confinement. Cette sélection vous choque ? Vous la dites orientée ? Montrez-nous vos papiers ! Quittez Bure prestement ! »