Nouvelles du Jardin l’Engrenage


Jardins de l’Engrenage

Depuis le 17 juin, les 61-63-65 avenue de Langres accueillent des jardins collectifs et individuels. Cette prise de terres fait suite à l’appel du 17 juin « à agir contre la réintoxification du monde ». Dijon accueille donc une nouvelle friche sur laquelle tout est à construire... sauf le projet immobilier prévu initialement !

Le 17 juin vers 16h j’ai vu arriver une foule nombreuse armée de fourches et de bêches. Sur le coup je craignais que les travaux commencent. Ça aurait été un sacré chantier car je devais accueillir un projet de 300 logements, cyniquement nommé « Garden States ».
Mais contre toute attente, tous ces gens étaient venu.e.s pour planter des essences que je n’accueillais pas encore. Ils et elles sont venu.e.s retourner, avec courage, mon sol déjà traumatisé par le passage des bulldozers. Au fil du temps, la destruction des maisons et des jardins qui occupaient le terrain ont laissé place à une nature qui tente tant bien que mal de ressusciter cette terre abîmée.

Depuis cet élan collectif, des gens se succèdent quotidiennement pour prendre soin des légumes en devenir. Ils et elles travaillent doucement parcelle par parcelle. Fort heureusement, ils et elles sont attentifs aux plantes déjà présentes avant leur arrivée. Je conserve donc un espace de friche majoritairement composé de mélilot blanc dans lesquels les abeilles et les oiseaux virevoltent en grand nombre. D’ailleurs les moineaux semblent se satisfaire de cette cohabitation. Ils viennent picorer en essaim le paillage aux milieux des pieds de tomates, courgettes, haricots, poireaux, courges, et autres cucurbitacées.

Les habitant.e.s du quartier viennent eux aussi profiter de la fraicheur des arbres, des brises par ces temps bien trop chauds. Certain.e.s avaient déjà pris cette habitude pendant le confinement, d’autres découvrent le lieu grâce à cette nouvelle dynamique. Il faut dire que je suis situé sur le chemin de la toison d’or et qu’on peut aisément constater que la nature n’est pas à l’honneur dans cette forêt de béton. Mon tilleul central devient ainsi, un lieu de rencontre.

Les moments de vie que j’ai accueilli me rassurent et me font entrevoir un avenir radieux. J’ai vu les gens chanter, danser, sourire, taper du pied lors de la fête de la musique. J’ai vu le voisinage qui n’avait jamais osé franchir l’accotement promettre de revenir car « Nous saurons où venir maintenant quand nous aurons envie de parler ! ». J’ai également revu des enfants faire des cabanes dans les creux des arbres envahis de lierre. Les samedis de chantier m’ont fait ressentir une énergie collective propice à me rendre encore plus accueillant.

J’ai également pu recueillir des instants de quiétude, des confidences dans les hautes herbes ou sous le pommier, des pique-niques en amoureux sur les transats, des apéros entre amis dans la douceur du crépuscule et toute parenthèse qui permet d’éloigner des esprits la vie effrénée de la ville.

Toutes ces énergies communes de réappropriation des terres urbaines ne demandent qu’à grandir. Déjà différents endroits se dessinent : bien sûr le jardin collectif que je vous ai décrit, mais aussi des parcelles individuelles que des voisins courageux ont travaillées pour les rendre cultivables. Les tables et bancs fleurissent et forment un parc dans l’ombre du tilleul où les badauds peuvent s’arrêter. Le terrain de pétanque, finement damé par les mordus du cochonnet s’améliore de jour en jour. Le programme de l’été arrive et permettra à chacun.e de s’épanouir dans cet îlot de verdure au cœur de l’espace urbain.

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Le premier chantier collectif a été l’occasion de travailler l’entrée avec 2 panneaux d’affichage.

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Les escaliers ont également pu être consolidés et les bordures du potager partagé ont été retravaillées.

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Le terrain de pétanque fait le 17 juin a été utilisé de maintes fois par des initiés. Il a depuis été aggrandi et a pu être testé à plus grande échelle le 11 juillet lors d’un tournois.

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Coucher de soleil vu de la fenêtre de la cuisine.



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