« On la joue collectif ! » - Communiqué des Lentillères

Il y a quelques semaines François Rebsamen annonçait l’abandon du projet d’« écoquartier » sur le territoire occupé par le Quartier Libre des Lentillères. Il annonçait la mise en place de registres pour les personnes souhaitant régulariser ou installer une activité - maraîchère uniquement - sur le quartier, et l’expulsion de toutes les autres. Les habitant·es des Lentillères lui répondent.


Lire le premier communiqué des Lentillères après l’abandon

On la joue collectif !

Il y a quelques semaines, la mairie annonçait l’abandon de la phase 2 de « l’Éco-cité des Maraîchers ».
Depuis, elle annonce la possibilité d’une régularisation des seules activités maraîchères et potagères, sur la base de contrats individuels ou associatifs, à travers un « appel à projet ».

Cela fait maintenant dix ans que nous soignons et faisons vivre le Quartier Libre des Lentillères, soit 12 hectares désormais sauvés de la bétonisation. Nous y sommes lié.e.s. Viscéralement.
Personne ne connaît mieux ce Quartier que nous.

Sa richesse vient en grande partie du fait que les activités maraîchères et potagères sont entremêlées à bien d’autres activités tant pratiques et culturelles que sociales. Voilà le projet que nous continuons à construire jour après jour : celui d’un Quartier qui réfléchit collectivement aux différents usages d’un même territoire.

C’est pourquoi il est inconcevable à nos yeux que le Quartier soit morcelé pour être attribué à des personnes ou des associations qui auraient opportunément mis leurs noms dans un registre, ou déposé un dossier de projet hors-sol.

Le maire de Dijon dit aujourd’hui que l’illégalité de notre présence doit cesser.
En vérité, cela ne tient qu’à lui.

Nous n’avons pas d’opposition de principe quant à une forme de régularisation. Il n’est pas question de cela mais du respect de ce que nous avons construit : une vie collective qui prenne soin du territoire et des relations, qui entremêle les différents usages possibles d’un espace, qui laisse la place à la réflexion commune et à l’invention.

Des formes de délégation collective existent en partie, des cadres juridiques restent à inventer. En effet, nous savons qu’il existe des lieux où la loi s’incline face à la légitimité et se réinvente lorsqu’une lutte s’avère victorieuse. Cette invention ne se fera pas sans nous. Elle demandera par ailleurs de la créativité et du courage politique.

Nous démarrons un grand chantier de réflexion collective autour de l’avenir du quartier. L’abandon de l’écoquartier signe pour nous la fin d’une phase de menace, et nous voulons repenser nos projets sur ces terres au regard de cette pérennité nouvelle, avec toutes les personnes qui nous soutiennent.
Nous rendrons public le résultat de nos réflexions au printemps.

Quels que soient les terrains de bataille, nous ne cesserons jamais de défendre le Quartier Libre des Lentillères.

Nous réaffirmons qu’aucune institution extérieure ne peut soigner ce territoire comme nous l’avons fait jusqu’à présent et comme nous continuerons à le faire.

L’Assemblée du Quartier Libre des Lentillères,
jardinier.e.s ou pas, habitant.e.s ou pas, anarchistes ou pas, gaillard.e.s ou pas [1].
Riche de ses soutiens divers et nombreux.


P.-S.

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Notes

[1Dans ses dernières déclarations François Rebsamen se plait à opposer les jardiniers et les habitants (une opposition qui, de fait, n’a jamais existé sur place), de même qu’il parle régulièrement des « anar’ des Lentillères ». Au conseil municipal du 16 décembre, il a déclaré qu’une expulsion ne serait « pas simple à réaliser avec les gaillards qu’on a là-bas ».

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