Projet de parcs photovoltaïques autour de Curtil-Saint-Seine

Total Quadran vient de révéler aux Curtilien.nes son projet de convertir 80 hectares de terres agricoles autour du village en parcs photovoltaïques. Le permis de construire devrait être déposé à l’automne 2021, mais la contestation prend forme et les habitant.es entendent ne pas se laisser imposer cela.

Projet

À l’origine du projet, Nicolas Simonet, céréalier de Saussy, veut rentabiliser ses cultures sur ce plateau à très faible rendement. Il pense à se tourner vers la filière biologique puis contacte Total Quadran, filiale du groupe dédiée à l’énergie renouvelable pour convertir ses terres. Quadran est une entreprise de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables créée en 2013. Avec une capacité de production de 363 MW et près de 300 employés, elle a été rachetée par Total en 2018 pour donner une image verte au groupe confronté aux enjeux climatiques. [1] Total Quadran exploite 224 centrales solaires, 63 centrales éoliennes, 12 centrales hydrauliques et 10 centrales biomasses et produit 1793 GWh/an d’électricité. Avec elle naît l’idée de conjuguer production agricole et parc photovoltaïque autour de Curtil-Saint-Seine. Le projet, estimé à 15 millions d’euros, est rejoint par Jean-Marie Nolot et Sébastien Rabier, exploitants à Chaignay.
Total Quadran a présenté son idée aux Curtilien.nes le 9 mai dernier. Le 11 mai, le conseil municipal se prononce contre ce projet, sans que ce ne soit une décision officielle. Une commission à propos du projet a été constituée. Dès le 16 une nouvelle réunion d’information se tient à l’église de Curtil-Saint-Seine avec les habitant.es. La trentaine de personnes présentes expriment leur inquiétude et leur opposition au parcs photovoltaïques. La commission effectue un sondage qui révèle que 85 personnes se sont prononcées contre le projet contre 4 lui étant favorables.

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Opposition

Les habitants déplorent l’impact sur la biodiversité, l’artificialisation de terres agricoles, l’impact sur la faune - dont le gibier de chasse -, la proximité avec des zones Natura 2000 - dont la forêt de Val-Suzon -, ...
Total Quadran contre-attaque déjà en affirmant s’engager pour qu’on ne voit pas les panneaux solaires depuis le village, utilisant comme compensation minable l’aménagement d’un verger citoyen avec des jeux pour enfants.
Rien n’est encore joué, c’est le moment de se mobiliser.



Notes

[1« Il est évident que je ne travaillerai jamais pour Total. » affirme l’un des rédacteurs de l’appel lancé en septembre 2018 par le collectif ’Pour un réveil écologique’. Un appel signé par plus de 32.000 étudiants des plus grandes écoles françaises - HEC, Polytechnique, Pont ParisTech, Centrale, Les Mines, ... - et rejoint par plus de 70 organisations. Marqués par le soulèvement des Gilets jaunes ainsi que par les images de déforestation aux quatre coins du monde, les étudiants ingénieurs tournent le dos aux grands groupes comme Total.

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