Sale ambiance à Briançon...

Alors que les médias relataient que 2 policiers avaient été blessés lors d’une interpellation à Briançon dimanche soir, une personne s’est faite en réalité violemment agressée par la police alors qu’elle était à la terrasse d’un café.

Un dimanche 22 avril, 19 h30, à Briançon

Nous étions cinq personnes attablées à la terrasse de l’Hôtel de la Gare à Briançon. Nous avions quitté le refuge solidaire où venait de se terminer la marche de Clavière à Briançon avec des exilés coincés là haut depuis 4 jours.

Nous sirotions tranquillement un verre lorsque deux véhicules banalisés se sont garés à proximité. Entre 5 et 6 policiers, certains en civil, sont descendus et se sont dirigés vers nous d’un pas déterminé.

Ils sont montés sur la terrasse par les deux escaliers y donnant accès, nous encerclant.

Nous étions assis. Le plus gradé d’entre eux nous a stipulé un contrôle d’identité. Surpris, nous avons demandé quel en était le motif. Il a répété que nous devions lui présenter nos papiers.

Nous avons obtempérer, sauf deux d’entre nous qui ne les avaient pas sur eux mais dans leur voiture garée tout près. Les policiers ont ensuite pris des photos des papiers d’identité et ont demandé à l’un
d’entre nous de les suivre. Ce dernier leur a demandé pour quelle raison puisqu’il venait de contrôler son identité.
Un des policiers, qui commençait à rougir lui a répondu « on va pas te le répéter deux fois ».

Notre ami a donc sorti son téléphone pour prévenir son avocat qui suit les mouvements de solidarité avec les exilés et... c’est à ce moment-là que les policiers lui sont tombé dessus, arrachant son téléphone, le projetant au sol, lui sautant dessus.
Face contre terre, coups de matraque, clef de bras, coup de genoux, pouces enfoncés dans les yeux, étranglement... pendant plusieurs minutes une violence extrême s’est abattue sur notre compagnon il hurlait de douleur, nous étions abasourdis une telle violence pour un simple contrôle d’identité...

Un policier resté en retrait leur a même demandé d’y aller moins fort.
Notre ami fut ensuite traîné par les pieds dans les escaliers toujours face contre terre et jeté sur le goudron deux mètres plus loin. Alerté par les cris, des gens autour sont arrivés en courant et ont récupéré notre compagnon en train de se faire lyncher. Les policiers ont gazé tout le monde, y compris notre ami gisant au sol.

Il fut finalement porté à bout de bras, le visage tuméfié, en sang, la mâchoire gonflée, respirant difficilement et aveuglé par les gaz lacrymogènes. Souffrant de multiples contusions, d’un énorme hématome à la mâchoire, d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la trachée, il est parti aux urgences. 10 jours d’ITT (Interruption Temporaire de Travail).

Vous avez la monnaie monsieur l’agent ?

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