5 mars, l’Université et la recherche s’arrêtent

La première coordination nationale des facs et labos en lutte a abouti à la rédaction d’un appel à l’arrêt de l’université et de la recherche à partir du 5 mars. Un point sur la situation locale.

Un mouvement prend forme au sein de l’université, pour bien comprendre la situation, lisons tout d’abord la motion du Laboratoire Edition, Littératures, Langages, Informatique, Arts, Didactique, Discours (ELLIADD) de l’Université de Bourgogne.

Nous, enseignant.es-chercheur.es, personnel administratif et doctorant.es du laboratoire ELLIADD (Edition, Littératures, Langages, Informatique, Arts, Didactiques, Discours) EA 4661 de l’Université Bourgogne-Franche-Comté, exprimons notre très grande inquiétude face au futur projet de loi « Programmation Pluriannuelle de la Recherche » (LPPR) qui sera discuté au Parlement à partir de ce mois de février.
Alors même que la communauté universitaire est appelée à subir de plein fouet les conséquences de la réforme des retraites ou la disparition du statut actuel des Équipes d’accueil, le projet LPPR annonce :
• La remise en cause du statut des enseignant.es-chercheur.es avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD (modulation des services) ;
• L’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR (tenure tracks, contrats précaires à durée déterminée, susceptibles de remplacer le statut de Maître de conférences) ;
• La remise en cause des fonctions du CNU dans l’évaluation des carrières par les pairs et plus généralement de la collégialité au sein de notre communauté, ce qui fait accroître le risque de localisme dans les recrutements et l’inégalité dans le déroulement des carrières et des promotions.
Ce projet systématise la mise en concurrence des universités, des laboratoires, des personnels, enseignant.es-chercheur.es, BIATSS et ITA au lieu de prôner la coopération. Il précarise l’entrée de nos doctorants dans le métier d’enseignant.e-chercheur.e. contre le développement de l’emploi pérenne.
Ce projet vise à promouvoir un modèle différent de la recherche, financé quasi exclusivement par projet, tourné vers le profit et la rentabilité, celui des pôles d’« excellence », des brevets qui rapportent. Ce projet vise à détruire la liberté de la recherche et met en cause la pérennité et la qualité de la recherche fondamentale, il asservit toute pensée à la logique managériale et entre en opposition avec la liberté d’étude et de recherche qui constitue le socle même des missions du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Nous refusons vigoureusement ces orientations contraires à nos engagements scientifiques et éthiques. C’est pourquoi le laboratoire ELLIADD manifeste son opposition au projet de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).
Le laboratoire ELLIADD appelle à engager une réflexion et une mobilisation collectives à l’échelle locale pour définir des propositions alternatives pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche.
Motion votée le 16 février 2020.
74 votes exprimés : 69 votes favorables et 5 abstentions.

3 mars

AG étudiante au pôle éco gestion à midi pour préparer la journée du 5, l’enthousiasme est de mise :

https://twitter.com/UnefBourgogne/status/1234810198121963520?s=20

Appel à rejoindre le rassemblement à 16h30 au 29 avenue du drapeau devant la permanence LREM et à manifester jusqu’à la préfecture afin de dénoncer l’usage du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites en force.

4 mars

Dans une tribune publiée le 4 mars dans Le Monde, plus de 800 universitaires menacent de démissionner collectivement de leurs responsabilités administratives pour protester contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Parmis les signataires, deux responsables de l’Université de Bourgogne :

  • Paola Sedda, MCF en Sciences de l’information et de la communication, Université de Bourgogne, responsable du Master 2 Communication numérique des organisations ;
  • Inka Wissner, MCF en sciences du langage, Université de Bourgogne-Franche-Comté, responsable pédagogique du Master 1, Centre de téléenseignement de l’UFC.
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5 mars

Voici le tract qui circule dans toutes les facs et labos pour préparer l’arrêt de l’université et de la recherche le 5 mars :

Pour nos retraites
Pour le service public de l’enseignement et de la recherche
Depuis le 5 décembre, des dizaines de Facs et de Labos sont en Lutte !
120 revues scientifiques de SHS sont en grève, des centaines de motions sont votées dans nos instances démocratiques, dans les départements des universités et dans les laboratoires, les collectifs mobilisés agissent partout.
 
Depuis le 5 décembre, aux côtés de bien d’autres secteurs, nous luttons contre la casse de notre système de retraites, dont on peut prévoir des effets particulièrement délétères dans le secteur de l’enseignement, de la maternelle à l’université.
Le gouvernement, lui, reste indifférent à nos revendications légitimes et maintient sa volonté de renforcer la précarité, les inégalités entre établissements et la compétition généralisée à l’université, bien qu’il soit de plus en plus difficile pour lui de tenir son agenda, comme le prouvent les divers reports de présentation de la future LPPR.
Sa seule réponse à notre mobilisation est la même que celle faite aux autres mouvements sociaux : une répression de plus en plus brutale.
Aujourd’hui, nous disons tou·tes que ça suffit. Beaucoup d’entre nous ont déjà arrêté leurs activités, mais ce n’est pas suffisant. Nous devons tou·tes arrêter l’ensemble de nos activités pour réussir à nous faire entendre. Nous en prenons l’engagement :
 
Le 5 mars l’université et la recherche s’arrêtent !
Nous arrêtons car nous refusons de participer à un système qui fonctionne sur l’exploitation massive des précaires et vacataires, chez les enseignant·es, les chercheur·ses, les BIAT·O·SS et IT·A.
Nous arrêtons car, dans des conditions budgétaires intenables, nous nous tuons à accomplir nos missions à la hauteur des exigences de l’université publique.
Nous arrêtons car nous ne tolérerons plus le tri des étudiant·es par la sélection et l’augmentation des frais d’inscription, qui produit l’exclusion des plus dominé·es, opprimé·es et exploité·es.
Nous arrêtons pour dénoncer nos conditions de travail dégradées d’année en année.
Enfin, nous arrêtons car seul un arrêt total de l’activité habituelle pourra enfin interpeller le gouvernement qui reste sourd aux revendications interprofessionnelles sur le retrait du projet de casse des retraites, alors même que l’opinion publique est hostile à ce projet.
 
Contre ce gouvernement et son monde, nous allons construire une université qui sera un véritable service public et un espace de vie démocratique.
Nous instaurerons une réelle gratuité des études et créerons un salaire étudiant.
Nous imposerons un plan de titularisation et de création de postes à la hauteur des besoins.
Nous obtiendrons des financements publics supplémentaires pour la recherche publique, sous forme de crédits récurrents pour les laboratoires et les formations des universités ; nous construirons une gestion démocratique de ces financements.
Nous garderons notre système de retraites et renforcerons les systèmes sociaux de solidarité.
 
À l’heure des grands choix de société, nous avons plus que jamais besoin de l’université et de la recherche publiques, sur l’ensemble du territoire.
Nous voulons une université et une recherche ouvertes à tou·tes, produisant collectivement des savoirs et les diffusant le plus largement possible.
Pour la défendre, pour la conquérir, pour la construire, le 5 mars 2020, on arrête tout !
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Le tract pour le 5 mars
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Tract de l’intersyndicale

À Dijon :
Une demande a été faite auprès de la présidence pour banaliser les cours de la journée de jeudi, restée sans réponse. Les départements d’Histoire, de Lettres modernes et de Sociologie ont voté l’absence de cours le 5 mars.

Matinée :
Atelier banderole devant les bancs verts et tour des amphi pour informer sur les retraites et la LPPR, et plus largement sur les enjeux sociaux qui touchent les étudiants.

12h :
AG au pôle éco gestion, avec dans l’ordre du jour :

  • Revendications ouvertes
  • Discussions pour élaborer ensemble la mobilisation
  • Point actions
  • Commissions de travail : préparation d’évènements, préparations mobilisations aux différentes dates, mises à plat des revendications, organisation de l’information
  • précarités étudiant.e.s et personnels de l’université
  • sélections à l’université
  • réchauffement climatique
  • luttes féministes
  • mobilisation contre la réforme des retraites

Après-midi :
Idées à développer pendant l’AG :

  • Pique-nique blocus ?
  • Points info dans la fac (table hall droit-lettre...) et en ville ?
  • Rencontre des personnels ?
  • Travail en commission ?
  • Trucs festifs ?
  • Die in le long du tram ?

6 & 7 mars

Les 6 & 7 mars se déroulera la deuxième coordination nationale des facs et labos en lutte à l’université de Nanterre. Elle aura pour objectif de travailler à élaborer collectivement une liste de revendications, des modes d’action et de jeter les bases d’un contre-projet offensif pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche.



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