Bastion Social : réplique du GUD ou nouvel horizon de l’extrême droite ?

En 2011 à Lyon, Steven Bissuel réanimait un des mouvements d’extrême droite les plus connus en France : le Groupe Union Défense (GUD). Reconnaissable à son rat conduisant un bateau (pour leur QG Lyonnais « Le Pavillon Noir ») ou à la Croix Celtique, ce mouvement ouvertement nationaliste et fasciste n’a cessé de grossir durant 6 ans.

Portant finalement à sa tête Steven Bissuel. Ce dernier a réussi la prouesse de virer le mouvement antifasciste du Vieux Lyon, avec l’aide de la Police sous les ordres du bien connu (aujourd’hui Ministre de l’intérieur) Gérard Collomb (alors Maire de Lyon). Telle était la situation jusqu’en Mai 2017.

Mais le GUD Lyon (et donc le GUD au niveau national sous l’autorité de Bissuel), étant toujours avide d’expansion, a tenté un coup de poker médiatique : occuper un bâtiment sur la Presqu’île Lyonnaise, descendant donc de l’emblématique colline de « Fourvière », véritable nid de la vermine d’extrême droite (Génération Identitaire occupant le Nord de la Colline, et le GUD le Sud). Ce bâtiment étant tout de même situé près de la Place Carnot (à 500 mètres au Sud de la Place Bellecour), proche de la Gare de Lyon Perrache, non loin du siège du Front National local et de l’Action Française.

En Mai 2017, le « Bastion Social » était donc né. S’inspirant des squats néo-fascistes de « Casa Pound » en Italie ou du « Hogar Social » en Espagne, son but est la convergence de tous les groupuscules d’extrême-droite et l’aide « sociale ». Ce qui est son premier point fort aux yeux de l’opinion publique non-sensibilisée à l’extrême droite : le Bastion Social se fait passer pour un équivalent des Restos du Coeur en distribuant de la nourriture, pour l’Abbé Pierre en organisant des maraudes ou encore pour ce que devrait faire le Gouvernement : loger des personnes sans-abri.

Mais dans le cas du Bastion Social, ces personnes doivent être blanches et « françaises » (puisque bon le but n’est pas d’aider tout le monde peu importe sa couleur de peau, faut pas trop leur en demander à ces nazillons). Grâce à cela, ils cachent leur homophobie ou leur racisme au grand public. De plus, en prônant la « Préférence Nationale » avec une xénophobie extrêmement virulente notamment avec la reprise des argumentaires anti-migrant·es du Front National ou avec des slogans tels « Les Nôtres avant les Autres », l’opinion publique adhère de plus en plus à leurs thèses, car apparemment être anti-migrant·es, ça n’est pas être raciste mais JUSTE xénophobe ; donc ça passe (en atteste la non-réaction du Gouvernement vis à vis de l’Aquarius).

Le Bastion Social l’a donc bien compris, revendiquer des agressions racistes ou homophobes ne fait plus vendre (même si elles ont toujours lieu et sont en croissance depuis 2016), il faut communiquer sur la « Nation » qui fait son grand retour dans les discours politiques, sur « nos » pauvres (mais blanc·hes) et saupoudrer le tout de « social ». Avec cela vous obtenez un mouvement qui, parti de Lyon, bien ancré dans le réseau de l’extrême-droite radicale européenne, s’est implanté à Marseille, à Aix en Provence, à Chambéry, ou à Strasbourg (et qui aurait des projets sur Dijon).

Le Bastion Social continue donc sa course à l’expansion en recrutant toujours plus de membres, en prenant de plus en plus de place à l’extrême-droite et en assurant sa cohésion interne notamment par l’organisation de sa première « Université d’Été » à Avallon (89), en Bourgogne, entre le 29 Juin et le 1er Juillet 2018. Il va sans dire que leur présence n’est pas tolérable et que la préfecture doit interdire leur venue.

Pour conclure, nous pouvons donc dire que pour l’instant le Bastion Social fait un sans fautes depuis 1 an : un grossissement du mouvement significatif, une stratégie de communication nationaliste qui malheureusement marche, et une visibilité toujours plus accrue.
Évidemment le mouvement antifasciste est et sera là pour contester leur présence (casse, tags ou « emmurement » sont au menu), mais nous devons être vigilant·es car n’oublions pas que sous leur nouvelle apparence se cache un mouvement néofasciste dont les membres n’hésitent pas à tabasser ou à tuer celles et ceux qui ne seraient pas de la bonne « couleur » ou orientation sexuelle.

Contre leur « Nation » et leur intolérance qui ne font que diviser l’Humanité, répondons avec

Antifascisme, Humanisme et Solidarité


Always Antifa !
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des antifascistes de Dijon et alentours

P.-S.

Il y a beaucoup de lecture fournie disponible sur le net, de travaux d’enquête permettant de retracer l’histoire idéologique du Bastion Social et de ses leaders, notamment par les camarades de La Horde, ou même par Slate.fr qui se distingue pour une fois par la qualité de son article... Une petite recherche sur internet suffit pour se convaincre du caractère nauséabond de ce groupe.