La Bataille du Rojava

Depuis mercredi 09 octobre, la Turquie pilonne des villes du Nord-Est de la Syrie. Le lancement de cette opération militaire baptisée « Printemps de la Paix » intervient à la suite d’un revirement de Trump sur les précédents accords concernant la stabilité de cette zone frontalière. Alors qu’ils avaient garanti une protection aux forces kurdes, les Américains ont finalement livré ce territoire à la Turquie.

Au moment où nous finissons cet article, les Kurdes viennent de trouver un accord avec le régime syrien afin d’éviter un massacre. Les conséquences de cette avancée du régime en territoire kurde sont énormes.

Nous avons pris contact avec des personnes actuellement présentes au Rojava, afin qu’elles nous exposent la situation. Certaines font partie des internationaux qui se battent courageusement sans appui aérien à Sere Kaniye aux côtés des Forces Démocratiques syriennes, d’autres sont des observateurs à Kobané. Depuis que nous nous sommes entretenus avec eux, la situation sur place s’est empirée. Nous n’avons plus de nouvelles de nos amis au front.
Nous revenons, à travers cet article, sur le contexte dans lequel ce nouveau front s’est ouvert : mise à mal d’un travail de stabilisation de la zone, retour des cellules dormantes de Daesh, politique anti-terroriste américaine sur le territoire syrien, présence du PKK dans les zones arabes.
Les Kurdes avaient annoncé depuis plusieurs mois l’imminence d’une intervention turque sur leurs territoires, ils avaient notamment lancé une campagne de soutien internationale que vous pouvez retrouver ici.
Nous tenons à rappeler que l’offensive turque ne doit pas faire oublier qu’au même moment Bachar Al Assad, appuyé par les russes et les milices iraniennes, continue de bombarder lourdement la province d’Idlib, dernière poche syrienne tenue par l’opposition et protégée par les Turcs.

Au vu des derniers évènements, les Américains qui n’avaient jusque là pas encore déserté toutes leurs bases et restaient déployés sur certains axes du Rojava, semblent maintenant totalement dépassés. Leur sécurité sur place n’est plus garantie. Ils ont subi des attaques de groupes islamistes et leur présence ne constitue pas un obstacle pour l’avancée des Turcs au delà de la zone frontalière. Les opérations militaires turques facilitent actuellement l’évasion massive des prisonniers retenus jusque là par les Forces Démocratiques Syriennes. Ces derniers, désormais occupés à contrer l’offensive turque, affirment que la sécurité de ces prisons ne constituent plus pour eux une priorité. A cela s’ajoute la multiplication des apparitions des cellules dormantes de l’Etat islamique.
Pour cartographier grossièrement la situation actuelle, le Rojava subit une invasion turque au nord par les villes de Tal Abyad et de Sere Kaniye ainsi que des incursions de groupes islamistes au sud auxquelles s’ajoutent des bombardements sur les villes et les axes de circulation. Le retrait des Américains a non seulement ouvert la porte à une offensive de la Turquie mais a précipité la possibilité du retour de Bachar al Assad et de la Russie dans les zones kurdes. Le régime peut désormais s’y présenter comme la seule alternative possible pour assurer la sécurité des territoires kurdes. Ce qui rend très incertain le sort des zones arabes, de Raqqa à Der ez Zor, jusqu’ici sous contrôle kurde. Ces territoires seront coincés entre la possibilité d’un retour du régime ou la reconquête par des groupes islamistes.

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