Le buste d’Henriette de Crans vandalisé : Une violence faite à toutes les femmes !


Doubs

Henriette de Crans fut la première femme condamnée pour sorcellerie et à avoir été brulée vive à Besançon. Le 20 novembre dernier, lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes un buste à son effigie a été inauguré par la maire de Besançon. Dans la nuit de lundi à mardi, cette statue a été vandalisée. Plusieurs croix gammées ont été retrouvées à proximité de la statue.

Henriette de Crans fut la première femme condamnée pour sorcellerie et à avoir été brulée vive à Besançon. S’en est suivit jusqu’au XVIIIe siècle une vague de persécutions fortement misogynes.

Afin de se remémorer toutes les formes de violences sexuelles et sexistes et la nécessité de continuer à se dresser contre, une statue à l’image de Henriette de Crans a été érigé dans le parc Chamars, parc où avait été dressé le bûcher. C’est lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes que son buste a été inauguré le 20 novembre dernier par la maire de Besançon (article France 3 Régions : Brulée vive pour sorcellerie Henriette de Crans aura sa statue à Besançon).

Dans la nuit de lundi à mardi (29 et 30 novembre), cette statue a été vandalisée. Son visage a été recouvert de peinture orange. Plusieurs croix gammées ont également été retrouvées gravées dans l’écorce des arbres à proximité de la statue.

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La ville de Besançon a déposé plainte. Et lors de la conférence de presse organisée sur le parvis du commissariat ce mardi à 14h00, la maire de Besançon nous a apprit que d’autres croix gammées avaient déjà été inscrites sur le socle au moment de l’installation de la statue, et que d’autres avaient été gravées sur des arbres situés le long de la promenade Chamars.

Est-il étonnant de voir des fascistes vandaliser une statue, alors que condamnant « wokisme » ou « cancel culture », ils poussent des cris d’orfraies quand il s’agit de déboulonner la statue d’un esclavagiste ? Est-il encore étonnant de les voir vandaliser la statue d’une femme condamnée au bûcher, alors qu’ils idolâtrent Jeanne d’Arc ? De plus ces actes ne sont pas sans rappeler les graffitis faits sur les passages piétons arc-en-ciel au début de cet été (article MaCommune.info : Plainte d’Anne Vignot après la découverte d’une croix gammée sur le passage piéton arc-en-ciel LGBTQI+) et dont les auteurs n’ont toujours pas été identifiés.

Il n’y a malheureusement rien d’étonnant dans ces actes pitoyables. Les nervis extrêmes-droites (qu’ils soient issus du RN, des groupuscules néo-nazis ou représentants les petits caporaux défenseurs de l’identité nationale) démontrent une énième fois qu’ils ne seront jamais du côté des victimes et des luttes visant à l’égalité et à l’émancipation.



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