Un caporal du 35e RI de Belfort interpellé avec des armes de guerre et de la propagande d’extrême-droite.


Territoire de Belfort

Samedi 20 novembre, la direction des opérations douanières a découvert plus de 130 armes chez un particulier dans l’Eure. Ce dernier était en compagnie d’un militaire du 35e régiment d’infanterie de Belfort.

Lors d’un contrôle routier, deux jeunes hommes de 25 ans tentent de prendre la fuite. Il venaient d’achever une séance de tir en rase campagne, une activité interdite. Dans leur véhicule les enquêteurs découvrent trois fusils de chasse et un pistolet automatique. Après vérification il s’avère que ces armes sont possédées légalement, mais les enquêteurs décident de creuser un peu et vont perquisitionner le domicile d’un des deux hommes, situé à une trentaine de kilomètres.

Sur place ils découvrent une cache aménagée dans l’habitation. Le local abrite pas moins de 130 armes, dont des fusils d’assaut AR-15 et AK-47, au moins deux pistolets-mitrailleurs, des armes de poing, deux fusils à pompe à canon et crosse sciés, 200 kilos de munitions diverses, des grenades, cinq cartouches de 20 mm pour mitrailleuses d’avion…
D’après une source proche de l’enquête citée par Le Monde [1] des « éléments de propagande liée à l’extrême droite, des écussons, des affiches, de la documentation néonazie typique » ont par ailleurs été retrouvés sur place.

Un des deux jeunes hommes s’avère être caporal au 35e régiment d’infanterie de Belfort. Comme le rappelle Le Monde un soldat de cette unité avait déjà été mis en cause au mois de mars dans une enquête du média en ligne Médiapart pour avoir posé avec un teeshirt évoquant la Division Charlemagne, une unité composée de volontaires français de la Waffen-SS au cours de la seconde guerre mondiale.
D’après France Bleu Belfort-Montbéliard [2], il s’agit du même homme. Il avait été l’objet de « lourdes sanctions disciplinaires », avec notamment des jours d’arrêts, et une mise à l’écart de toute responsabilité d’encadrement.

L’information apparait rarement dans la presse bourgeoise - trop occupée à relayer des paniques morales sur le « wokisme » - mais des interpellations de militants d’extrême-droite en possession d’armes ont lieu très régulièrement. En janvier une série de perquisitions dans les milieux d’extrême-droite, dont une en Haute-Saône, avait permis de trouver des armes. En mai des militants d’êxtrême-droite ont été arrêtés dans le Haut-Rhin et à Sochaux alors qu’ils préparaient un attentat contre une loge maçonnique. Dernièrement, la figure complotiste Rémy Daillet ainsi que 13 autres personnes ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête sur la préparation d’attentats et d’un coup d’état. Le phénomène ne se limite pas à la France, comme le montre cet article de La Horde.

2015-2018 : l’extrême-droite de plus en plus armée

Depuis plusieurs années, les groupes d’extrême-droite se réorganisent. Par des organisations comme le Bastion Social d’abord, mais aussi de manière plus souterraine. Corrélé à une forte augmentation de la circulation des armes en France et à une fascisation de la police, on voit des groupes d’extrême-droite s’armer, et parfois passer à l’action. Recension des moments où les fachos se sont retrouvés avec des armes entre les pognes.


P.-S.

Cet article était à peine terminé que la nouvelle d’un nouveau "coup de filet" chez des apprentis terroristes d’extrême-droite était annoncée. 13 individus ont été interpellés ce mardi matin. Il s’agit de « 12 hommes et une femme, âgés de 21 à 52 ans, de profils divers ». Tous sont semble-t-il membres d’un groupuscule nommé « Recolonisation France », « un groupement structuré et organisé au niveau national et régional, composé de plus de 110 membres, dont des militaires ou anciens militaires, répartis sur l’ensemble du territoire, échangeant et se rassemblant autour d’une idéologie identitaire, raciste et violente, notamment véhiculée à travers les réseaux sociaux ». Des armes ont été retrouvées chez tous les suspects, ainsi que de la littérature d’extrême-droite, notamment des textes survivalistes et des exemplaires de "Mein Kampf" [3].


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