Confinement à deux vitesse, pendant et après. 

Le confinement ne doit pas être une mesure de classe, nous ne sommes pas tous égaux face à cette mesure. Ce sont toujours les mêmes qui paient les pots-cassés, le gouvernement va profiter de la crise pour abattre encore plus d’acquis sociaux. Il faut exiger maintenant !

Nos fils d’actualité Facebook ou Twitter nous donnent l’impression que le confinement annoncé par le gouvernement sera le même pour toutes et tous, une vision plutôt hypocrite de la situation : À quel jeu de société va-t-on jouer ? Quel essai politique ou roman va-t-on lire ? Quel film voir ? À qui reviendra la palme du confinement le moins pénible ?

Pendant ce temps, de nombreuses personnes devront continuer de travailler, soit car leur travail est indispensable à la vie de la société : alimentaire, santé, distribution, transports et quelques autres secteurs. Soit car leur direction tentera de leur imposer le travail afin de poursuivre la course à l’argent tout en jouant à la roulette russe avec la vie des travailleur.euse.s. Le week-end, c’est double peine : confinement comme le reste de la population, parfois en présence des proches qui elle et eux sont confiné.e.s mais risquent la contamination de facto, puisque dans de nombreuses entreprises, les règlements sanitaire ne sont pas à la hauteur. Comment peut-on espérer être à la hauteur pour faire face à une pandémie, lorsqu’en temps normal, les règlementations de base ne sont pas respectées par les employeurs. 

Si certain.e.s auront assez d’argent pour se ruer dans les magasins pour faire des stocks (soit dit en passant, inutiles), les précaires et sans emplois, avec des moyens beaucoup plus modestes, vont peiner encore plus que d’habitude à survivre. 

Quand on parle de confinement, on entend avoir un toit. Rien n’est mis en place pour celles et ceux qui n’ont pas de logement. Alors qu’à Dijon même, nous savons qu’il y a des milliers de logements vides, aucune consigne claire n’est donnée à ce sujet aujourd’hui. Ces derniers jours, l’appareil répressif va encore plus loin en verbalisant des SDF pour le non respect des règles de confinement à Lyon. Si certain.e.s diront que ce sont des cas exceptionnels, cela montre néanmoins jusqu’où peut aller l’incohérence dont fait part le gouvernement. Si à Paris, des hôtels vont être mis à disposition pour les sans abris, qu’en est-il à Dijon, où la lettre ouverte envoyée co-signé largement et envoyée au Préfet reste morte. 

Les incarcéré.e.s, eux, subissent une double peine. Les parloirs sont annulés et les détenu.e.s vivent dans des conditions sanitaires extrêmement mauvaises. Des révoltes ont éclatés dans certaines prisons, mais rien n’est fait pour elles et eux. Ce ne sont que des mesurettes qui sont prise : 40€ de crédit téléphonique par détenu.e.s (11h de communication sur tél fixe, 5h sur portable) ainsi que la gratuité des télévisions. Dans certains centres de rétention administratifs, on libère les détenu.e.s comme à Bordeaux, exigeons que ce soit le cas pour tou.te.s 

Si certain.e.s ont la possibilité de rentrer dans leur maisons de campagne, d’avoir un jardin pour prendre l’air, d’autres n’ont pas cette chance. Si certain.e.s iront dans les parcs l’air roublard.e.s en défiant l’autorité, d’autres seront contaminé.e.s car leur confinement, il se passe dans la rue. Les médias se focaliseront sur les magasins et marchés des quartiers populaires, montreront de scènes de cohue, mais ne préciseront pas que ces marchés et magasins sont le seul moyen pour certain.e.s d’avoir des vivres à moindre coût. Dans la quartier de la Goutte D’or à Paris, ainsi que dans un quartier populaire de l’agglomération de Rouen, des vidéos de descentes policières très brutales circulent. Avons-nous vu la BAC se déchainer contre les bobos qui se réunissaient dans les parcs parisiens un jour avant le couvre feu ? Un rapide coup d’œil sur la presse quotidienne régionale nous apprend que la section commentaire du "Bien Public" est une véritable fosse sceptique de commentaires racistes visant les quartiers populaires de l’agglomération Dijonnaise. La société n’échappe pas à ce qu’elle est en temps de crise (au contraire). Une société raciste et capitaliste, où les plus précaires et les descendant.e.s de l’immigration sont systématiquement pris et prises pour cible par les classes supérieures. 

Les femmes vont subir de plein fouet les mesures de confinement, il y a fort à parier que ce soit les premières à devoir gérer le travail domestique, les enfants et leurs travail qu’il soit en télé travail ou non. Il faut rappeler que la majorité des infirmier.ères, des aides-soignant.es ou encore des caissier.ère.s sont des femmes et qu’elles sont également majoritaires dans les métiers de la propreté. Une fois de plus elles sont en première ligne. Le confinement c’est ce que vivent déjà au quotidien certaines femmes victimes de violences, mais depuis mardi c’est la double peine pour toutes les femmes concernées de près ou de loin par la violence conjugale. Le 3919 ne fonctionne plus depuis plusieurs jours, on ne peut qu’espérer la réouverture rapide du standard même s’il est difficile d’imaginer qu’une femme puisse appeler dans ces conditions. Il est important que nous soyons tous et toutes attentives aux personnes de notre entourage (amies, voisines etc.) et de rappeler que si nous devons être confiné.es, fuir n’est pas interdit et venir en aide est impératif. 

Si certain.e.s décrèterons « qu’on ne peut pas s’ennuyer, qu’il y a tant à faire », d’autres chercherons juste à survivre car rien n’est mis en place pour elles et eux, iels sont les laissé.e.s pour comptes. La médiatisation actuelle du confinement relate un aspect bourgeois de celui-ci, elle ne reflète pas la réalité de nombreuses personnes. Pour les classes sociales les plus pauvres, le confinement va accroître certaines problématiques bien plus matérielles que le simple fait « de s’ennuyer », certain.e.s en mourront. Il est à craindre un taux de suicide très élevé chez les personnes les plus isolées et chez les personnes en état de fragilité psychologique.

Ne soyons pas attentistes, le gouvernement ne l’est pas et n’hésitera pas à s’attaquer à nos acquis sociaux. Faisons de même, revendiquons, des comptes doivent être rendus. Ce sont les actionnaires et les politiciens qui ont détruit nos systèmes de santé qui portent les responsabilité du désastre sanitaire que nous vivons. Exigeons la réquisitions des cliniques privées et que celles-ci soient intégrées au service public. Exigeons l’augmentation de lits dans les hôpitaux, une augmentation des salaires. Exigeons la réquisition des logements vides pour ceux qui n’en ont pas. Exigeons la libération des détenus en C.R.A. Fabriquons un maillage de solidarité dans nos ville, nos quartiers, nos immeubles.

Un groupe Facebook [1] d’entraide à été crée pour coordonner les besoins, et les efforts de chacun.ne.s :

https://www.facebook.com/EntraideDijon

Malgré cette épreuve, le confinement prendra fin un jour ou l’autre. Nous militant.es Anarchistes organisé.es appelons à contre-attaquer en exerçant aujourd’hui et jusqu’à la fin de la crise sanitaire un droit de retrait général ! À la fin du confinement, ne reprenons pas le travail et exerçons nos droits syndicaux, poursuivons la grève sous toutes ses formes pour exiger que les responsables de cette crise paient, pour exiger une hausse de salaire et des compensations. Soutenons les syndicats hospitaliers dans leur lutte, prenons la classe capitaliste à la gorge pour imposer notre rapport de force 



Notes

[1Note de la modération de Dijoncter : On vous rappelle que Facebook n’est pas l’idéal pour s’organiser de façon discrète. Bien sur, il est difficile de trouver des outils adéquates en ce moment pour réussir à s’organiser collectivement, mais étant donné les passe-droits de surveillance que va permettre l’État d’urgence sanitaire, et le renforcement du contrôle et de la répression de la population, prenez soin de vous et faites attention à ce que vous écrivez !

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  • Le 23 mars à 14:51

    "Depuis le début de la crise, les centres de rétention administratifs (CRA) se vident petits à petits, au compte goutte. Ce lundi 23 mars, il reste toujours 343 étrangers et étrangères enfermés dans une quinzaine de centres sur l’ensemble du territoire. Jeudi derniers, ils et elles étaient 360 sur 1500 places.