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Des salarié·es privé·es de salaire au rectorat de Dijon



Qui sont ces salarié·es que le rectorat de Dijon ne paie pas ? Les AESH (Accompagnants d’Elèves en Situation de Handicap), les personnels parmi les plus précaires de l’Éducation Nationale. Temps partiels imposés, emplois du temps décousus, salaires de misère, très largement en dessous du seuil de pauvreté... quand il y a un salaire !

Nombre d’AESH n’ont en effet pas touché de salaire ce mois de septembre, il leur sera versé partiellement... fin octobre. Cette situation impose à de nombreux collègues, déjà en situation précaire, des difficultés financières supplémentaires dont elles-ils n’ont pas besoin.

D’après la gestionnaire des traitements au Rectorat de Dijon, les retards de paiement seraient dus aux changement de type de contrat de ces AESH en cette rentrée : en effet, pour un même métier, coexiste un grand nombre de type de contrats et les services de l’Éducation Nationale qui les gèrent ne sont pas les mêmes.

Mais la petite cuisine interne du rectorat de Dijon pour gérer les contrats précaires n’excuse en rien le fait de placer ces personnels dans une situation financière catastrophique. D’autant plus que ces AESH étaient bien connu·es des services de l’Éducation Nationale : certain·es exerçaient leur métier depuis plusieurs années en contrat aidé (permettant à l’employeur de s’exonérer des cotisations sociales) quand les autres avaient cumulé 6 ans de CDD...

Quelle a été la solution proposée par le rectorat lorsque les AESH concerné·es ont demandé à recevoir leur paie de septembre ? Dans le meilleur des cas : « Adressez-vous au service social de votre DSDEN ». Mais ce ne sont pas des aides sociales que ces salarié·es réclament mais leur salaire !

De tels faits ne peuvent que provoquer la colère et l’indignation des collègues.

  • Quelles réparations peut-on attendre de l’administration pour le préjudice financier subi ?
  • Quelles mesures immédiates peuvent être proposées à ces personnels que le Rectorat menace de ne pas payer avant fin octobre, pour qu’ils payent leurs charges et nourrissent leurs enfants ?
  • Les personnels lésés percevront-ils des intérêts moratoires tels que prévus par la circulaire du Budget n° 140 du 24 octobre 1980/RLR 332-0-d afin de compenser leur déficit bancaire générateur d’agios ?

Le Collectif des précaires de l’Éducation 71 et le syndicat SUD Éducation Bourgogne exigent sans délai que les personnels AESH n’aient plus à être victimes de dysfonctionnements administratifs aussi lourds de conséquences sur leur vie quotidienne.

Convaincu de la légitimité de ses attentes, le Collectif AVS/AESH-SUD Éducation Bourgogne réclame un engagement véritable et immédiat de l’autorité académique dans ce sens.



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