L’intersyndicale de France Travail dénonce la privatisation de ses missions



La CFDT, la CGT, la CFTC, la FSU, FO, et le SNAP de Bourgogne Franche-Comté appelent à se joindre à la grève ce jeudi 5 décembre 2024. Ils dénoncent la privatisation accrue de leurs missions et le recours massif à la sous-traitance.

La loi dite « Plein emploi » "ouvre la possibilité pour les Opérateurs Privés de Placement ou les agences d’intérim de réaliser le premier entretien des demandeurs d’emploi suite à l’inscription et de les accompagner (en lieu et place des acteurs du Service Public de l’Emploi). Il est ainsi prévu le renvoi de quelques 900 000 privé.es d’emploi vers le Privé pour un budget annuel de 400 Millions d’euros."

Par ailleurs, le nombre d’inscrit·es à France Travail augmente alors que les effectifs de France Travail diminuent : "En BFC, les effectifs sont passés de 2057 au 31/10/21 à 1972 au 31/10/24, réduire encore le nombre de conseiller.ères c’est dégrader la qualité du service rendu aux usager.es et les conditions de travail des agent.es. Faire plus avec moins, voici la conséquence de ces mesures ! "

Le communiqué complet :

Communiqué d’une intersyndicale du 4 décembre 2024 :

Le Projet de Loi de Finance, c’est 500 Equivalent Temps Plein Travaillés en moins pour France Travail en 2025 et un budget de fonctionnement en baisse. Comme selon le gouvernement, le « chômage baisse », il est « logique » d’envisager une double peine, diminuer le nombre de conseillers et le budget alloués au Service Public de l’Emploi.

Et pourtant, 6 millions de personnes sont inscrites dans les fichiers de France Travail, 227 000 en BFC avec une augmentation de 4000 sur un an.

Et pourtant, les économistes alertent sur une reprise du chômage et des destructions d’emplois. Ainsi l’OFCE estime des destructions d’emploi à hauteur de 150 000 pour 2025 avec un taux de chômage qui passerait de 7,4 à 8%.

Dans notre région, des craintes planent sur l’avenir de Jtekt à Chevigny St Sauveur (800 salarié.es), Bayard habillement à Quetigny (130 salarié.es), Valti à Montbard (130 salarié.es), Transport Ballet (de 20 à 45 salarié.es) et Gaussin Transport (74 salarié.es) en Haute Saône, MS-Innov Belfort (11 postes supprimés).

Cet été nous avions été alertés par un document remis par notre direction au Conseil d’Administration de France Travail indiquant sa volonté de réduire ou de redéployer 2900 ETPT d’ici 2027. Cela annonçait déjà une stratégie de réduction des couts couplé par une efficience accrue dans notre organisation du travail. Les premières suppressions de postes prévues au PLF 2025 viennent confirmer nos craintes.

En parallèle, la loi dite « Plein emploi » doit s’appliquer au 1er janvier 2025. Elle va obliger à minima plus d’un million de personnes à s’inscrire à France Travail : les Allocataires du RSA qui ne le sont pas encore, ainsi que leurs conjoint.es, les jeunes suivis par les Missions Locales, les personnes en situation de handicap suivi par Cap emploi…

Elle va aussi ouvrir la possibilité pour les Opérateurs Privés de Placement ou les agences d’intérim de réaliser le premier entretien des demandeurs d’emploi suite à l’inscription et de les accompagner (en lieu et place des acteurs du Service Public de l’Emploi). Il est ainsi prévu le renvoi de quelques 900 000 privé.es d’emploi vers le Privé pour un budget annuel de 400 Millions d’euros.

Nos organisations syndicales unanimement dénoncent cette privatisation accrue de nos missions et le recours massif à la sous-traitance.

Aujourd’hui déjà, nos collègues n’ont pas les moyens de recevoir et de suivre correctement les usagers, qu’ils soient demandeurs d’emploi ou entreprises. Les portefeuilles des conseillers placement sont surchargés ; les collègues qui s’occupent de l’indemnisation du chômage sont débordés ; les conseillers dédiés entreprise sont sur-mobilisés sur des événements et sous pression pour répondre aux offres en tension ; l’encadrement de proximité, intermédiaire et supérieur est également en souffrance…

En BFC, les effectifs sont passés de 2057 au 31/10/21 à 1972 au 31/10/24, réduire encore le nombre de conseiller.ères c’est dégrader la qualité du service rendu aux usager.es et les conditions de travail des agent.es. Faire plus avec moins, voici la conséquence de ces mesures !

Pour toutes ces raisons, un appel à la grève spécifique des agents de France Travail est lancé pour le 5 décembre.



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