Fête Libre et Répression : La Grande Maskarade (Partie 2)

Le 30 janvier, nous étions à nouveau plusieurs dizaines de milliers en soutien à nos camarades inculpés dans l’affaire du nouvel an de Lieuron, victimes d’une répression outrageusement excessive, ainsi que pour nous opposer aux lois menaçant dangereusement nos libertés !

  • Changement de lieu de rendez-vous samedi 6

    La préfecture a imposé au dernier moment un changement de point de départ à la manifestation de soutien à la Maskarade.
    Celui-ci aura bien lieu à 14h, mais place de la République, et pas devant la Colombière.

La chronique CN ON AIR regroupe toutes les émissions de radio de Conscience Nocturne, diffusées sur les ondes de Radio Campus dans l’émission ElectroStory.


La convergence du monde de la fête libre avec les milieux militants a rendu possible une mobilisation hors-normes. Ainsi partout en France, une fois de plus les cortèges, riches de diversité humaine et politique, rayonnaient de joie et de détermination.
Continuons de lutter contre un monde mortifère grâce à cette force collective !
Les neuf personnes accusées d’avoir organisé le réveillon dénommé « Maskarade » sont toujours sous contrôle judiciaire avec des restrictions de mouvements et d’interactions très contraignantes. Également, ils vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, le procureur leur faisant miroiter la possibilité de lourdes peines de prison. Isolés, contrôlés, immobilisés et terrorisés, c’est une peine qui ne dit pas son nom.

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Cette répression ne s’arrête pas aux neufs inculpés. D’incalculables quantités de matériel ont été saisis. Enceintes de sonorisation, amplis, lumières, structures, câbles, platines… même les vinyles et les camions ! Les propriétaires d’une grande partie de ce matériel n’étaient même pas présents à Lieuron, tout comme leur matériel ne correspond pas aux photos prises sur site. Aucun d’entre eux n’a d’ailleurs été mis en examen, évidence même de l’absurdité de cette procédure.

De plus, quand on analyse les charges qui pèsent sur les inculpés, on s’aperçoit que les plus lourdes d’entre elles sont inapplicables ou ont déjà fait l’objet à maintes reprises de jurisprudences. Éléments que le procureur ne pouvait ignorer à son niveau.
À la lecture de ces faits il devient évident que l’objet de cette instruction n’est pas de trouver des responsables mais bel et bien de terroriser la jeunesse, de lui enlever tout moyens logistiques et humains de contester les politiques actuelles et d’empêcher ainsi toute alternative culturelle et sociale.
Le procureur, Philippe Astruc, utilise la justice à des fins politiques et ceci avec le soutien flagrant du gouvernement.

Comme cela ne semble pas suffire, des responsables politiques tentent également de faire taire la contestation en usant arbitrairement de leur pouvoir.
À Rennes, pour la deuxième fois consécutive, le rassemblement n’a pu avoir lieu, encerclé par de nombreuses brigades de maintien de l’ordre en accusant les manifestants de vouloir organiser une rave-party.

À Paris plusieurs chars ont été une nouvelle fois empêchés de rejoindre la manifestation alors même qu’ils étaient déclarés avec leurs immatriculations.
À Fréjus, malgré l’accord de la préfecture, la mairie, d’extrême droite, a pris un arrêté municipal d’interdiction la veille au soir. Un bon moyen d’empêcher l’organisation d’un recours dans un délai si court.
À Lorient, Dijon, Nice, et à Lille, des arrêtés préfectoraux sont venus interdire les rassemblements ou la diffusion de musique amplifiée dans l’espace public.
À Dijon la CGT et la LDH ont déposé un recours devant le tribunal qui leur a donné raison. La manifestation a donc pu se dérouler normalement. Un premier jugement qui préfigure d’une longue série.

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Il nous a certes fallu un peu de temps pour trouver des avocats de confiance à travers toute la France. Ce n’est pas notre terrain de jeu habituel. Mais nous sommes prêts désormais et contesteront, en justice et dans la rue, tout arrêté allant à l’encontre des droits de manifester, de créer et de diffuser.
Également nous dénonçons le mépris des autorités et d’une partie des médias envers cette jeunesse qui se voit régulièrement dénier le titre de manifestants revendicatifs. Il s’agit d’une tentative évidente de dépolitiser cette mobilisation et de faire passer la jeunesse pour une population individualiste et incapable d’avoir une analyse politique, voire incapable de réfléchir tout court.

Toutes ces tentatives d’intimidations de la part de quelques gouvernants sont le reflet du succès du grondement des sonorisations et de la mobilisation massive dans les rues de leurs villes. Ces interdictions, au-delà d’être illégales, sont sans effet sur la détermination d’un mouvement déjà longuement stigmatisé et réprimé. Malgré ces tentatives mesquines d’invisibilisation, notre message a été entendu dans des dizaines de villes en France.

Depuis des décennies la musique ainsi que les enceintes de sonorisation sont des composantes essentielles des manifestations permettant de faire entendre les revendications populaires sous divers modes d’expression. Nous ne nous laisserons plus freiner par des arrêtés abusifs portant sur le bannissement des chars sonorisés lors de nos rassemblements revendicatifs !
La prohibition culturelle est d’une ampleur inédite en temps de paix dans un pays se revendiquant comme démocratique. Même l’accès le plus passif à une représentation théâtrale, dans le strict respect des règles déjà appliquées dans les entreprises ou les transports publics, n’est pas autorisé. En intérieur ou en extérieur - où la propagation du virus est, d’après les études scientifiques, largement inférieure - les concerts, les festivals, la danse, les expositions et l’art en général n’est pas envisageable. Il ne nous reste que l’amertume des représentations en streaming, une parodie de spectacle vivant.

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Cet acharnement à empêcher toute contemplation artistique devrait nous interroger sur les motivations de notre gouvernement sous l’état d’urgence sanitaire et a posteriori.
En effet la culture interroge, instruit, conteste. La culture apaise aussi les maux. Elle est indispensable, dans toute la pluralité de ses formes, pour donner un peu d’espoir à une population acculée par la crise sanitaire et ses répercutions psychologiques.

Nous exigeons :

  • L’arrêt des poursuites démesurées contre les organisatrices et organisateurs du nouvel an.
  • La fin des contrôles judiciaires des neuf mis en examen.
  • La restitution totale et immédiate du matériel n’ayant pas servi à Lieuron.
  • Le droit à des alternatives sociales et culturelles.
  • L’abrogation des lois dites « sécuritaires » et le respect des libertés individuelles.
  • Une nouvelle mobilisation nationale aura donc lieu le samedi 13 février pour soutenir les inculpés et faire valoir l’accès au public à toute forme de culture !

Nous appelons les artistes dans toute leur diversité à rejoindre les cortèges. Que vous soyez peintres, jongleur.euses, danseur.euses, comédien.nes, musicien.nes, ou toute autre forme d’expression artistique, venez faire valoir dans la rue l’expression culturelle comme un moyen d’expression contestataire et politique pour revendiquer nos droits.
Nous appelons également toutes celles et ceux qui luttent pour les libertés à nous rejoindre, tout comme nous les rejoignons régulièrement dans leurs mobilisations.
Et bien sûr nous appelons l’ensemble des sound-systems et de la mobilisation à ne pas faiblir car le combat est loin d’être terminé !

Les Comités de soutien aux inculpé.es de la Maskarade
La Coordination Nationale des Sons

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ELECTROSTRORY DU JEUDI 4 FÉVRIER
« Retour sur les mobilsations de soutien aux inculpé.es de la Maskarade »



P.-S.

RDV le Samedi 6 Février à 14h devant le Parc de la Colombière place de la République à Dijon et le Samedi 13 Février dans toute la France


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