Rencontres intergalactique à la zad : 5e journée

Quelques personnes des Lentillères ont répondu à l’invitation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes pour participer aux discussions qui y ont lieu cette semaine. C’est l’occasion de relayer ces rencontres sur Dijoncter. Au programme de cette 5e journée : Hirak algérien, mouvement Yoallahsuuren et réflexion anthropologique sur nos rapports à la production.

Les rencontres intergalactiques se sont terminées vendredi en fin d’après-midi, immédiatement suivi par les premières discussions de ZADenvies.

Il était une fois un jeudi soir

Les différents films projetés la veille ont fait le plein et ont recueilli de nombreux avis positifs. On peut même parler de ferveur lorsque l’assistance visionnant le film sur le combat autour de la Plaine à Marseille reprend en chœur « Nous sommes tou·te·s des enfants de la plaine » alors que ce slogan est scandé à l’écran.

Pendant que des centaines de personnes font face aux écrans, le bruit régulier des centaines d’assiettes à nettoyer retentit près de l’Ambazada, et une dizaine de boulanger·e·s se réunissent pour préparer la journée du lendemain. Une fois les projections terminées, une boum s’improvise autour de la scène musicale désertée en ce jeudi soir, et continue jusque tard. Tous ces corps dansant sous les lumières de la guinguette sont autant de célébrations de cette joie de se retrouver ensemble et faire collectif. Sentiment si précieux en cette période mais contrariée par la nécessité de se protéger ensemble mais aussi empêchée par une gestion étatique autoritaire et sécuritaire de la période COVID-19 !

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Algérie. Forces et fragilités d’un mouvement populaire.

Une seule discussion est programmée en cette dernière matinée de l’intergalactique. Le soleil est de la partie, mais quelques grosses gouttes viennent parfois rappeler qu’en toute occasion, les k-ways sont nos meilleurs amis ! Quelques balances couvrent les explications de notre interlocuteur algérien et agissent comme autant de réclames nous rappelant qu’à partir de ce soir, l’ambiance ne sera plus seulement studieuse mais aussi festive, avec des centaines de nouvelles personnes qui devraient arriver sur la zone avant de peut-être filer vers le Carnet empêcher les engins de commencer les travaux à partir de lundi !
En voici le compte-rendu plus exhaustif...

Situation

Houari Boumédiène est installé au pouvoir par les militaires français en 1965. Il reste en place jusqu’en 1988. Cette situation, ainsi que le mythe de l’indépendance algérienne par le FLN fait que l’armée a encore aujourd’hui une place très importante dans la société algérienne. Ce qui est installé est un système avec un parti unique, le FLN ; une religion unique, l’islam ; et une culture unique, arabe. Les minorités sont réprimées. Les révoltes kabyles de 1980 et de 2001 le sont de manière particulièrement violente. Le mouvement de 1988 est le premier soulèvement politique et social d’ampleur nationale depuis l’indépendance. Il a pour conséquence la fin du parti unique du FLN mais permet à l’islam politique de se mettre en place. Il s’ensuit la décennie noire, jusqu’à ce que Bouteflika, en 1999, prenne le pouvoir avec un programme de réconciliation nationale entre islamistes et population civile. Bouteflika met un terme à l’héritage socialiste de Ben Bella qui existe en Algérie, ce virage libéral détruit toutes les formes d’autogestion populaires mises en place dans la société. Sous Bouteflika, les espaces utilisés en communs par les villageois sont divisés en parcelles particulières, dans un modèle économique libéral. Le nouveau régime met en place une oligarchie qui s’enrichit et maîtrise le pouvoir médiatique. Les inégalités sociales augmentent. Il éclate une multitude de révoltes sporadiques, plus de 14.000 émeutes par ans, qui sont facilement maîtrisées par le pouvoir et qui ne se généralisent pas. Jusqu’à ce que Bouteflika se présente pour un cinquième mandat en 2019.

Hirak

Les Algérien·ne·s, qui tiennent à leur image, refusent d’assumer celle d’un vieux président croulant sur sa chaise roulante depuis 2014. Tout commence lorsqu’un jeune arborant une pancarte « On ne veut pas de ce président là » se fait arrêter et prend 6 mois de prison ferme. Un mois plus tard, en Kabylie, une manifestation massive invite le mouvement à se lancer le 22 février. Ce jour là, plus de 16 millions de personnes sortent dans la rue. Le succès de cette journée incite à recommencer la semaine qui suit, puis chaque semaine encore. Le 10 avril, une grève générale a lieu. Le pouvoir, tenu par l’armée, les oligarques, le clan de Bouteflika et le DRS (renseignement) se retrouve dans une impasse. Face à la pression populaire, l’armée oblige Bouteflika à démissionner. Le général Ahmed Gaid Salah prend le pouvoir, il prend la décision de mettre en examen plusieurs oligarques et d’anciens tenants du régime, tout en réprimant sévèrement le mouvement. À l’euphorie succède la désillusion. De nouvelles élections sont mises en place, mais elles sont une mascarade. Le 12 décembre, jour des élections, est la seule journée qui a vu se dérouler une réelle confrontation. Le boycott général du scrutin s’est accompagné d’attaques des bureaux de vote, d’affrontements avec les forces de police qui les protègent, de manifs sauvages, de violentes émeutes, de saccages de préfectures et de commissariats, ... L’issue de scrutin est sans surprise, Abdelmadjid Tebboune, pantin de l’armée, remporte les élections. Ce jour là, 4000 personnes sont arrêtées, 400 blessées, et 2 personnes meurent. Le Hirak a porté beaucoup d’espoirs mais le monde ouvrier et les plus précaires ont été laissés de côté par ce mouvement. Cette dynamique sans perspective révolutionnaire ne remet pas en cause les fondements de la société. Avant le Hirak, 99% des jeunes algériens rêvaient de quitter le pays, par le diplôme ou par la barque. Au début du Hirak, l’euphorie interrompt le mouvement de harraga. Mais après la répression, l’espoir est anéanti, et la volonté de quitter le pays revient. Le constat est amer mais le mouvement continue sur les réseaux sociaux depuis le coronavirus.

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Hotel exploitacion Las Kellys, documentaire de Georgina Cisquella.

Ultime projection de la semaine Intergalactique cet après-midi sous le chapiteau. Comme d’habitude, c’est une averse qui relance les hostilités ! Le film de cet après-midi revient sur la lutte de femmes exploitées dans l’hôtellerie en Espagne, organisées en collectif, Las Kellys. Véritable prouesse technique, le collectif de traduction bla effectue un doublage en direct de ce documentaire !

La documentariste suit ces femmes qui nettoient les chambres d’un hôtel. Elles expliquent bien l’invisibilisation qu’induit leur travail alors même que leur territoire subit de plein fouet une mise en tourisme nécessitant leur exploitation. Elles reviennent aussi sur leur parcours et ce qui les a amenées à ce genre de travail.

Pendant que le film continue, le camion du réseau de ravitaillement des luttes en pays rennais est déchargé de kilos et kilos de fruits et légumes, dont du raisin rapidement picoré dans l’assistance présente.

Ces femmes sont suivies dans leurs tâches quotidiennes au travail, démontrant la dureté de leur emploi. Puis nous sommes immergé·e·s dans leur lutte, faite de collectifs, d’occupation de rue, de chants et plus largement de construction de rapports de force pour réussir à faire plier leur patron. Défendre leur droit, et tenter de retrouver leur dignité, car sans employées, pas d’hôtel !

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La discussion permet de revenir plus longuement sur les enjeux autour de cette lutte. Elle est brièvement interrompue pour signifier aux personnes présentes que les flics traînent sur la zone, apparemment pour s’intéresser au respect du port du masque…

Présentation du Mouvement Yoallahsuuren

Parrallèlement à la projection de Las Kellys, l’Ambazada est pleine à craquer pour la présentation du mouvement panafricaniste qui agit en France, là où se prennent les décisions qui concernent les pays dominés par l’Union économique monétaire ouest-africaine.

Dans ces pays, la France place des dictateurs, leur coupe les oreilles et la langue, afin qu’ils ne puissent pas entendre leurs peuples ni leurs parler. La volonté des militants panafricaniste est que toutes les forces armées occidentales et internationales quittent l’Afrique. Que les pays occidentaux laissent les Africains s’autodéterminer et arrêtent de décider avec qui les gouvernements africains doivent ouvrir des marchés et vendre leurs ressources. Ils considèrent les accords de défense et les accords militaires comme empêchant les pays africains de s’organiser eux-mêmes. Et ils décrivent les organisations internationales type OMS, ONU, FMI ou CEDEAO (financé à 90 % par l’UE) comme des institutions bidons qui ne servent qu’à maintenir en place les intérêts occidentaux. « L’ONU est comme une hyène dans un poulailler, il faut lutter contre ces organisations. » Le mouvement Yoallahsuuren pense que l’Afrique n’a pas besoin de leaders car ils se font assassiner avant d’arriver au pouvoir ou, s’il accède au pouvoir, se transforment en tyran. L’Afrique a plutôt besoin d’hommes intègres qui mettent en place un projet ensemble. Ce mouvement soutient les combats des Camerounais, des Maliens, des Côte d’Ivoiriens, des Guinéens, des Sénégalais, …

La semaine intergalactique s’achève par la lecture d’une déclaration commune adressée aux différents peuples, communautés et territoires en lutte aux cinq coins du monde !

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ZADenVies

Pour les participant·e·s déjà présent·e·s, l’agitation palpable depuis le début de la journée annonce le début du week-end ZADenVies. Il faut attendre 17h passées pour que des ami·e·s de la ZAD inaugure le festival par un discours qui explique pourquoi il était important de tenir ces rencontres après le confinement, et cela malgré la circulation du covid. Iels rappellent en même temps l’intérêt de porter un masque lorsque nous sommes nombreureuses rassemblé·e·s, afin d’instaurer un cadre inclusif et nécessaire pour les personnes les plus vulnérables.

Intervention de Baptiste Morizot

C’est seul face à l’auditoire que pendant une bonne heure, Baptiste Morizot déroule le fil de sa pensée, puis il tente ensuite de répondre aux questions dont il se sent légitime de réagir. En voici le résumé le plus fidèle possible, écrit pour vous plonger dans la pensée de Baptiste Morizot, ce sont donc ses idées qui s’expriment ici...

Baptiste lie la crise écologique à une crise de la sensibilité dans l’occident.
Il revient sur le fait qu’habiter un territoire est lié à des pratiques d’usage, de travail avec du vivant, le bois, l’élevage, le pâturage, …
"On va faire de l’archéologie ensemble : pourquoi l’agriculture et la foresterie modernes se sont développées ? C’est quoi exploiter un territoire ? Qu’est-ce qu’on fait quand on fait de l’agroforesterie, de la permaculture ?"
Il cite le travail de Michael Wise, auteur de Producing Predators et celui d’une antropologue Black Feet, Betty Bastien, Black feet ways of knowing.

On commence par un "western" qui se déroule dans l’Alberta, dans les grandes plaines américaines. Baptiste expose deux rapports au vivant diamétralement opposés.
D’un côté, les indiens Black Feet, les bisons, les loups, une faune bigarrée (& du whisky !). Et de l’autre côté, les propriétaires de ranch et de bétail qui s’installent et avec eux l’industrie intensive de production de viande de bœuf. C’est un projet colonial de production de valeur par substitution des bisons par des vaches.

C’est dans ce contexte que Betty Bastien pose la question suivante. Pourquoi j’ai ce nom ? Quel est le sens profond de ça ?
Et de trouver une réponse : ce n’est pas compliqué, nous vivions dans un autre monde dans lequel nous étions constitué·e·s par des relations avec du vivant autour de nous, ce qu’elle appelle des « alliances interspécifiques ». Cela représente une cosmologie dans laquelle vivre c’était échanger avec toutes les autres formes de vie autour. Le colonialisme a voulu nous séparer de nos relations constitutives et nous cantonner dans un espace de relations dans lequel on est un individu - notamment via les tickets de rationnement.

L’opération coloniale consiste à dire que vous n’aurez plus de relation d’échanges de vie mais des relations marchandes et contractuelles qui prennent deux formes : le commerce et l’héritage et c’est pour ça que vous aurez un nom de famille car vous en avez besoin pour hériter.

Hygiénisation monospécifique

Pourquoi a-t-il fallu hygiéniser ? Qu’est ce qui justifie cette séparation de la vie collective avec les bisons et autres vivants ?
Réponse : selon les ranchers il y a deux types d’êtres : ceux qui sont capables de produire et ceux qui en sont incapables. Nous ranchers, sommes capables de produire, de produire de la valeur économique et face à nous il y a des êtres qui ne savent pas faire : les Black Feet et les loups. Ils savent uniquement prédater. Les loups comme les Black Feet sont prédateurs des bisons. Ils détruisent de la valeur.
C’est ce discours qui justifiera la prise de terre et l’éradication des peuples indiens.

"On prend du recul maintenant et on va faire de l’écologie fonctionnelle".
Il y a du soleil qui arrive dans une prairie. La photosynthèse capture l’energie solaire et produit de la matière vivante sous forme de graminée. Un animal arrive, il broute. Le bison vit par une symbiose entre un organisme unicellulaire bactérie et son rumen. Ce sont les bactéries qui mangent le végétal et qui nous nourrissent. Les mammifères sont incapables de manger des végétaux sans ces bactéries.

L’arnaque des ranchers :
soleil → graminé —→ bison = pas produire ou prédater ou détruire
soleil → graminé —→ bœuf = produire

Or, ce discours va se diffuser jusqu’à nous. Aujourd’hui, dans les chambres d’agriculture, on parle de production. Produire de la viande, produire des végétaux, produire du bois.
Qu’est ce que ça veut dire produire ?
Les humains blancs capitalistes seraient capables de produire de la valeur. La figure du cow-boy performe le rôle du producteur. Le reste du monde : ne fait que détruire.

La même histoire est racontée partout : pendant 300.000 ans on était des chasseurs cueilleurs et au néolithique nous avons pris le contrôle de notre propre destin. Et on résume ça en disant : nous sommes passés de la prédation à la production : Pour mieux comprendre cette idée, suggestion de bouquin célébre "Man makes himself" de Gordon Childe.

Le sens du mot production par Descola

Un individu humain bien individualisé va projeter sa matérialité/intériorité/individualité sur une matière passive pour lui donner forme pour en être totalement responsable, se l’approprier et l’intégrer à un système d’échange et de valeur.
Or, exemple du grain de blé : est-ce qu’un agriculteur a projeté son individualité sur le grain de blé ? Non rien du tout de ça ! Le blé a suivi son propre parcours millénaire. Les grains sont tous différents.
Ce sont des expressions des propositions spontanées du vivant. Le paysan sélectionne mais il ne produit pas.
C’est parce que vous dites que vous produisez, parce que vous créer ce mythe qu’il est possible de le faire rentrer dans l’espace marchand. Les jivaros, selon leurs termes "accompagnent la genèse du manioc" mais "ne produisent pas".
Vous ne pouvez pas vous appropriez quelque chose que vous n’avez pas produit.
Dans la brevetabilité du vivant, faire varier un gêne sur des millions qui ont évolués pendant des milliers d’années et dire c’est à moi, c’est occulter et dévaluer ce que fait le vivant, son agentivité et surévaluer ce que fait l’humain. Ça génère un mythe qui se transforme en économie politique.
Exemple illustrant de la Joconde : « mettre un point en haut à droite du tableau, et dire, ça y est le tableau est à moi ».

Deuxième conséquence du mythe de la production :
C’est vous qui produisez vous ne devez rien au milieu. Il n’y pas de réciprocité de restitution.
Chez les black feet, le territoire est la terre nourricière donc le milieu est donateur, vous êtes donc embarqué·e·s dans ce même monde. Négation de ce qu’on reçoit du milieu donateur : non non c’est nous qui l’avons produit.

Quel est l’espace de relations au vivant lorsqu’on sabote le mythe de la production ?
On sabote le 1er point, on arrête de dévaluer les agentivités et d’un coup on est embarqué dans des interdépendances constitutives. Ex : les pollinisateurs.

Mais alors comment on nomme ce qu’on fait ?
On s’intéresse aux propriétés conceptuelles du mot. On pourrait utiliser les mots Accueillir/ cultiver/ collaborer/ recueillir/ élever. Mais il fait avant tout saboter le concept de production. Abolir la production permet d’abolir l’appropriation des dynamiques du vivant.
Pourquoi on garde alors le terme « exploitation » ? Car il ne faut pas angéliser les relations au vivant. Quand on fait de la paysannerie, on crée des désésquilibres. Pas de réciprocité totale, cela reste à l’avantage du paysan. Pas de relation strictement symétrique. On favorise des formes de vie au détriment d’autres, pas de drame moral là-dedans. Pas de scrupules à utiliser le mot « exploitation » (pas au sens marxien). La permaculture n’est pas un pur partenariat égalitaire.

On pense alors la réciprocité obligatoire avec le milieu. C’est un chantier immense. Donner quelque chose à une forêt qui vous donne du bois, c’est quoi ? C’est cette exploration qui me fascine. Attention à ne pas le refermer avec une théorie unifié.

On peut alors affirmer que PERSONNE N’A JAMAIS RIEN PRODUIT.
Nous captons de l’énergie, des dynamiques du vivant.
Le maraîchage, la permaculture, l’agroforesterie, c’est ne pas produire de manière moins impactante. Mais c’est reconnaître :

  • l’agentivité du vivant
  • la réciprocité
  • le fait que la valeur de vie circule entre espèces et pas seulement entre nous.

Souvent les paysan·ne·s sont déjà au-delà de la production ou même illes n’ont jamais été dedans.Tout est là mais occulté par le discours dominant. Il faut les faire monter dans la lumière. Ces évidences sont dans les traditions paysannes et il faut les faire pousser.

Vient ensuite le temps des échanges/questions avec quelques individu·e·s du public :

"Tu parles d’égards mais où est la limite de ces égards dans l’élevage quand on tue des animaux alors que ce n’est pas nécessaire ?"
Réponse de Baptiste : Je ne suis pas vegan ni antispéciste. Je mange très peu de viande et je pense que le végétarinisme est très pertinent mais je ne pense pas que ce soit un crime de manger des animaux.
Quels sont les égards ajustés liés à l’élevage ? Moi, je ne peux pas répondre.
Si on sort des deux extrêmes – entre traiter le vivant comme de la merde ou le traiter comme une personne morale, le sanctuariser – il y a un espace de discorde, il faut un débat démocratique. Il faut mettre en place une enquête collective pour voit quels sont les égards que l’on a.

L’anti-spécisme n’existe pas si sa définition est la lutte contre la discrimination liée à une espèce. Il y a 10 millions d’espèces dans la biosphère. Pour les animaux sentients, les vertébrés supérieurs, ça fait 500 000 espèces. Il y a donc 9 500 000 espèces sortis du registre du traitement moral avec cet anti-spécisme. C’est plutôt du patho-centrisme.

Autre intervention du public par un détour par le marxisme qui permettrait d’avoir un prisme sur la lutte des classes alors que le discours philosophique de Baptiste dépolitiserait la question de la production. L’aboutissement de cette pensée devrait pointer les alliés, les ennemis, ... L’enquête exploratoire des égards ajustés n’est pas encore aboutie.
On peut tenter de donner une réponse, par exemple un ennemi commun : la PAC & ses subventions perverses aux cumulards. Un collectif franco-allemand « pour une autre PAC » réfléchit à ses questions.

Sur la mort, Baptiste affirme, non sans malice, « je n’ai pas de problème avec la mort, enfin celle des autres ». Il n’y a pas d’égards absolutisés pour un individu « arbre » par exemple. Il n’y a pas de non-violence dans les égards ajustés, ni de sacralisation de l’individualité. Les personnes sont des fins et les reste du monde constituent des moyens, cette opposition binaire est inintéressante.

Dans le monde paysan, dès lors qu’on desserre l’étau économique, on peut prendre au sérieux qu’il existe des variantes alternatives de la réalité, d’autres relations au vivant peuvent alors exister.

Après ces propos restitués de Baptiste Morizot et dont votre team d’envoyés spéciaux s’en fait le simple relai, une personne de l’organisation précise que dans les luttes territoriales, on refuse l’aménagement marchand, le rapport productif au territoire du monde, ça résoud pas la lutte des classes mais ça permet de dessiner des alliances entre paysans, naturalistes, ruraux, abeilles, bocage et ça désignait aussi des ennemis : biotope, le conseil départemental, Vinci…

Les clapping de fin de débat mettent fin à la partie philosophico-universitaire de ZADenVies pour ce soir et laissent place à d’autres clapping théatro-musicaux plus nombreux, et plus culturels cette fois (ou pas), dont le récit de demain vous en contera les meilleurs moments.

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